La Havane se découvre une main verte

Le partenaire d'Oxfam Etats-Unis, le Groupe pour le Développement Intégral de la Capitale (GDIC), provoque l'essor des jardins urbains en tant que solution viable pour pallier le manque de légumes à  Cuba. Ces jardins offrent une source alimentaire durable et fiable, et renforcent le tissu urbain de la communauté au sein de laquelle ils poussent.

 Jennifer Ungemach/ OxfamLe partenaire d'Oxfam Etats-Unis, le Groupe pour le Développement Intégral de la Capitale (GDIC), provoque l'essor des jardins urbains en tant que solution viable pour pallier le manque de légumes à  Cuba. Ces jardins offrent une source alimentaire durable et fiable, et renforcent le tissu urbain de la communauté au sein de laquelle ils poussent.


Après la chute bloc soviétique, le système agricole cubain s'est paralysé. De fait, les cultures se sont desséchées dans les régions rurales, sans aucune possibilité de les transporter dans les centres urbains. Le modèle profondément centralisé de Cuba, dépendant des importations étrangères, s'est effondré du jour au lendemain. En trois ans, l'économie a plongé de plus de 35 pour cents étant donné que le trafic commercial est devenu pour ainsi dire quasi inexistant. Par conséquent, l'apport calorique national a chuté de 30 pour cents et de nombreux Cubains ont perdu près de 9 kilos.

Les Cubains l'appellent la période spéciale, mais au fur et à  mesure que cette décennie s'écoule, il ne s'agit plus de l'exception mais bien de la norme.

Les retombées économiques de cette période spéciale se font toujours ressentir dans la capital cubaine. On estime que 30 pour cents de la population de La Havane vit des maisons insalubres. La population de la ville place l'accent sur les systèmes civiles, le transport, l'eau, l'hygiène, et peut-être le plus important, sur les disponibilités alimentaires trop peu abondantes.

Produire de la nourriture pour la consommation intérieure représente l'un des défis les plus importants que Cuba doive relever. Lors des dix dernières années, les partenaires d'Oxfam se sont attaqués à  ce défi, forts de solutions créatives. Ils ont notamment introduit des jardins urbains dans des petits espaces des zones urbaines afin de produire de la nourriture au niveau local.

Ces jardins ont radicalement modifié le modèle de distribution alimentaire à  Cuba. L'agriculture urbaine a été une grande réussite puisque les jardins apportent aux habitants le tiers de la consommation de légumes conseillée par la FAO. Aujourd'hui, la moitié des produits frais consommés par deux millions de Havanais est cultivée par des « producteurs urbains non conventionnels », dans des parcelles et des espaces verts abandonnés, coincés dans la topographie encombrée de la ville.

Le GDIC combat le manque de nourriture à  Cuba en :

  • Pourvoyant trois jardins urbains havanais de systèmes d'irrigation. Ce programme vise à  renforcer la sécurité alimentaire dans ces quartiers en conférant plein pouvoir aux organismes communautaires afin qu'ils produisent de la nourriture pour la consommation et la vente locale ;
  • Conférant plein pouvoir aux dirigeants de ces quartiers pour qu'ils apprennent à  leurs communautés à  exprimer clairement leurs besoins les plus urgents, et à  leur faire des propositions efficaces. Ces préoccupations vont du ramassage des poubelles aux services de transport et de logement ;
  • Offrant des cours de formation aux associations communautaires, notamment des cours de cultures, de désinsectisation, de compostage biologique, de permaculture, et de pratiques respectueuses de l'environnement.


Le GDIC n'envisage pas seulement la production de légumes mais veut également que les communautés soient dynamiques. Ils ont identifié les communautés qui sont socialement, économiquement et politiquement isolées, et cherchent à  les associer par une variété de ressources. Chacun des trois jardins faisant partie du projet a étendu sa tâche principale qui était de produire des légumes pour la consommation locale, et s'est désormais investie de différentes faà§ons dans son quartier. Un des jardins fournit des légumes à  une garderie, et une autre accueille des étudiants qui veulent étudier ce projet.