Le cercle vicieux de la violence contre les femmes guatémaltèques
Le nombre de femmes guatémaltèques tuées chaque année ne cesse de croà®tre. Pour le premier semestre de 2005, 239 femmes, dont 33 filles de moins de 15 ans, étaient victimes -la situation est devenue courante- de kidnapping, de torture, de viol et de meurtre. Le partenaire subventionné de Novib GAM (Grupo de Apoyo Mútuo) veut briser le silence entourant ces atrocités et demander justice pour les survivants.
Les autorités guatémaltèques n'ont pas réussi à examiner minutieusement les cas ni à faire comparaà®tre les responsables devant la justice. C'est que de hauts responsables sont impliqués dans les meurtres. Pour eux, il est plus approprié ”˜d'oublier' les événements. Si l'impunité et le silence persistent, les auteurs pourront poursuivre leurs actes puisqu'ils savent qu'ils peuvent agir en toute impunité.
Le partenaire de Novib GAM est déterminé à rendre justice aux familles des victimes et recherche une publicité (inter)nationale pour ces meurtres afin d'augmenter la pression sur le gouvernement guatémaltèque. L'organisation a démarré des campagnes populaires pour briser le tabou entourant ce sujet, mettre fin à l'impunité et rétablir la confiance de la population. En faisant participer plus de femmes aux organisations sociales et en facilitant leur accès à l'éducation, aux soins médicaux, à la justice et au travail, GAM espère déclencher un changement au sein de la société qui devrait permettre l'éradication de la violence contre les femmes.
Ce ne sont pas uniquement des gangs
Le problème rencontré par GAM est que le pouvoir actuel au Guatemala n'est pas dans les mains du gouvernement mais plutôt dans celles des paramilitaires et de quelques familles très influentes. Ils ont créé un règne de la terreur où chaque femme pourrait être la prochaine victime. La plupart des crimes ne font pas l'objet d'une enquête ou sont classés dans la catégorie ”˜blessures par armes blanches' au lieu d'être répertoriés sous la rubrique violence basée sur les sexes. Il est ainsi impossible de modifier la législation. GAM contrôle le nombre de meurtres et leur nature ; elle disposera ainsi d'une banque de données qui servira à la recherche.
La plupart des meurtres sont perpétrés dans les villes où le crime organisé et les jeunes délinquants de rues ont pris le pouvoir. La violence basée sur les sexes leur permet de montrer la puissance du gang. Un gang est respecté par son rival si les crimes commis restent impunis ; il perd la face dès que les assassins sont arrêtés et emprisonnés.
L'impunité et la mauvaise qualité des investigations ont laissé leurs traces sur la société guatémaltèque. Malgré les activités de GAM, le nombre exact des femmes assassinées n'est toujours pas établi, il est dès lors difficile de changer les politiques et de mettre un terme au cercle vicieux de la violence.
