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Article d’Oxfam International: http://www.oxfam.org/fr/programs/development/hafrica/somalie_fuir_les_combats
Publié le: 20 March 2008

Fuir les combats en Somalie : Miriam Abdi

 
Miriam, 70 ans, vit avec ses 3 petits-enfants dans le camp d'Alla Amin Afgooye, Somalie. Les gens dans les camps sont confrontés à une crise humanitaire due à la détérioration de l'accès aux denrées alimentaires. Crédit: Oxfam
Miriam, 70 ans, vit avec ses 3 petits-enfants dans le camp d'Alla Amin Afgooye, Somalie. Les gens dans les camps sont confrontés à une crise humanitaire due à la détérioration de l'accès aux denrées alimentaires. Crédit: Oxfam
Depuis début 2007, 700.000 personnes à Mogadiscio ont dû fuir leur foyer pour des régions auxquelles les agences humanitaires n'ont souvent que peu, voire aucun, accès. Nous comptons actuellement un million de personnes déplacées à l’intérieur du pays, et environ deux millions de personnes nécessitant une aide humanitaire. Dans la plus grande partie du pays, des gens souffrent de malnutrition au-delà du seuil d’urgence défini par les Nations unies.

Miriam (nom d'emprunt) est âgée de 70 ans. Elle vit avec ses 3 petits-enfants dans le camp d'Alla Amin, à Afgooye, dans la région du Bas Shabelle en Somalie. Au cours des six derniers mois, la situation humanitaire dans la région du Bas Shabelle s'est détériorée. Plus de 82 % des nouveaux déplacés internes de Mogadiscio se sont enfuis vers des régions comme le Bas Shabelle – qui vivent une crise humanitaire due à la détérioration de l'accès à la nourriture, aux niveaux de la crise nutritionnelle et à l'effondrement des moyens de subsistance.

Miriam est aveugle. Elle a tout perdu lorsqu'elle a été obligée de s'enfuir et de rejoindre le camp en avril.

Sa famille s'est échappée de la province de Bay en Somalie en 1992, lors de ce que l'on appelle l'« Année des jambes enflées ». Miriam se souvient que cette année-là une sécheresse terrible et la famine décimèrent les habitants et le bétail dans la province de Bay.

« Les quelques chèvres que j'avais sont toutes mortes : certaines de faim et de soif, et nous avons tué les autres pour survivre. Quand il ne nous est plus rien resté, et que toutes les familles se sont retrouvées sans ressources, nous avons rejoint l'exode et nous sommes arrivés au camp pour les déplacés au stade de Mogadiscio. »

« À Mogadiscio, la vie était meilleure. Ma fille m'accompagnait dans le village et sur les marchés. Nous nous arrêtions devant les maisons et même les mosquées, implorant les gens de nous aider. »

« Nous sommes restés au camp et avons enduré les combats entre les différentes factions somaliennes. Mais lorsque les Éthiopiens sont intervenus, nous sommes tombés entre deux feux : le leur et celui des insurgés. Des obus ont incendié notre camp, réduisant toutes les petites cabanes en cendres. En avril, nous avons été obligés de nous enfuir encore une fois. À cause de ma cécité, j'ai perdu tout ce que je possédais, sauf ce que je portais sur moi. »

« On m’a amenée dans ce deuxième camp de réfugiés sur la route qui mène de Mogadiscio à Afgooye, mais je ne me suis pas encore remise de mes pertes. Outre la nourriture, j'ai besoin d'ustensiles, de tapis en plastique, de bâches et de vêtements. Ici, nous sommes à l'abri et nous espérons être aidés, mais je continue à mendier. »

Oxfam est là

Malgré de grosses difficultés d'accès, Oxfam International, en collaboration avec des partenaires somaliens locaux, fournit une assistance cruciale à 500.000 personnes en Somalie du sud et centrale. Nous fournissons actuellement la plus grande aide d'urgence en eau de la région, et nous soutenons un programme pionnier qui fournit des repas chauds à plus de 50.000 personnes dans tout Mogadiscio chaque jour.

Information dated: March 2008