Une rivière empoisonnée en Papouasie-Nouvelle Guinée

Les lointaines communautés vivant auprès des rivières en Papouasie-Nouvelle-Guinée se sont unies pour faire entendre leur voix contre la société minière DRD Gold qui déverse des déchets miniers polluants directement dans leurs précieuses eaux de source.

 Grant Walton/CERDLes lointaines communautés vivant auprès des rivières en Papouasie-Nouvelle-Guinée se sont unies pour faire entendre leur voix contre la société minière DRD Gold qui déverse des déchets miniers polluants directement dans leurs précieuses eaux de source.

Au milieu des somptueuses montagnes verdoyantes de Tolukuma, Papouasie-Nouvelle-Guinée, une rivière coule telle de la mélasse à  travers les vallées. Plus de 70 kilomètres en aval, dans le village de Inauanui, cette même rivière est presque à  sec ; ses populations de poissons autrefois abondantes sont en train de disparaà®tre, et les quelques espèces restantes sont impropres à  la consommation humaine. Tel est le destin du réseau hydrographique de Auga-Angabanga, Papouasie-Nouvelle-Guinée (PNG), où la Gold Mine de Tolukama déverse par an plus de 160.000 tonnes de déchets miniers contenant d'importantes quantités de métaux. Cette mine, qui appartient et est gérée par la société Durban Roodepoort Deep Ltd (DRD Gold) cotée sur le marché boursier australien, est à  l'origine des plaintes des communautés depuis plusieurs années.En 2000, le médiateur des mines Oxfam en Australie s'est chargé du cas de Tolukuma. Les membres de la communauté ont signalé qu'ils ne pouvaient désormais plus utiliser la rivière dont ils buvaient l'eau et où ils se lavaient jadis. Cette rivière qui abreuvait les jardins le long des berges constitue à  présent une menace pour les ressources alimentaires. Comme l'a indiqué un membre de la communauté, « notre peuple vit sur cette terre depuis 2000 ans. Nous possédons probablement l'un des sols alluviaux les plus fertiles du pays. A cause de l'inondation annuelle provoquée par les pluies, la richesse du col est menacée par le poison venant de l'eau de cette rivière. Désormais, les éléments de base de la vie au sein de notre communauté sont donc en danger. Partage d'expériencesAu mois de juin dernier, Oxfam Australie, en partenariat avec le Centre pour la Recherche et le Développement Environnemental de PNG, a parrainé le Sommet des Communautés touchées par les Mines. Hommes et femmes des communautés situées le long de la rivière Auga-Angabanga sont venus ensemble pour discuter des impacts de la mine sur leurs vies quotidiennes. Pour beaucoup, c'était le première fois qu'ils partageaient leur expérience avec les membres d'autres communautés. A l'issue des quatre jours de sommet, il était évident que toutes les communautés pâtissaient des effets négatifs des déversements miniers, sans forcément tenir compte de la distance entre leurs villages et l'endroit du déversement. Après avoir partagé leurs expériences et préoccupations, les représentants des communautés ont oeuvré dans leurs groupes locaux respectifs afin de mettre sur pied des plans d'action. Ces plans symbolisent un pas important vers la solidarité communautaire concernant le problème de la pollution de l'eau due aux mines et reflètent également la capacité des communautés à  défendre leur cause et mener des campagnes eux mêmes. Une seule et même voix

Dès qu'ils seront de retour, les trois communautés prévoient de distribuer dans leurs villages les informations accumulées lors du sommet. Mettre sur pied ce genre de compétences fait partie de l'objectif d'Oxfam Australie désireux de permettre aux communautés d'avoir une voix unique et de défendre eux-mêmes efficacement les causes qui les touchent.Margaret, représentante du petit village de Mekeo lors du sommet a affirmé : « J'ai observé les chercheurs de la mine, venus faire des enquêtes et des prélèvements du réseau hydrographique. Nous avons demandé à  voir les rapports, mais la mine ne nous a fourni aucune véritable réponse et aucun feed-back. Par conséquent, [je pense que] nous devrions former une association ; ce que nous n'avons pas encore fait jusqu'à  présent. Le moment est venu de nous atteler à  cette tâche et délire un président qui peut nous représenter auprès de la société ». Même si les femmes, les hommes et les enfants touchés par la mine de Tolukuma font face à  une bataille ininterrompue contre les effets néfastes de la mine, ils jouissent désormais d'une seule et unique voix. Ils reà§oivent également le soutien continu du projet de médiation d'Oxfam Australie et du Centre pour la Recherche et le Développement Environnemental.

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