Depuis des dizaines d'années, le peuple colombien souffre d'un conflit interne. Le gouvernement Uribe annonce qu'une nouvelle loi permettra d'obtenir justice et paix. Les ONG et la communauté internationale craignent que cette loi ne change rien en pratique. Le peuple colombien s'est retrouvé prisonnier malgré lui d'un conflit de pouvoirs entre la guérilla des FARC et l'ELN d'une part, et entre les paramilitaires et l'armée d'autre part. Ces deux derniers sont tenus responsables de la majorité des victimes.

Depuis des dizaines d'années, le peuple colombien souffre d'un conflit interne. Le gouvernement Uribe annonce qu'une nouvelle loi permettra d'obtenir justice et paix. Les ONG et la communauté internationale craignent que cette loi ne change rien en pratique. Le peuple colombien s'est retrouvé prisonnier malgré lui d'un conflit de pouvoirs entre la guérilla des FARC et l'ELN d'une part, et entre les paramilitaires et l'armée d'autre part. Ces deux derniers sont tenus responsables de la majorité des victimes.
La communauté internationale a vivement conseillé au gouvernement de créer un cadre légal afin d'offrir justice, vérité et réparation aux victimes et aux survivants. En 2002, le gouvernement Uribe a entamé un processus de démobilisation des groupes paramilitaires. La loi "Justice et Paix", récemment adoptée, offrira le cadre légal. Mais en pratique, on est encore loin d'un processus de consolidation de la paix acceptable.
Loi pour l'impunitéLes partenaires d'Oxfam Novib, la Commission colombienne de Juristes, le Collectif d'Avocats et la branche colombienne de l'Institut interaméricain des Droits de l'Homme, jugent cette loi déplorable. Ils sont soutenus par des agences internationales telles qu'Amnestie Internationale, Human Rights Watch, l'ONU et la Commission Interaméricaine des Droits de l'Homme. Un groupe de membres du Congrès américain a même qualifié cette loi de "Loi pour l'Impunité".Main dans la main avec deux réseaux colombiens comptant des homologues actifs, la Coordination Colombie-Europe-Usa et l' "Allianza", les membres d'Oxfam travaillant en Colombie exercent une pression internationale sur les gouvernements néerlandais et européens afin qu'ils ne soutiennent pas cette politique du gouvernement Uribe.Les partenaires sont inquiets car la loi ne prendra que des sanctions limitées contre les gens coupables de crimes contre l'humanité. Tout processus de consolidation de la paix nécessite une degré d'amnistie, mais cette loi n'inclue pas les victimes et les survivants lors des procès; de plus réparations et justice ne sont pas garanties. Cette loi offre également peu d'opportunités pour enquêter sur les violations des droits humains. La vérité reste cachée et l'impunité se voit consolidée.
Le label terroristeLes paramilitaires et guérilleros ne cessent pas la violence. Les paramilitaires ont acquis un pouvoir politique et économique dans des zones étendues du pays et la loi n'y changera rien.Cinq millions d'hectares et des biens innombrables ont changé de propriétaires lors des affrontements; en outre, trois millions de personnes ont été déplacées. Etant donné que rien ne garantit que ces gens pourront rentrer chez eux et que les terres seront rendues, il n'existe aucune base pour la paix et les énormes inégalités (de pouvoir) persisteront. Les victimes de violences brutales, des groupes indigènes pour la plupart, les femmes et les petits fermiers, ne sont ni reconnus ni aidés. Casa de la Mujer et ATI, tous deux partenaires d'Oxfam, se sont engagés pour assurer que justice soit rendue à ces groupes.Leur travail, ainsi que celui d'autres organisations engagées dans la défense des droits de l'Homme, de la paix et de l'égalité, font désormais face à de sérieux obstacles. Elles sont souvent considérées comme des réseaux terroristes, et sont même confronté à des menaces, à des intimidations et à la violence. Oxfam Novib continue d'apporter son soutien à ses partenaires afin qu'ils puissent continuer leurs activités le mieux possible, et même parfois au-delà de leurs capacités.
Source: Liesbeth van der Hoogte, Oxfam Novib, Aoà»t 2005