Le samedi 27 mai dernier, Paulette Song, attachée de presse d'Oxfam International, se trouvait à Yogyakarta, lorsque le puissant tremblement de terre a secoué le pays, faisant plus de 4 000 morts et 150 000 déplacés.
“ Je croyais que c'était la fin du monde ”Le samedi 27 mai dernier, Paulette Song, attachée de presse d'Oxfam International, se trouvait à Yogyakarta, lorsque le puissant tremblement de terre a secoué le pays, faisant plus de 4 000 morts et 150 000 déplacés.
Les bureaux d'Oxfam en Indonésie étant situés dans cette même ville, les équipes d'urgence ont pu répondre de faà§on rapide et efficace, explique Paulette Song. Une équipe de reconnaissance a rapidement été dépêchée dans les environs de Bantul, l'une des zones les plus durement touchées, au sud de la ville. Très vite, des opérations de secours d'urgence ont été mises en place par Oxfam, dont la distribution d'eau potable, de kits d'hygiène et de bâches, pour permettre aux milliers de survivants de s'installer dans des abris de fortune.« Je pense avoir vécu, hier, l'expérience la plus terrifiante de ma vie », indique celle qui a été tirée de son sommeil, à l'aube, par une puissante secousse, alors qu'elle se trouvait au sixième étage d'un hôtel de la ville. « Je croyais que c'était la fin. » Elle a bondi de son lit afin de se réfugier sous le cadre de porte de la salle de bain.Dans l'attente des répliques« Quand les secousses ont cessé, j'ai rapidement enfilé un pantalon et je suis précipitée à l'extérieur », indique-t-elle. « On évacuait l'hôtel, alors je me suis jointe aux autres clients qui, pour la plupart, étaient toujours en pyjama et nu-pieds. Après avoir dévalé les escaliers des cinq étages, nous nous sommes tous retrouvés dehors, choqués et angoissés, dans l'attente de répliques éventuelles du tremblement de terre. »L'hôtel n'ayant subi que quelques dommages mineurs, les clients de l'hôtel étaient loin, à ce moment là , d'imaginer l'ampleur des dégâts.« Je me suis sentie extrêmement vulnérable, alors que la plupart des gens qui m'entouraient étaient des touristes, tout comme moi, mais personne ne semblait étranger, ni ne parlait anglais. J'avais tout laissé dans ma chambre, argent, cellulaire, appareil photos ; je n'avais rien pour documenter cette expérience » soutient Paulette.« J'ai finalement pu retourner à ma chambre pour m'habiller convenablement, prendre quelques effets et regarder le compte-rendu sur la BBC. Au début, on estimait à seulement 15 le nombre de victimes, ce qui me semblait tout de même épouvantable, mais j'étais loin de réaliser l'ampleur de cette catastrophe. »A l'extérieur, les gens semblaient plutôt calmes, constate-t-elle. Toutefois, plus la journée avanà§ait, plus l'anxiété et l'inquiétude se faisaient sentir. Elle a passé la journée à déambuler parmi les zones les plus affectées et à répondre aux demandes des journalistes. En soirée, à sa sortie des bureaux d'Oxfam, elle a croisé plusieurs personnes qui dormaient dans la rue.La crainte du volcan« Certains craignent qu'une autre secousse ne survienne, et personne ne veut revivre à§a » explique cette collaboratrice d'Oxfam. « Cependant, la plus grande crainte demeure la formation d'un tsunami ou encore l'irruption du volcan du Mont Merapi. »Le volcan se situe à environ 30 kilomètres de la ville, et son panache de fumée est très visible, lorsque le ciel est dégagé. Oxfam, qui Å“uvre à Yogyakarta depuis de dix ans et qui avait mis sur pied un plan de contingence en prévision d'une irruption volcanique, disposait donc de stocks d'approvisionnement d'urgence, dont de l'équipement sanitaire et de distribution d'eau, ainsi que des abris de fortune.« Je suis vraiment impressionnée et fière de la rapidité avec laquelle les équipes d'Oxfam sur le terrain se sont mises au travail et ont coordonné l'aide d'urgence. »Les hôpitaux sont bondésLes besoins les plus urgents à l'heure actuelle sont d'ordre médical, une assistance aux blessés ainsi que la distribution de médicaments. « Le personnel des hôpitaux est complètement débordé », ajoute-t-elle.Bien que les communications aient été déficientes au début, Paulette Song soutient que les déplacements étaient toujours possibles, malgré des fissures sur les routes qui ressemblaient à des lignes de failles.« Les routes principales sont intactes, contrairement au tsunami qui avait causé des dommages importants à plusieurs tronà§ons de routes, ponts et autres infrastructures en Indonésie et au Sri Lanka.