A Kalma, les enfants chantent pour rester en bonne santé
Kalma est l'un des plus grands camps de déplacés internes du Darfour. Comme dans la plupart des camps, la grande majorité de ces personnes est constituée de femmes et d'enfants. La rapide augmentation du nombre de déplacés a conduit à la multiplication des risques sanitaires, auxquels les enfants sont les plus vulnérables. « Partout, il faut apprendre aux enfants à se laver les mains et à rester propres », déclare Khaled Suleiman, l'un des responsable de promotion de la santé d'Oxfam. « Mais c'est plus particulièrement vrai ici, puisque les conséquences peuvent facilement être fatales ». Pour être sà»rs que le message passe bien, Khaled et son équipe essaient de rendre les leà§ons les plus ludiques possible.
Les matches de foot, les chants, les tournois de volley et les jeux de cours de récréation sont quelques exemples des moyens innovants utilisés par l'équipe de Promotion de la santé publique (PSP) d'Oxfam pour apprendre aux enfants à rester en bonne santé.
Kalma est l'un des plus grands camps de déplacés internes du Darfour : abris extrêmement rapprochés les uns des autres et installations sanitaires construites en catastrophe s'y étendent sur des kilomètres et accueillent environ 89 000 personnes déplacées. Comme dans la plupart des camps, la grande majorité de ces personnes est constituée de femmes et d'enfants. Il y a deux ans, ce camps abritait quelque 19 000 personnes, et la rapide augmentation de leur nombre a conduit à la multiplication des risques sanitaires, auxquels les enfants sont les plus vulnérables. « Partout, il faut apprendre aux enfants à se laver les mains et à rester propres », déclare Khaled Suleiman, l'un des officiers PSP d'Oxfam du camp. « Mais c'est plus particulièrement vrai ici, puisque les conséquences peuvent facilement être fatales ».
Pour être sà»rs que le message passe bien, Khaled et son équipe essaient de rendre les leà§ons les plus ludiques possible. Oxfam a construit une série d'abris communautaires où se tiennent des classes et des activités interactives données d'enfant à enfant. Les chansons concernant la prévention de la malaria et de la diarrhée sont chantées avec enthousiasme : « Notre nourriture doit être lavée, notre eau doit être protégée » chantent les enfants, qui s'accompagnent en frappant des pieds et en tapant des mains. D'autres chants encouragent les enfants à participer aux campagnes de grand nettoyage de la communauté, et à expliquer comment installer une moustiquaire et utiliser les latrines correctement. Oxfam a installé environ 9 000 latrines familiales et 1 500 latrines communes à Kalma.
Les enfants de Kalma adorent faire du bruit. La simple vue d'un nouveau travailleur Oxfam génère un chÅ“ur de centaines de voix chantant à l'unison « OK,OK », qui est le surnom attribué par les enfants de Kalma aux visiteurs étrangers et le premier mot anglais appris par les enfants du camp. Cet accueil est suivi de sourires et de rires espiègles fusant de partout, et l'enthousiasme général des enfants pour l'amusement bruyant et énergique s'étend jusque dans la classe.
« Ce que je préfère, c'est danser et chanter », déclare Osman à propos des activités d'enfant à enfant, et il balance énergiquement ses bras au dessus de sa tête pour mimer ce qui se dit dans une chanson concernant la chasse aux mouches. « Et j'aime apprendre de nouvelles choses ». Il a passé la plus grande partie de sa courte vie dans le camp après y être arrivé avec sa mère. Personne ne sait vraiment ce qui est arrivé à son père et à ses frères.
Hawa, neuf ans, aime également chanter. « J'aime les cours car je peux m'y faire beaucoup d'amis et apprendre en même temps. Nous chantons les chansons en rentrant chez nous aussi. J'aimerais également aller à l'école, mais jusqu'à présent je n'en ai pas été capable », dit Hawa, qui vit au camp depuis deux ans et demi depuis que sa famille a quitté son village de Shataya, à environ 150 km à l'ouest.
L'équipe PSP travaille avec des volontaires de la communauté afin de créer de nouvelles chansons que les enfants, espèrent-ils, trouveront à la fois éducatives et distrayantes. « Le camp de Kalma est aussi grand qu'une ville, il est donc divisé en huit ”˜secteurs' », explique Khaled. « Récemment, nous avons entendu des enfants des secteurs 7 et 8 ”“ les seules parties du camp où Oxfam ne travaille pas- chanter nos chansons ! Les enfants qui assistent à nos leà§ons les avaient chantées chez eux et graduellement, elles se sont répandues dans tout le camp ».
Les programmes s'avèrent être extrêmement populaires ”“ presque trop populaires en fait. Les professeurs ”“ qui sont eux-mêmes des déplacés internes vivant dans le camp- disent qu'ils sont souvent confrontés à 400 enfants essayant de s'engouffrer dans une seule pièce de l'abri communautaire. « A chaque fois que nous ouvrons la porte, une autre douzaine se jette à l'intérieur ! », témoigne Khadija, qui enseigne aux enfants du secteur 3 du camp. « Il devient difficile de faire passer le message de faà§on satisfaisante lorsqu'on est face à des classes surchargées », dit-elle. « Nous les avons donc divisés en deux groupes. Le groupe 1 vient entre 8h30 et 10h30 et le groupe 2 entre 11h et 13h. Evidemment, certains enfants essaient d'assister aux deux ! »
« Nous essayons de faire en sorte que les enfants soient exposés à nos messages à n'importe quelle occasion », dit Khaled. « Les chants ne constituent qu'une partie de nos activités, et il est clair que la santé des enfants s'est améliorée depuis le début du programme ». Sur les murs des abris communautaires, on retrouve des planches dessinées qui expliquent de quelle faà§on la nourriture produit des germes, ou pourquoi le fait de ne pas nettoyer les latrines provoque l'apparition de maladies et attire les rongeurs. Des matches de foot et d'autres événements sont organisés pour que les enfants y assistent au cours desquels on dissémine des renseignements relatifs à la santé. L'équipe PSP a également inauguré un partenariat avec les quatre écoles primaires du camp de Kalma. Un certain nombre d'enfants de chaque classe sont désignés superviseurs et rejoignent les enseignants pour obtenir une formation en promotion de l'hygiène. Les aptitudes et les faits qu'ils y apprennent sont ensuite transmis à leurs camarades et élèves.
