Aide à l’agriculture: des promesses aux réalités de terrain

L’état de la coordination des interventions dans 3 pays d’Afrique de l’Ouest

Depuis le début des années 80, le secteur agricole a été progressivement délaissé des priorités de l’aide publique au développement dans l'ouest africain, et dans celles de nombreux gouvernements du Sud. Dans le même temps, la faim n’a cessé de progresser, en partie en raison de la hausse brutale des prix des produits alimentaires.

Au Burkina Faso, au Niger et au Ghana, la population est très majoritairement rurale et la très grande majorité dépend de l’agriculture, principalement vivrière, pour vivre ou simplement survivre. L’agriculture y est à la fois le moteur de la croissance économique et la principale source de réduction de la pauvreté, puisque ce secteur emploie la grande majorité de la population.

Un an et demi après la ‘Conférence de haut niveau sur la sécurité alimentaire mondiale’, organisée à Rome par la FAO, cette étude tente de dresser un premier bilan des engagements de la communauté internationale, à partir de la réalité observée dans trois pays d’Afrique de l’Ouest. Cette recherche, réalisée au Ghana, au Burkina Faso et au Niger, n’a pas la prétention de dresser un bilan exhaustif de la façon dont le réengagement financier annoncé, la coordination des interventions et le soutien aux stratégies nationales se sont, ou non, traduits sur le terrain. Mais à travers des exemples précis, elle tente de retracer les grandes lignes des enjeux et des défis actuels, déterminants pour le développement des secteurs agricoles de ces trois pays.

Recommendations

Aux Partenaires Techniques et Financiers :

  • Investir concrètement dans l’élaboration et la mise en oeuvre des programmes sectoriels
  • Utiliser et renforcer les cadres et procédures existants, et s’appuyer sur la priorité des acteurs
  • Passer du stade de la concertation à une réelle coordination des interventions
  • Transformer les annonces financières faites au niveau international en financements additionnels, de long terme, et prévisibles, afin de renforcer les processus nationaux et régionaux en cours.

Aux gouvernements :

  • Assurer un pilotage actif dans l’élaboration et la mise en oeuvre des politiques et des programmes sectoriels agricoles et de sécurité alimentaire
  • Faire preuve d’un véritable leadership dans la coordination des interventions des PTF
  • Travailler à la mise en oeuvre d’une politique commerciale régionale qui permet d’assurer le développement du secteur agricole aux niveaux régional et national
  • Faire de l’agriculture et de la sécurité alimentaire une véritable priorité budgétaire.

Aux organisations de la société civile et aux ONG :

  • Investir les espaces de coordination, de décision et d’élaboration des politiques agricoles et de sécurité alimentaire
  • Assurer que les ONG internationales, comme les gouvernements, délivrent ou s’engagent à délivrer une aide de qualité.