Promesses non tenues

Qu’est-il arrivé au « développement » dans le cycle de Doha de l’OMC ?

Le programme de Doha pour le développement visait à rééquilibrer des décennies de règles de concurrence déloyales dans l'agriculture et à répondre aux besoins des pays en développement. Au lieu de cela, les négociations ont trahi cette promesse. Ce programme commercial est devenu une négociation d'accès au marché dans lequel les pays en développement doivent faire des concessions disproportionnées, pour ne recevoir en retour que les pâles promesses des avantages de la libéralisation. La crise économique est l’opportunité, et même l’impératif, d’une véritable réforme.

Le multilatéralisme est essentiel à l'effort mondial de lutte contre la pauvreté et les inégalités. Tous les pays peuvent bénéficier de la stabilité et de la confiance qu’offrent les règles du commerce mondial. Les pays en développement sont en droit d’en bénéficier le plus, car ils n'ont pas le pouvoir économique et politique nécessaires pour atteindre leurs objectifs en dehors d'un tel système.

La chute précipitée des flux commerciaux, la baisse de la demande, et les contraintes des crédits ont rappelé à tout les pays, dans un contexte de crise économique mondiale, l’importance du commerce dans leur économie. La crise économique constitue un impératif et une chance pour la mise en place d’une véritable reforme. Plus que jamais, il est nécessaire de corriger les règles faussées du commerce et les avantages biaisés que la mondialisation dont ont su profiter certains pays au détriment des autres.

Afin de remettre Doha sur les rails du développement, Oxfam recommande que les membres de l'OMC agissent pour :

  • Améliorer le processus des négociations afin de rendre ces dernières plus transparentes et plus compréhensives ;
  • Assurer un traitement spécial et différencié aux pays en développement par l'intermédiaire d’engagements moins pleinement réciproques, d’une flexibilité plus efficace et d'un espace de politiques appropriées pour promouvoir le développement de l'agriculture, de l’industrie et des services ;
  • Promouvoir le développement en permettant la réalisation de droits tels que le droit à l'alimentation en veillant à ce que les règles commerciales répondent avant tout aux besoins des personnes les plus vulnérables ;
  • Renforcer l'OMC en tant qu'institution afin d’accroître la confiance dans sa capacité à établir des règles de commerce équitable pour les pays en développement.