« Les entreprises mondiales sont prêtes à insister auprès des gouvernements pour un accord sur le climat »

Les dirigeants d’entreprise du monde entier pourraient contribuer de manière significative à la conclusion d’un accord juste et sûr pour lutter contre le changement climatique, lorsqu’ils se réuniront lors d’un sommet international qui débutera le 24 mai.

L’agence internationale Oxfam, dont le directeur exécutif Jeremy Hobbs s’exprimera lors du sommet mondial des entreprises sur le changement climatique (World Business Summit on Climate Change) qui réunira plus de 800 dirigeants d’entreprise, déclare que le secteur privé est bien déterminé à insister auprès des gouvernements hésitants pour qu'ils fassent preuve de plus d’ambition et de leadership à la dernière minute.

« C’est le moment où les grandes entreprises doivent parler d’une seule et même voix internationale aux dirigeants politiques et nous nous attendons, pour la première fois, à ce qu’un appel soit lancé en faveur d’objectifs à moyen et long terme pour la réduction des émissions, et en faveur de fonds pour aider les pays en développement à s’adapter et à tendre vers un avenir à faibles émissions de carbone », a déclaré Hobbs. « Ce sont des questions décisives. Lors de ce sommet, le secteur privé pourrait bien exercer son pouvoir pour le bien du climat. Le résultat sera déterminant pour des millions de personnes dans le monde entier qui souffrent déjà les premiers et le plus gravement des effets du changement climatique. »

« Il est crucial que « l’appel de Copenhague » lors de ce sommet contienne des informations détaillées concernant spécifiquement ces questions fondamentales, et qu’il ne soit pas étouffé par les entreprises qui continuent à résister contre l’inévitabilité d’un avenir à faibles émissions de carbone », a ajouté Hobbs. « En ce moment, le secteur privé est un ensemble très éclectique. Il y a des entreprises qui font preuve d’un leadership, d’une vision et d’une action de niveau international, comme Marks & Spencer, National Grid et Royal Mail au Royaume-Uni, et Gap, eBay et Starbucks aux États-Unis. Toutefois, d’autres entreprises ne font que chercher des échappatoires et des excuses. »

« Les entreprises ont de puissants intérêts en jeu pour lutter contre le changement climatique car elles doivent sécuriser leurs propres marchés et chaînes logistiques. Et elles doivent appeler à un accord juste et sûr pour que l’économie mondiale de demain soit stable et durable », a continué Hobbs. « Non seulement l’avenir des entreprises est en jeu, mais également celui du développement humain. »

Oxfam affirme que « l’appel de Copenhague » lors de ce sommet doit spécifier une réduction des émissions d’au moins 80 % par rapport aux niveaux de 1990 d’ici 2050, et reconnaître que les émissions doivent atteindre leur pic d’ici 2015 et chuter d’au moins 40 % par rapport aux niveaux de 1990 d’ici 2020 dans les pays développés. Il doit également exiger des pays riches qu’ils s’engagent à consacrer au moins 150 milliards d’USD par an pour aider les pays en développement à atténuer les effets de cette situation et à s’adapter, ce qui correspond au montant que les États-Unis ont débloqué pour financer le sauvetage d’AIG », a ajouté Hobbs. « Tels sont les chiffres qui feront la différence, un engagement moindre reviendrait à manquer une occasion en or. »

Oxfam restera également prudent quant aux « avertissements » (comme les régimes de propriété intellectuelle stricts et les accords sectoriels volontaires pour les objectifs de réduction) qui pourraient être formulés lors des discussions du sommet. « Les difficultés au niveau des détails inhérents à ce type de questions pourraient nuire à la sûreté et à l’équité d’un accord mondial », a affirmé Hobbs.

Notes aux rédactions

Un dossier de presse sera disponible lors du sommet. Il comprend :

  1. Une note d’information d’Oxfam sur les « accords sectoriels industriels », présentant les points en faveur et contre ces accords, en fonction de leur aptitude ou non à faciliter la conclusion d’un accord juste et sûr.
  2. Un bref rapport d’études de cas illustrant l’action d’Oxfam pour aider les populations vivant dans la pauvreté à s’adapter aux effets néfastes d’un changement climatique qui ne fait que s’aggraver.
  3. Un profil de trois entreprises illustrant la manière dont certaines sociétés font preuve d’un leadership de portée internationale pour lutter contre le changement climatique : National Grid (Royaume-Uni et États-Unis), Royal Mail et Marks & Spencer (Royaume-Uni).
     

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