Des millions de népalais vivant en zone rurale pourraient davantage souffrir de la faim du fait du changement climatique

De mauvaises récoltes, un manque d’eau et des températures extrêmes - tandis que le changement climatique affecte le Népal, les ressources des villageois se tarissent - souligne le nouveau rapport d'Oxfam.

Dans le rapport « Même l’Himalaya a cessé de sourire : changements climatiques, pauvreté et adaptation au Népal », les agriculteurs ont expliqué à Oxfam que la modification des schémas climatiques ont gravement affecté leurs récoltes. Cette dernière a empêché les agriculteurs de se nourrir correctement et les a endettés. Oxfam a qualifié cette situation de « très inquiétante ».

« Les populations nous ont affirmé que les récoltes ont diminué par prés de moitié par rapport à l’année dernière. Certains agriculteurs qui avaient pour habitude de faire pousser suffisamment de nourriture pour une période de trois à six mois, n’ont pu, l’an dernier, ne faire pousser que l’équivalent d’un mois de vivres», a affirmé le directeur régional d’Oxfam pour le Népal, Wayne Gum. « Les agriculteurs les plus pauvres sont tributaires des pluies. Ils cultivent de petites zones de terre qui, aux périodes les plus favorables, produisent à peine assez de nourriture pour toute une famille. »

Actuellement, on estime que plus de 3,4 millions de personnes au Népal ont besoin d’une assistance alimentaire suite à une combinaison de catastrophes naturelles – parmi lesquelles on compte la sécheresse de l’hiver dernier qui fut l’une des pires de l'histoire du pays. Les prix des denrées alimentaires plus élevés ont également réduit l’achat possible de nourriture. Bien que des sécheresses isolées ne puissent être attribuées au changement climatique, les modèles climatiques prévoient moins de pluies hivernales, signe que la situation pourrait empirer.

Parmi les récentes modifications des schémas climatiques au Népal, on a pu constater l’augmentation des températures extrêmes, des pluies plus violentes, des hivers plus secs, ainsi qu’une mousson estivale plus tardive. La fonte des glaciers himalayens se fera bien au-delà des frontières népalaises. Les scientifiques ont averti que la disparition de ces glaciers se fera au détriment de plus d’un milliard de personnes vivant en Asie - et certains prédisent que cela pourrait arriver d’ici trente ans.

Les femmes- qui ont à charge leur famille lorsque les hommes migrent saisonnièrement pour travailler- sont les premières victimes des effets du changement climatique. Elles s’acquittent désormais de certaines tâches les plus lourdes et doivent, pour chercher de l’eau, parcourir de plus grandes distances.

« Les impacts prévus du changement climatique augmenteront les vulnérabilités existantes, les inégalités et l’exposition aux risques », prédit le rapport d'Oxfam.

« Les communautés pauvres et marginalisées ont tendance à être les plus vulnérables face au changement climatique et sont les moins à même de supporter les désastres liés aux intempéries. Un plus grand accès à l’information et aux ressources pourraient réduire les risques causés par ce changement. »

Le Népal est l’un des pays les plus pauvres du monde. 31 % de ses 28 millions habitants vivent en dessous du seuil de pauvreté. La plupart des népalais vivant dans des zones rurales sont susceptibles de subir des désastres, comme des inondations et des glissements de terrain.

Pour Oxfam, le gouvernement et les organisations internationales doivent davantage travailler au Népal afin d’acquérir une meilleure connaissance des changements climatiques et de leurs impacts. Cela permettrait de prioriser et d’institutionnaliser des actions au niveau national, et d’aider les communautés à jouer un plus grand rôle en étant au cœur d’initiatives qui viseraient à réduire leur vulnérabilité.

Le Népal est extrêmement fragile face au changement climatique. Ce pays est pourtant l’un de ceux produisant le plus faible taux d’émissions au monde – avec seulement 0,025 % du total mondial d'émissions de gaz à effets de serre.

Oxfam appelle les pays les plus riches, responsables en grande partie des émissions mondiales, à prendre davantage de responsabilité pour venir en aide aux pays les plus pauvres, comme le Népal. D’ici 100 jours (à compter de demain) - date de leur rencontre pour un traité sur le climat  à Copenhague - les dirigeants des pays riches devront prendre les mesures adéquates pour aider les plus pauvres à s’adapter et à limiter les effets du changement climatique.

Notes aux rédactions

Télécharger des photographies haute résolution sur le:
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