L’ONU doit montrer la voie au Sommet mondial de l’alimentation

Chaque jour dans le monde, 24 000 personnes meurent d’une cause liée à la faim ; ce chiffre pourrait être radicalement réduit, à condition que les pays acceptent de confier à l’ONU la coordination de toutes les différentes initiatives de lutte contre la faim.

Dans un nouveau rapport intitulé "Au-delà des clivages", Oxfam déclare que le Sommet mondial de l’alimentation, qui débutera lundi (16 novembre) à Rome, pourrait remédier au problème de la fragmentation de l’effort mondial de réduction de la faim humaine, et inverser sa course vers l’échec. 70% des morts liées à la faim sont des enfants.

"La réforme de la gouvernance alimentaire serait une immense victoire pour ce Sommet", déclare Chris Leather, auteur du rapport. "Le Comité de la sécurité alimentaire mondiale (CSA) doit être habilité à coordonner les efforts de lutte contre la faim. Sans lui, tous les différent projets manquent de former un tout efficace, cohérent et responsable".

Deux problèmes de taille se dressent cependant en obstacle. Oxfam parle de "manquement au devoir", constatant qu’aucun des dirigeants du G8, à l’exception de l’hôte, ne sera présent au Sommet. "Leur indifférence est fort préoccupante à l’heure où un milliard de personnes sont sous-alimentées, et des millions d’autres sont exposées à un changement climatique dangereux, ainsi qu’à la volatilité des prix des denrées alimentaires. Les pays en développement ne devraient pas faire cavalier seul à ce Sommet", déclare Chris Leather.

L’autre problème réside dans le fait que certains pays-clés – dont les Etats-Unis et l’Espagne qui ont sensiblement augmenté leurs dépenses en aide alimentaire après 30 années de déclin – ont davantage tendance à se tourner vers la Banque Mondiale pour gérer une partie de l’argent promis au sommet du G8, que vers l’ONU.

Par le passé, la Banque Mondiale a accordé des prêts aux pays en développement à condition qu’ils libéralisent leurs politiques économiques, forçant ainsi la privatisation et l’ouverture des marchés. Oxfam craint que ce fonds ne soit géré de la même manière. En outre, les pays en développement et la société civile ne sont pas inclus dans l’organe décisionnel proposé pour le fonds de la Banque Mondiale, tandis qu’ils le seraient dans un CSA réformé.

L’argent seul ne saura résoudre le problème. Oxfam est d’avis qu’il faut permettre aux pays en développement de poursuivre les politiques dont ils ont besoin pour cibler les agriculteurs pauvres, et leur permettre d’assumer la responsabilité de leurs actions.

"L’issue de ce Sommet est d’une très grande importance", poursuit Chris Leather. "Les dirigeants devraient s’accorder sur le principe que l’argent doit servir à appuyer les politiques et les programmes utiles, et que les pays en développement et la société civile devraient intervenir dans les décisions concernant son utilisation. Un CSA réformé devrait veiller à l’éloignement d’un système qui a principalement servi les intérêts des pays riches et échoué dans sa mission de réduction de la faim dans le monde."

En savoir plus

Lisez le blog: Le Sommet Mondial de l’Alimentation – Une vision parallèle?

Téléchargez le rapport: Au-delà des clivages: Réformer la gouvernance mondiale sur la sécurité alimentaire

Campagne agriculture d'Oxfam

Notes aux rédactions

Contact