Les dirigeants européens doivent agir pour sortir le Pakistan d’une crise humanitaire sans précédent

Quatre organisations non-gouvernementales, Oxfam, Plan, Eurodad et Concern Worlwilde, ont appelé aujourd'hui les ministres européens, qui se préparent demain à examiner le rôle de l'Europe comme acteur global, à en faire davantage pour la situation au Pakistan, la plus grande catastrophe humanitaire actuelle. On compte 21 millions de personnes affectées et avec la grave crise sanitaire qui apparait, ce nombre ne cesse d'augmenter.

Elise Ford, porte-parole d'Oxfam à l'UE, explique : « La réponse de l'Europe aux inondations au Pakistan est le test qui permettra de savoir si l'UE peut vraiment jouer un rôle plus important sur la scène internationale. Les leaders européens ont tous les outils appropriés pour intervenir et il ne leur reste plus qu'à agir. L'année 2010 devrait marquer le début de la nouvelle approche de l'Europe en matière de réponse aux urgences humanitaires mondiales ».

« Demain les leaders européens doivent se faire entendre et se mettre d'accord pour en faire plus pour le Pakistan et parvenir à un ensemble de mesures comprenant des concessions commerciales, la fourniture d'aide humanitaire et un allégement de la dette », a ajouté Elise Ford.

D'après Natalia Alonso, porte-parole de Plan auprès de l'UE : « Le nombre de personnes affectées par les inondations ne cesse d'augmenter, la reconstruction du pays prendra des années et représentera des milliards d'euros. Il est nécessaire de prendre des mesures urgentes. Les leaders européens ne peuvent rester sans rien faire ».

« Alors que plus de 20 millions de personnes sont victimes des inondations, un tiers des revenus du pays est destiné à rembourser la dette. Une large proportion de la dette du Pakistan provient d'emprunts dont les Pakistanais n'ont jamais profité. Les créanciers occidentaux ont accordé des prêts importants aux régimes antidémocratiques du Pakistan pour les maintenir au pouvoir. Les leaders européens doivent assumer leur responsabilité dans ces prêts risqués en annulant la dette du Pakistan tout en s'assurant que les fonds profitent bien aux personnes ordinaires », a déclaré Øygunn Sundsbø Brynildsen, responsable plaidoyer pour Eurodad.

Que doit faire l'Europe pour aider le Pakistan à se relever des inondations ?

Apporter des fonds supplémentaires pour les besoins à court et long terme

Les Etats membres de l'UE doivent accroître de façon drastique leurs contributions à l'appel des Nations Unies dès que celui-ci sera révisé vendredi pour répondre aux besoins d'urgence et à plus long terme du peuple pakistanais.

Depuis que l'ONU a lancé son appel de fonds, le nombre de personnes affectées par les inondations est passé de 14 à 21 millions, des millions de personnes ont été déplacées et plus de 10 millions ont besoin d'aide d'urgence. Il est probable que l'appel révisé de l'ONU représente plus du triple du montant de l'appel de fonds initial de 460 millions de dollars.

Graphique montrant les contributions de l’UE comparées à l’appel actuel et révisé de l’ONU (données compilées le 9 septembre) :

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Graphique montrant les contributions de l’UE comparées à l’appel actuel et révisé de l’ONU

Graphique montrant la contribution de chaque Etat membre de l’UE en pourcentage de son RNB (données compilées le 9 septembre) :

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Graphique montrant la contribution de chaque Etat membre de l’UE en pourcentage de son RNB

Accorder des concessions commerciales

Avant la catastrophe, le niveau de pauvreté était déjà élevé et l'insécurité alimentaire alarmante. L'UE avait donc déjà des raisons convaincantes de faire des concessions commerciales. C'est désormais vital. L'inclusion du Pakistan dans le Système de Préférence Généralisé de l'Union européenne (SGP) représente la meilleure façon pour l'UE d'ouvrir davantage et unitéralement ses marchés au Pakistan.

Annulation de la dette bilatérale

Les gouvernements européens ne peuvent attendre du Pakistan qu'il honore sa dette alors qu'il se bat pour s'en sortir. La dette extérieure du Pakistan atteint 42 millions d'euros. Un tiers des revenus du Pakistan est consacré aux remboursements de la dette. Plus de 50% sont destinés aux Etats membres de l'UE. Le Pakistan a déjà versé cette année 37 millions d'euros d'intérêts de remboursement à la France ce qui représente près de vingt fois le montant des contributions directes versées par l'Hexagone aux inondations au Pakistan.

Notes aux rédactions

  • Oxfam est une association internationale de 14 organisations travaillant ensemble dans 99 pays et en collaboration avec des partenaires et des alliés dans le monde entier pour trouver des solutions durables à la pauvreté et à l'injustice. Suite aux inondations au Pakistan, Oxfam a apporté une aide humanitaire à plus d'un million de personnes en leur fournissant de l'eau salubre, du matériel d'hygiène et des repas chauds.
  • Plan est une Organisation non gouvernementale de développement centrée sur l'enfant et travaillant avec plus de 3,5 millions de familles pour leur apporter un changement durable. Plan intervient au Pakistan depuis 1997 en aidant les enfants marginalisés à accéder à la santé l'éducation, aux moyens de subsistance et la sécurité. Plan est déjà venu en aide à plus de 223 000 personnes affectées par les inondations.
  • Eurodad (the European Network on Debt and Development) est un réseau de 59 organisations non-gouvernementales provenant de 19 pays européens et travaillant sur le thème de la dette, du financement du développement et de la réduction de la pauvreté. 
  • Concern Worldwide est une organisation non-gouvernementale internationale qui se consacre à la réduction de la souffrance et œuvre à l'élimination définitive de l'extrême pauvreté dans les pays les plus pauvres. Concern est actif au Pakistan depuis 2001.

Contact

  • Angela Corbalan, Oxfam, + 32 473 56 22 60 ou angela.corbalan@oxfaminternational.org
  • Sabine Terlecki, Plan, + 32 474 717 131 ou sabine.terlecki@plan-international.org
  • Øygunn Sundsbø Brynildsen, Eurodad, +32 2 894 46 51 ou obrynildsen@eurodad.org
  • Derek McDowell, Concern Worldwide, + 35 3 1 417 7782 ou derek.mcdowell@concern.net