Les financements climats excluent les plus touchés, la création d’un nouveau « fonds vert » mondial est nécessaire

Les populations les plus pauvres, qui sont celles nécessitant le plus de soutien dans l'adaptation au changement climatique, sont exclues du peu de fonds déboursés pour le climat. C'est ce qu'affirme un nouveau rapport d'Oxfam, publié à l'occasion des négociations des Nations Unies sur le climat de Tianjin, en Chine.

Ce rapport démontre que les parties engagées dans les négociations doivent établir un « fonds vert » mondial, accessible aux populations des pays pauvres afin que celles-ci ne soient pas laissées-pour-compte dans les possibles solutions apportées au changement climatique.

Le rapport d'Oxfam, intitulé "Righting Two Wrongs: Making a New Global Climate Fund Work for Poor People", rassemble des preuves démontrant que:

  • On estime que moins d'un dixième des fonds déboursés jusqu'à présent pour le climat a été destiné à aider les populations pauvres des pays en voie de développement, qui sont les plus touchés par les impacts du changement climatique.(1)
  • Les 49 pays les plus pauvres ont reçu moins du huitième des financements du Fonds pour l'environnement mondial, soit 450 millions de dollars sur les 3,5 milliards du Fonds. (2)
  • Seuls 220 millions de dollars ont été engagés pour financer les programmes d'action nationaux d'adaptation (appelés couramment PANAs) des pays les moins avancés, un dixième seulement du coût total du plan d'adaptation au changement climatique, estimé à deux milliards de dollars. (3)

« Les populations vulnérables des pays pauvres ont été totalement exclues du processus, il n'est donc pas surprenant qu'elles soient oubliées au moment des financements », explique Kelly Dent, porte-parole d'Oxfam en matière de changements climatiques. « Les délégués doivent tirer les leçons des erreurs commises dans le passé et mettre en place un « fonds vert » mondial qui soit correctement gouverné, transparent et accessible à tous les groupes, notamment les femmes, qui sont en première ligne du changement climatique. »

Oxfam préconise donc la création, lors du Sommet des Nations Unies sur le climat de Cancún en décembre prochain, d'un nouveau « fonds vert » mondial pour gouverner les fonds publics promis par les pays développés dans le cadre des Accords de Copenhague. Ce « fonds vert » doit permettre de remédier au fait que des financements « climat » adéquats n'ont pas été trouvés pour les populations pauvres, qui sont celles qui subissent le plus les impacts du changement climatique. Des discussions, à Tianjin, sur les progrès effectués vers l'aboutissement de ce fonds sont essentielles, et représentent un élément-clé dans la progression vers un accord climat contraignant.

« Nous sommes dans une course contre le temps mais nous faisons du surplace », a ajouté Kelly Dent. « L'établissement d'un « fonds vert » mondial, grâce auquel les personnes qui subissent les effets les plus néfastes du changement climatique pourront se faire entendre et être soutenues, est un des éléments qui, cette année, permettra de faire avancer les négociations.»

« Cette année, tout autour du globe, des populations ont connu l'enfer. Elles ont subi des inondations, des sécheresses, des incendies, des tempêtes et d'autres phénomènes météorologiques qui ne feront que s'aggraver au fur et à mesure de l'intensification du changement climatique. Parmi les populations les plus pauvres de la planète, certaines personnes ont perdu toutes leurs récoltes ainsi que leurs moyens de subsistance. Pourtant, nous n'avons toujours pas pris conscience de leurs besoins » a indiqué Kelly Dent. « Allons-nous aujourd'hui établir les bases de l'adaptation au climat ou payer demain le prix de l'échec ? »

Le rapport d'Oxfam « Righting Two Wrongs » préconise la création d'un nouveau « fonds vert » mondial et un système de financement plus général qui soit perçu comme légitime, aussi bien par les pays développés que ceux en voie de développement, c'est-à-dire représentatif, équitable, vérifiable, accessible, transparent et pertinent. Les gouvernements des pays pauvres doivent pouvoir bénéficier directement des fonds, et la moitié des sommes doivent être destinées à aider les personnes pauvres et vulnérables à s'adapter aux changements climatiques. De plus, le rapport recommande une série de mesures qui permettent de rendre des comptes, garantir, par exemple, que les pays pauvres et les femmes puissent s'exprimer équitablement sur les dépenses et la gestion du fonds et assurer que le fonds soit transparent en ce qui concerne la destination des financements.

« Ce sont les détails qui comptent mais il ne s'agit pas d'une petite décision, » a ajouté Kelly Dent. « Des options claires sur le « fonds vert » doivent ressortir des discussions de Tianjin pour qu'à Cancún, on aboutisse à une décision. Les fonds nécessaires sont de la même ampleur que ceux alloués annuellement à l'aide, soit environ 120 milliards de dollars par an. Parvenir à une solution qui soit la bonne est littéralement une question de vie ou de mort. »

 

En savoir plus

Semez pour Changer: Trois étapes pour faire la différence

Campagne d'Oxfam sur le Changement Climatique

Notes aux rédactions

1.    ODI et Heinrich Böll Stiftung, ClimateFundsUpdate.org (2010) http://www.climatefundsupdate.org/graphs-statistics/areas-of-focus


2.    Analyse d’Oxfam des données FEM des financements climat se basant sur les fonds fiduciaires du FEM, le Fonds pour les pays les moins avancés et le Fonds spécial pour les changements climatiques


3.    Plan d’action national d’adaptation (PANA).  44 PANAs ont été proposés jusquà présent. Le coût total des PANAs pour les pays les moins avancés est estimé à environ deux milliards mais seuls 224 millions de dollars ont été promis (juin 2010) http://www.thegef.org/gef/LDCF

Contact

Thomas Lau, Media Lead  thomasl@oxfam.org.hk
Portable en Chine +86 (0) 137 5210 5124 (à Tianjin du 2 au 11 oct) ou bureau à Hong Kong 852 – 3120-5275 (envoyer des emails plutôt que laisser des messages sur le répondeur ou envoyer des sms non-contactable au téléphone)