19 ONG appellent à l’action pour éviter un nouveau massacre par la LRA en Afrique centrale à Noël

Un nouveau rapport indique que l’Armée de résistance du Seigneur (la LRA) est désormais la milice la plus meurtrière en République démocratique du Congo.

La communauté internationale doit agir pour empêcher le plus brutal mais aussi le plus ancien groupe rebelle d’Afrique de commettre un nouveau massacre à Noël cette année, et pour mettre un terme à ses folies meurtrières quasi-quotidiennes : telle est la thèse d’un nouveau rapport publié aujourd’hui par 19 organisations humanitaires. Les massacres commis au cours de l’année dernière par l’Armée de Résistance du Seigneur (connu sous son sigle anglais : LRA) à l’encontre de communautés enclavées au Soudan, en République centrafricaine (RCA) et en République démocratique du Congo (RDC) sont parmi les pires atrocités perpétrées par cette milice en 20 ans d’activité sanglante. 

De nouveaux chiffres indiquent que la LRA est devenue la milice la plus meurtrière en RDC ces deux dernières années. Au cours de la seule année écoulée, plus de 1 000 personnes ont été tuées ou enlevées au cours de presque 200 attaques distinctes menées dans deux districts reculés de la République démocratique du Congo - soit presque quatre attaques par semaine dans une région de taille à peu près équivalente à celle du Royaume-Uni. 

A la veille de Noël en 2008, et au cours des trois semaines qui ont suivi, 865 hommes, femmes et enfants ont été sauvagement battus à mort et des centaines d’autres enlevés par la LRA dans le Nord-Est de la RDC et au Sud-Soudan. A Noël dernier, entre le 14 et le 17 décembre 2009, des commandants de la LRA ont supervisé l’assassinat de plus de 300 personnes. Pour le monde extérieur, ces massacres sont passés largement inaperçus. 

"Il est inconcevable que les dirigeants internationaux continuent de tolérer cette violence brutale contre certains des villages les plus isolés de l’Afrique centrale, et que cela ait été accepté depuis plus de 20 ans", déclare Marcel Stoessel, directeur d’Oxfam en RDC. "A Noël cette année, des familles du Nord-Est de la République démocratique Congo vont vivre dans la crainte d’un autre massacre, malgré la présence de la plus grande mission de maintien de la paix au monde." 

La LRA est extrêmement mobile et attaque les femmes pendant qu’elles vaquent à leurs occupations quotidiennes - chercher l’eau ou cultiver les champs - et les enfants sur le chemin de l’école. La LRA enlève, mutile, viole et tue hommes, femmes, et enfants, recourant à une violence extrême contre les plus vulnérables.

Un nouveau rapport, "Le spectre des Noëls passés", publié le 14 décembre 2010 par 19 organisations humanitaires et de défense des droits de l’Homme, indique qu’une attention décisive doit être apportée à la sécurité et au bien-être des femmes, hommes et enfants à travers la vaste région affectée par la LRA.

"La plupart des membres de la LRA sont des adultes et enfants qui ont été forcés à commettre des actes atroces contre leur communauté, rendant impossible leur retour au foyer", déclare Mark Waddington, directeur général de War Child au Royaume-Uni. "Les enfants sont forcés à tuer et à violer, et beaucoup d’entre eux sont utilisés comme “esclaves sexuels”. "On ne peut pas permettre que cela continue. La communauté internationale doit faire davantage pour appliquer les recommandations du rapport et promouvoir la libération sécurisée des membres de la LRA qui ont été kidnappés, afin de soutenir leur réintégration au sein de leur famille et dans la vie quotidienne - en particulier la réintégration des filles, qui sont souvent négligées dans de tels processus." 

Le rapport indique que les précédents efforts destinés à appréhender la LRA ont échoué. En décembre 2008, l’opération "Eclair de Tonnerre", une offensive militaire contre la LRA, n’est parvenue à capturer aucun des commandants supérieurs de la milice rebelle. L’offensive n’a fait que générer des représailles brutales contre les communautés et éloigner davantage la LRA de son pays d’origine, l’Ouganda, en la dispersant à travers une région 20 fois plus étendue qu’avant l’offensive. 

Les signes récents d’engagement diplomatique de l’Union africaine et des Etats-Unis doivent conduire à des réponses tangibles qui protègent la population de la violence, et trouver des solutions pacifiques, d’après les organisations signataires du rapport. Cela implique de se concentrer sur les capacités réelles des armées nationales à protéger les civils de la LRA, l’une des faiblesses majeures des stratégies élaborées à ce jour. 

"La LRA constitue un problème régional, et ne relève donc pas de la responsabilité d’un seul gouvernement", déclare Marcel Stoessel. "Le Conseil de Sécurité des Nations unies a depuis longtemps écarté de son ordre du jour la question spécifique de la LRA et n’a pas répondu sérieusement aux atrocités commises."

"La communauté internationale et les gouvernements de la région doivent travailler de concert afin que les familles puissent enfin cultiver leurs terres et passer des nuits paisibles sous leur propre toit sans craindre la violence."

Lire le rapport : Le spectre des Noëls passés : protéger les civils de la LRA (seul le résumé est actuellement disponible en français - la version française intégrale du rapport sera publiée prochainement)

Agir : Signer la pétition pour aider les familles d'Afrique centrale à passer Noël en sécurité

Notes aux rédactions

  1. Le rapport "Le Spectre des Noëls passés" (résumé en français - la version française intégrale sera publiée prochainement) est publié le 14 décembre 2010. Il est produit par des organisations travaillant dans les zones touchées par la LRA ou engagées depuis longue date dans un plaidoyer en faveur d’une résolution de la menace posée par la LRA : Broederlijk Delen, CAFOD, Christian Aid, Conciliation Resources, Cordaid, Danish Refugee Council, Internal Displacement Monitoring Centre, Intersos, Norwegian Refugee Council, Pax Christi Flanders, Oxfam, Peace Direct, Refugees International, Resolve, Society for Threatened Peoples, Tearfund, Trocaire, War Child UK et World Vision.
  2. Les porte-parole des ONG sont disponibles pour des entretiens en anglais, français et allemand. 
  3. Des entretiens avec des interlocuteurs dans les zones affectées par la LRA peuvent être facilités.
  4. Signer la pétition à l’adresse suivante : http://oxf.am/ZwQ 
  5. Selon les nouveaux chiffres d’OCHA, au cours de l’année écoulée, plus de 1 000 personnes, y compris des enfants, ont été tuées ou enlevées dans presque 200 attaques distinctes dans les districts du Haut et Bas-Uélé dans le Nord-Est de la République démocratique du Congo. 
  6. Depuis septembre 2008, la LRA a tué plus de 2 300 personnes et en a enlevé plus de 3 000.
  7. Selon les estimations, 20 % des enfants enlevés sont forcés à combattre, 80 % à travailler, et 100 % des filles sont violées.
  8. La RDC accueille la plus importante force de maintien de la paix au monde, alors que seuls 850 des 18 500 des casques bleus de la mission sont présents au sein des zones touchées par la LRA. 
  9. Oxfam assiste aujourd’hui plus de 120 000 personnes affectées par la violence de la LRA dans le Haut-Uélé (Province Orientale, RDC). 
  10. Des veillées aux chandelles ont été organisées le 14 décembre dans différentes villes des Etats-Unis (dont notamment Washington DC, New York et Boston) afin de commémorer le massacre commis par la LRA en 2009 - pour plus d’informations, veuillez contacter Amber Palmer au +1 202 213 33 88.12. Voir également le rapport de l’ONG Resolve sur la LRA : "From promise to peace: A blueprint for President Obama’s LRA strategy" 

Contact

Pour plus d’informations, contacter :
Anna Ridout (Oxfam), aridout@oxfam.org.uk, +44 (0)7766 443506
Aldine Furio (Crisis Action), aldine.furio@crisisaction.org, +33 668 121 153