Une majorité de personnes sondées favorables à une taxe Robin des bois dans cinq pays européens

Les citoyennes et citoyens européens ont fait passer un message clair à leurs responsables politiques afin de convenir d’une taxe sur les transactions financières, connue dans de nombreux pays comme la Taxe Robin des Bois, lors de leur rencontre le 24 mars à Bruxelles. 

Un sondage YouGov réalisé dans six pays Européens et commandité par Oxfam révèle qu’une majorité de personnes au Royaume-Uni, en Allemagne, en France, en Espagne et en Italie disent soutenir une taxe Robin des bois. Le sondage montre également qu’aux Pays-Bas les sondé-e-s qui supportent cette taxe sont plus nombreux que celles et ceux qui s’y opposent. Plus de 80% des sondé-e-s (allant de 82% aux Pays-Bas jusqu’à 90% en Espagne) estiment que les banques, les Hedge Funds - fonds de spéculation et autres institutions financières ont pour responsabilité de réparer les dommages causés par la crise économique, liés à leurs activités.

Seule une personne sur neuf en France ou au Royaume-Uni, et une personne sur onze en Allemagne, estime que les banques en ont déjà assez fait afin de réparer les dégâts causés par la crise économique. 

Ce sondage intervient alors que le soutien en faveur d'une taxe européenne sur les transactions financières prend de l'ampleur. En effet, au début du mois de mars, les 17 pays membres de la zone Euro ont convenu d’étudier la mise en place d’une taxe sur les transactions financières (TTF) au niveau de la zone euro, dans l’Union européenne et au niveau mondial. Le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Junker, a réaffirmé vendredi qu’il ferait pression pour la mise en place d’une TTF en Europe, de façon unilatérale. Cette décision est tombée quelques jours après que le Parlement européen a décidé de soutenir une taxe Robin des bois à l’échelle européenne.

Le Président de la République française, Nicolas Sarkozy, a annoncé comme priorité de la présidence française du G20 cette année, la création d’une coalition de pays prêts à mettre en œuvre une taxe sur les transactions financières pour financer le développement et l'adaptation au changement climatique. Il a reçu plusieurs soutiens politiques de taille, dont celui de la chancelière allemande Angela Merkel.

Oxfam mène une campagne pour l’instauration d’une taxe Robin des bois afin de réunir des fonds dans le but d’aider les personnes touchées par la pauvreté causée par la crise économique et lutter contre le changement climatique.

Pour Elise Ford, directrice du bureau d’Oxfam auprès de l’Union européenne : "Ce sondage montre que la taxe Robin des bois sur les transactions financières des banques pourrait s’avérer être la taxe la plus populaire dans l’histoire de l’Europe".

"Les citoyennes et citoyens envoient un message clair à leurs responsables politiques : les banques n’en ont pas assez fait pour réparer leurs erreurs. Les Européennes et Européens estiment clairement que leurs gouvernements doivent rejoindre la coalition du Président Sarkozy et veulent faire payer le secteur financier en aidant les gens touchés par la crise financière." 

Le sondage révèle que les personnes en faveurs d’une taxe Robin des bois sont deux fois plus nombreuses que celles s’y opposant, tant au Royaume-Uni (respectivement 51% et 19%), qu'en Allemagne (53% et 24%), en France (51% et 22%), en Espagne (67% et 15%) et en Italie (59% et 18%). Aux Pays-Bas, 38% des sondé-e-s étaient favorables à la taxe Robin des bois contre 25% qui s'y opposent.

Le sondage montre également qu’au Royaume-Uni, dont le gouvernement est considéré comme le plus susceptible de s’opposer à une taxe sur les transactions financières à l’échelle de l’Europe, la majorité des sympathisant-e-s du Parti conservateur (45%) sont favorables à une taxe Robin des bois, tandis qu’ils et elles ne sont que 27% à  être réticent-e-s. De plus, 87% des Conservateurs pensent que les institutions financières doivent aider à la réparation des dégâts qu’elles ont causés, et seulement 16% estiment que les banques ont d’ores et déjà assez payé depuis l’effondrement de l'économie. Le Parti conservateur constitue le plus grand parti du gouvernement de coalition du Royaume-Uni.  

En savoir plus

La taxe Robin des bois

Notes aux rédactions

Tous les chiffres, sauf indication contraire, sont fournis par YouGov Plc. La taille de l’échantillon total était de 2 226 au Royaume-Uni, 2 008 en France, 2 105 en Allemagne, 2 009 en Espagne, 2 004 en Italie et 2 011 aux Pays-Bas. L'enquête a été réalisée entre le 7 et le 14 mars 2011, en ligne. Les chiffres ont été pondérés et sont représentatifs d’une population adulte (âgés de plus de 18 ans) pour chaque marché. 

La déclaration suivante fait partie des conclusions de la réunion des chefs d’Etats de la zone euro de mars 2011 : "Les chefs d’Etat ou de gouvernement conviennent que l’introduction d’une taxe sur les transactions financières doit être explorée et développée au sein de la zone euro, de l’Union européenne et au niveau international".

Le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a réaffirmé vendredi qu'il ferait pression pour la mise en place d'une TTF en Europe.

Le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble a déclaré samedi qu'il serait à dépenser de l'argent issu de la "Taxe Robin des bois" dans le développement et la lutte contre le changement climatique.

Questions posées sur la taxation des transactions financières : Certains militants ont demandé au gouvernement d’introduire une taxe sur les transactions bancaires. Il s’agirait d’une taxe entre les institutions financières et non sur les transactions bancaires courantes des clients. Certains estiment que ce serait un moyen plus équitable de lever les fonds nécessaires pour un gouvernement, tandis que d’autres s’y opposent en affirmant que cette taxe aura pour effet de rendre les services financiers plus chers et que cela ne peut fonctionner sans le soutien de tous les autres pays. 

  • Question au Royaume-Uni, en Espagne, en Italie et aux Pays-Bas : Dans quelle mesure seriez-vous favorable ou opposé-e à une taxe sur les institutions financières au Royaume-Uni, à condition que l’argent récolté aille pour la protection du service public et la lutte contre la pauvreté, au niveau national et à l’étranger ?
  • Question en France : Dans quelle mesure êtes-vous en faveur ou opposé-e à ce que la France mette déjà en place une telle taxe au niveau français, si les sommes recueillies servaient à financer la santé, l’éducation et globalement la lutte contre la pauvreté dans les pays en développement ? 
  • Question en Allemagne : Dans quelle mesure seriez-vous favorable ou opposé-e à une telle taxe, si que les fonds récoltés (ou au moins une partie) servent à lutter contre la pauvreté au niveau national et à l’étranger ?

Contact

Pour de plus amples informations, merci de contacter :

Angela Corbalan (Bruxelles) : + 32 473 56 22 60 / angela.corbalan@oxfaminternational.org