L'Europe devrait saisir l'opportunité des 210 milliards d'euros de la taxe Robin des Bois

Une taxe européenne sur les transactions financières serait juste, réalisable et populaire. Elle pourrait lever 210 milliards d'euros pour lutter contre la pauvreté et le changement climatique, selon un nouveau rapport de l'organisation internationale Oxfam.

Alors que la Grèce risque un second renflouement, ce qui bénéficierait à ses créditeurs - notamment de grandes banques françaises et allemandes -, Oxfam soutient l'idée d'une taxe sur les transactions financières (TTF) au niveau européen. Cette taxe viendrait s'assurer que les banques remboursent bien leurs dettes à la société. Les ministres des Finances européen-ne-s se réunissent aujourd'hui et les chef-fe-s d'Etat et de gouvernement se réuniront jeudi (23 juin). C'est une réelle opportunité de s'assurer que le secteur financier paye bien sa juste part à la société.

Une nouvelle note d'Oxfam, La taxe Robin des Bois maintenant !, publiée aujourd'hui, montre qu'une TTF de 0,05 % sur les actions, les obligations, les devises et les dérivés au niveau européen permettrait de lever 210 milliards d'euros par an. Au niveau mondial, elle pourrait lever 400 milliards de dollars (283 millions d'euros).

De nombreux pays soutiennent cette taxe

L'Allemagne, l'Autriche, la Belgique, l'Espagne, la Finlande, la France, la Hongrie et le Luxembourg font partie des pays qui se sont déclarés en faveur d'une TTF. L'Europe devrait saisir cette chance unique pour faire un premier pas aujourd'hui dans ce domaine – avant la réunion du G20 en novembre où un accord au niveau européen pourrait alors être étendu à d'autres pays en faveur de la TTF. 

L'Union européenne (UE) devrait, dans un premier temps, imposer une faible taxe sur les transactions d'obligations et d'actions. Oxfam a calculé que cela pourrait lever 18 milliards d'euros rien qu'en France, Allemagne et Espagne. Le Royaume-Uni dispose déjà d'une taxe de 0,5 % sur les actions qui lève 4,25 milliards d'euros. 

Jeremy Hobbs, directeur exécutif d'Oxfam, déclare : "C'est la meilleure occasion, depuis l'allègement de la dette, de pouvoir alléger le fardeau financier des pays pauvres. L'Europe a l'opportunité de se positionner à l'avant-garde en faisant de la crise financière un tournant dans la lutte contre la pauvreté et le changement climatique."

"Les profits et les bonus des hedge funds, des banques et des autres institutions financières s'élèvent à plusieurs milliards de livres sterling. Pourtant, nous souffrons tous quand les choses tournent mal, et plus particulièrement les plus pauvres. Il est temps que le secteur financier paye sa juste part à la société."

Des arguments économiques solides

La note d'Oxfam expose les arguments d'une série de sources reconnues, dont le Fonds monétaire international, montrant notamment qu'une TTF serait financée par les plus riches de la société. Les taxes ne sont pas seulement techniquement applicables : elles existent déjà au Royaume-Uni et en Corée du Sud.

La TTF est soutenue par les économistes lauréats du Prix Nobel Paul Krugman et Joseph Stiglitz et des économistes renommés tels que George Soros et Warren Buffet. Josef Ackerman, dirigeant de la Deutsche Bank a déclaré qu'une TTF au niveau régional serait gérable.

Oxfam plaide pour une hausse rapide de l'aide au développement. La crise financière a en effet laissé un trou de 65 milliards de dollars dans les budgets des pays à faible revenu avec le tarissement de l'envoi de fonds des migrants, la baisse de l'investissement étranger, des revenus des exportations et du crédit.

Les engagements non tenus des pays riches

Dans le même temps beaucoup de pays riches, européens ou non, ne tiennent pas leur promesse de dépenser 0,7 % de leur revenu national en aide au développement. En Allemagne, les dépenses en aide en développement sont moins élevées que les salaires et les bonus de la Deutsche Bank. 

Un sondage d'opinion YouGov montre que 80 % des électeurs, en Allemagne, en France, en Espagne, en Italie, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni, pensent que les banques, les hedge funds et les autres institutions ont la responsabilité de réparer les dommages causés par la crise économique. 

Les quatre plus grandes banques françaises ont réalisé 16,6 milliards d'euros de profits en 2010, tout juste un an après la crise financière. Seulement 10 % de cette somme suffirait à fournir des soins à l'ensemble des populations du Niger, du Mali et du Burkina Faso. Les profits et les bonus continuent d'augmenter : la somme totale en 2011 devrait être située entre 600 et 1 000 milliards de dollars (425 et 700 milliards d'euros) au niveau mondial. 

Des militants et militantes prendront part cette semaine à une journée d'action pour montrer leur soutien à la taxe Robin des Bois, dans plus de environ 40 pays, aux quatre coins du monde.

En savoir plus

Lire la note : La taxe Robin des Bois maintenant ! 

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