La crise humanitaire en Afrique de l’Est s’aggrave rapidement faute d’une aide suffisante

Nairobi. Selon l’organisation internationale Oxfam, les gouvernements et les donateurs doivent agir de toute urgence pour répondre à la crise et aux besoins grandissants en Afrique de l’Est. 

  • Risque d’augmentation du nombre de personnes touchées de 25 %, jusqu’à 15 millions
  • Plus de 500 000 personnes menacées par la famine
  • Risque de propagation de la famine en Somalie
  • Oxfam entend aider 3 millions de personnes, mais a besoin de 55 millions de dollars supplémentaires

Les donateurs doivent passer de la parole aux actes et faire en sorte que les sommes qu’ils ont promises se traduisent immédiatement en efforts d’aide au demi-million de personnes menacées par la famine. 

L’organisation affirme que les efforts de la communauté internationale ne suffisent actuellement pas pour juguler une crise qui prend des proportions démesurées.

Les Nations unies estiment que le nombre total de personnes dans le besoin pourrait augmenter de 25 % et dépasser 15 millions bientôt si des mesures d’urgence - distribution de nourriture, d’eau et d’abris - ne sont pas prises sur tous les fronts. Les promesses de dons de gouvernements et de donateurs des pays riches affluent, mais les fonds amassés ne suivent pas l’évolution des besoins.

La crise s’aggrave et les sommes nécessaires pour y faire face augmentent. La semaine dernière, l’ONU a révisé son appel de dons et demandé 600 millions de dollars supplémentaires pour un total de 2,4 milliards ; le montant manquant atteint maintenant 1,47 milliard de dollars. Bien que des fonds soient en voie d’acheminement, selon les chiffres l’ONU, 280 millions ont été promis, mais ne sont pas encore affectés à des interventions précises. La priorité consiste donc à convertir la généreuse réponse des donateurs jusqu’ici en actions aptes à sauver des vies.  

"La crise humanitaire en Afrique de l’Est est à un tournant. Des centaines de milliers de personnes souffriront de famine, à moins que les donateurs continuent de manifester la générosité dont nous avons été témoins ces dernières semaines et contribuent ainsi à prévenir une catastrophe", a déclaré Elise Ford, porte-parole d’Oxfam.  

"Les organisations d’aide sur le terrain sont prêtes à agir et nous avons déployé notre personnel le plus compétent. Dans les zones accessibles, des organisations d’aide comme Oxfam ont accru leurs programmes pour atteindre le plus de personnes et sauver le plus grand nombre de vies possible. Reste à savoir si les donateurs sont capables d’agir aussi rapidement et de convertir de l’argent en actions qui sauvent des vies", a-t-elle ajouté.

Oxfam entend intensifier ses efforts pour porter secours à 3 millions de personnes en Somalie, dans le sud de l’Éthiopie et dans le nord du Kenya. Pour ce faire, l’organisation a besoin de 91 millions de dollars et a amassé jusqu’à maintenant 36 millions de dollars ; il lui faut donc 55 millions de dollars supplémentaires.

Selon de nouvelles estimations des Nations unies, 564 000 personnes risquent de mourir faute d’intervention urgente dans la région. Toujours selon l’ONU, quelque 183 000 personnes ont fui la Somalie ravagée par la guerre pour se réfugier en Éthiopie ou au Kenya depuis le début de l’année.   

Oxfam prévient que la situation risque d’empirer au cours des 3 ou 4 prochains mois en Éthiopie, au Kenya et dans des régions du sud de la Somalie et que l’état d’urgence y sera déclaré jusqu’à la fin de l’année. Toutes les régions du sud de la Somalie vont probablement connaître la famine, en raison de la perte accrue de pâturages, de mauvaises récoltes et de nouvelles flambées des prix des aliments. 

En Somalie, Oxfam fournit de l’eau et des installations sanitaires à plus de 230 000 personnes en périphérie de Mogadiscio. L’organisation apporte aussi de l’aide à plus de 60 000 personnes qui convergent vers la capitale en provenance des régions du sud de la Somalie frappées par la sécheresse. Partout en Somalie, l’organisation rejoint plus de 500 000 personnes qui bénéficient de divers programmes, notamment la distribution de montants d’argent aux familles déplacées, des services d’approvisionnement en eau et d’assainissement, et des projets "argent-contre-travail".

Notes aux rédactions

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