Oxfam prévoit la plus forte réduction de l’aide de ces 15 dernières années

Les dirigeants du G20 doivent soutenir une taxe Robin des bois et la taxation du carbone émis par le transport maritime

L’aide publique au développement (APD) accordée par les pays riches devrait baisser de 9,5 milliards de dollars d’ici à la fin 2012, soit la réduction la plus importante depuis 15 ans, estime l’organisation internationale Oxfam à quelques heures du sommet du G20, les 3 et 4 novembre, à Cannes.

Pour Oxfam, de tels chiffres étaient désespérément prévisibles et montrent que ce sont bien les plus démunis à qui l’on demande de payer pour les mesures d’austérité des pays riches. L’organisation tire la sonnette d’alarme et appelle les leaders du G20 à inverser cette tendance et à décider de nouveaux moyens de lever des fonds au profit des pays pauvres touchés par la crise économique et le changement climatique.

9 milliards de dollars permettraient à plus de 35 millions d’enfants d’aller à l’école, sur les 67 millions qui ne sont pas scolarisés. La réduction des budgets d’aide frappe déjà fortement des pays très pauvres comme le Bengladesh, le Bénin ou le Mozambique, qui vont perdre la moitié de leur budget alloués à l’éducation de base.

Les chiffres avancés par Oxfam sont basés sur une analyse des budgets 2010-12 actuels et prévisionnels consacrés à l’APD par les pays de l’OCDE. Le recul s’élèverait à 11,2 milliards d’euros environs, l’Italie, les États-Unis, l’Espagne et les Pays-Bas étant les principaux responsables de ces coupes. Des coupes en partie contrebalancées par le fait que les chiffres de l’aide augmentent fortement en Australie et plus faiblement en Allemagne et au Royaume-Uni - leur budget de l’aide reste constant en pourcentage du Revenu national brut. En France ou Canada en revanche, les chiffres de l’aide stagnent complètement.

Oxfam se félicite que Bill Gates se joigne à la mobilisation pour faire pression sur les pays du G20 pour qu’ils adoptent une taxe Robin des bois sur les transactions des fonds spéculatifs bancaires et autres établissements financiers et instaurent un système de « prix du carbone » dans le secteur du transport maritime international. Pour l’organisation, les pays en voie de développement sont essentiels pour la croissance globale. Un potentiel que les réductions budgétaires d’APD  ne feraient que diminuer.

«  L’aide au développement n’a jamais été aussi gravement menacée au cours des 15 dernières années », explique Max Lawson, porte-parole d’Oxfam. « Au lieu de réduire leur aide, les pays riches doivent de toute urgence tenir les promesses faites aux plus démunis qui endurent de nouvelles souffrances dues à la crise économique et au changement climatique ».

« L’aide ne représente qu’une infime partie du revenu national des pays riches. Ces réductions sont donc essentiellement symboliques. Le nombre des personnes souffrant de la faim dans le monde dépasse la population des États-Unis et de l’Union européenne réunis. Comment peut-on leur dire que nous n’avons plus d’argent alors que les banquiers responsables de la crise économique continuent d’empocher des milliards de primes ? »

La taxe sur les transactions financières est fortement soutenue par la France et de l’Allemagne et des personnalités telles George Soros, ainsi que de 1000 économistes, dont des prix Nobels. Oxfam demande la mise en place d’une coalition de pays pionniers qui, à l’occasion du sommet du G20, annoncent leur propre taxe sur les transactions financières.

Oxfam réclame en outre l’instauration d’une taxe sur le carbone émis par le secteur du transport maritime international, qui permettrait d réduire les émissions tout en générant 25 milliards de dollars par an au profit du nouveau Fonds vert pour le climat.

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Sommet du G20 à Cannes, France

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