Changement climatique : Oxfam, WWF et les armateurs pour un accord afin de réduire les émissions du secteur maritime

À la Conférence des Nations unies sur le changement climatique (COP 17) qui se déroule à Durban, en Afrique du Sud, du 28 novembre au 9 décembre 2011, le secteur du transport maritime international, Oxfam et le WWF suggèrent d’une seule voix aux gouvernements une manière appropriée de réglementer la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans le secteur du transport maritime international.

Oxfam, le WWF et la Chambre internationale de la marine marchande (qui représente plus de 80 % de la flotte marchande mondiale) appellent les participants de la COP 17 à fournir des orientations claires à l'Organisation maritime internationale (OMI) afin que celle-ci puisse poursuivre ses travaux visant l'élaboration de mesures axées sur le marché pour réduire les émissions dans le secteur du transport maritime.

Les organisations insistent sur le fait que, pour être efficace, un cadre réglementaire sur les émissions de CO2 du transport maritime international doit être mondial et conçu de manière à éviter le risque de "fuites de carbone". Il doit également tenir compte de l'intérêt supérieur des pays en développement et du principe établi par la CCNUCC "des responsabilités communes mais différenciées et des capacités respectives".

Il est notamment envisagé que l'OMI adopte un mécanisme d'indemnisation destinant une part importante des recettes issues du transport maritime international aux pays en développement, en guise de nouvelle source de financement pour leurs efforts de lutte contre le changement climatique. L'acheminement de ces recettes pourrait être assuré par un mécanisme tel que le Fonds vert pour le climat, dont il sera question à Durban.

Tout en s'opposant sur les détails précis d'une telle approche, les organisations de la société civile et du secteur maritime font valoir que les gouvernements n'ont pas, à la COP 17 de Durban, pour priorité immédiate de travailler sur les spécificités techniques relatives au transport maritime. Il leur incombe en revanche de fournir les orientations qui permettront de résoudre la question politique fondamentale de l'application du principe des responsabilités communes mais différenciées dans le secteur du transport maritime et d'accélérer les travaux de l'OMI.

Quant à une éventuelle proposition des gouvernements de taxer le carbone, les organisations conviennent que l'accord survenu récemment au sein de l'OMI sur les mesures opérationnelles et techniques [1] de réduction des émissions induites par le transport maritime montre la capacité de celle-ci à élaborer un nouvel accord international relatif à des mesures axées sur le marché dans le secteur du transport maritime. Étant donné l'urgence d'agir pour éviter un changement climatique catastrophique, les organisations ont appelé les gouvernements à tout mettre en œuvre pour parvenir à un tel accord dans le cadre de l'OMI.

Citations des organisations participantes :

Samantha Smith, responsable de l'Initiative mondiale Climat & Énergie du WWF :

"Nous sommes ravis que le secteur du transport maritime reconnaisse sa responsabilité et soit disposé à prendre part aux efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre. La pleine participation d'un secteur représentant environ 3 % du total des émissions mondiales contribuera sensiblement à maintenir le réchauffement planétaire sous l'objectif des 2 °C fixé par les États. La taxation des émissions de carbone du transport maritime international peut constituer un atout considérable dans la lutte contre le changement climatique."

"Nous nous accordons avec les armateurs sur le fait que l'Organisation maritime internationale sera le lieu le plus approprié pour arrêter les détails de la maîtrise des émissions des navires par des mesures axées sur les conditions du marché et qu'un signal politique fort des dirigeants politiques réunis à Durban, manifestant leur détermination de progresser sur la question, contribuera à accélérer ce processus."

Tim Gore, conseiller en matière de changement climatique chez Oxfam :

"Nous saluons l'engagement constructif du secteur du transport maritime dans la recherche de solutions à la crise climatique. Les protagonistes du secteur et de la société civile s'accordent sur la possibilité de réglementer les émissions d'une façon qui soit juste à l'égard des pays en développement et qui contribue à générer les ressources dont ils ont besoin pour lutter contre le changement climatique."

"Il est essentiel que les gouvernements qui se rencontrent ce mois-ci à la conférence des Nations unies sur le climat, à Durban, donnent l'impulsion nécessaire à l'avancée d'un accord au sein de l'Organisation maritime internationale."

Peter Hinchliffe, secrétaire général de la Chambre internationale de la marine marchande :

"Le secteur du transport maritime se réjouit que ces importants acteurs des domaines de l'environnement et du développement reconnaissent tout l'intérêt pour l'environnement et les pays en développement que notre régulateur sectoriel, l'Organisation maritime internationale, définisse les règles de réduction du carbone applicables à tous les navires marchands, et ce dans le respect des principes établis par la convention des Nations unies sur le changement climatique."

"Si les gouvernements décident que le transport maritime doit contribuer au Fonds vert pour le climat, le secteur donnera probablement son accord de principe à condition que les détails soient décidés dans le cadre de l'OMI. Le secteur privilégie, à cet égard, un mécanisme de marché du type fonds d'indemnisation en lien avec la consommation des navires, plutôt qu'un système d'échange de quotas. 

En savoir plus

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Notes aux rédactions

[1] Amendements à l'annexe VI (prévention de la pollution atmosphérique par les navires) de la convention MARPOL, adoptés par le Comité de protection du milieu marin (MEPC) en juillet 2011 et entrant en vigueur au mois de janvier 2013.

À propos d'Oxfam
La campagne CULTIVONS d'Oxfam prône une action mondiale pour réformer un système alimentaire défaillant qui laisse 925 millions de personnes souffrir de la faim quotidiennement. Face à la raréfaction des ressources naturelles telles que la terre arable, à l'accélération du changement climatique et à la volatilité accrue des prix alimentaires, la situation risque de s'aggraver. Nous pouvons l'éviter. Découvrez comment à l'adresse www.oxfam.org/cultivons

À propos du WWF
Le WWF est l'organisation indépendante pour la conservation de la nature la plus importante et la plus expérimentée du monde. Elle compte aujourd’hui 5 millions d’adhérents et un réseau opérationnel dans 100 pays. Le WWF a pour objectif de stopper la dégradation de l’environnement dans le monde et de construire un avenir où les êtres humains pourront vivre en harmonie avec la nature :

  • en préservant la diversité biologique du globe ;
  • en garantissant une utilisation durable des ressources naturelles renouvelables ;
  • en encourageant des mesures destinées à réduire la pollution et la surconsommation.

A propos de la Chambre internationale de la marine marchande
La Chambre internationale de la marine marchande (International Chamber of Shipping, ICS) est la principale association professionnelle internationale de l'industrie des transports maritimes ; elle représente 80 % de la flotte marchande mondiale et rassemble les associations nationales d'armateurs de 36 pays. Pour en savoir plus sur les moyens de réduire les émissions dans le secteur du transport maritime, consulter www.shippingandco2.org.

Contact

Oxfam : Ben Grossman-Cohen: +27 (0)815820706 ou bgrossman-cohen@oxfamamerica.org

WWF : Ian.morrison@wwfus.org ou +1 202 372 6373

ICS : simon.bennett@ics-shipping.org ou +44 79 7756 6479