Durban : les gouvernements vont droit dans le mur des 4 degrés

Alors que commence à Durban le dernier jour des négociations sur le climat, l’issue du sommet et le sort d’un accord restent incertains. L'impact climatique catastrophique auquel le monde sera confronté si des décisions difficiles et ambitieuses ne sont pas prises dans les prochaines 24 heures est lui très clair.

Pour Kelly Dent, porte-parole d'Oxfam : « Le temps s’écoule, mais les ambitions de Durban ne peuvent pas être revues à la baisse. Les gouvernements ne doivent pas sceller le sort des populations les plus pauvres du monde avec de fausses actions. Le changement climatique dévaste déjà des millions de vies et les populations pauvres, en première ligne face à cette crise, ont besoin sans plus attendre d’une action concrète et ambitieuse ».

Les gouvernements doivent convenir d'un plan spécifique pour lutter contre le changement climatique cohérent avec l'objectif fixé par les gouvernements pour limiter le réchauffement mondial à 2°C, tout en conservant à portée de main l’objectif indispensable de 1,5°C. Ce plan doit inclure :

  1. Un accord sur une deuxième période du protocole de Kyoto, avec la signature du plus grand nombre de pays possible, comme le fondement des efforts mondiaux pour lutter contre le changement climatique.
  2. Un accord sur un agenda pour atteindre des objectifs de réduction des émissions bien plus importants et juridiquement contraignants dans le cadre d’un accord plus large. Cet accord doit assurer que de nouveaux objectifs plus ambitieux prennent effet dans les délais exigés par les scientifiques pour éviter un changement climatique catastrophique.
  3. L’activation du Fonds vert pour le climat et l’identification d’au moins une nouvelle source concrète de financement pour le faire fonctionner. L'option la plus prometteuse encore sur la table est un accord de prélèvement sur les émissions non réglementées du transport maritime international. Les femmes devront être au cœur des actions du Fonds vert.

Tout au long de la conférence, la société civile africaine et des représentants du monde entier ont envoyé un message fort et clair : le moment est venu pour les gouvernements de faire un grand pas en avant et d’agir pour protéger les personnes les plus vulnérables au changement climatique.

Sans une action urgente pour stopper les gaz à effet de serre, les rendements des cultures pourraient diminuer de plus de 50% dans certains pays africains dès cette génération ou celle de nos enfants. Les prix alimentaires mondiaux pourraient plus que doubler d'ici à 2030, et le changement climatique en serait responsable pour moitié, condamnant des millions de populations pauvres à souffrir de la faim.

Pour Kelly Dent : « Les négociateurs ne peuvent pas faire l’autruche en convenant d'un accord à tout prix. Ils doivent s'assurer que d’importantes réductions des émissions seront décidées et appliquées dès que possible ; et que de l’argent frais est mobilisé en faveur du Fonds vert pour le climat. Sans cela, l’avenir pour des millions de petits agriculteurs sera largement compromis. L'Union européenne en particulier peut montrer la voie et pousser des accords pouvant empêcher un réchauffement de quatre degrés ou plus, et les impacts catastrophiques qui en découleraient ».

En savoir plus

Oxfam au sommet des Nations unies sur le climat, Durban, Afrique du Sud

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