Sécurité alimentaire : le G8 doit proposer une initiative forte

À la veille du G8, l’organisation internationale Oxfam appelle les chefs d’État et de gouvernement en route pour Camp David à prendre des engagements politiques et financiers prévisibles et mesurables, pouvant permettre à 50 millions de personnes de sortir de la pauvreté au moyen d’une agriculture vivrière durable à l’horizon 2015.

Dans ce monde, nous sommes près d’un milliard – soit une personne sur sept – à souffrir de la faim. Une faim qui pousse les hommes à quitter leurs foyers en quête de travail, qui impose aux mères de faire un choix entre nourriture et médicaments pour leurs enfants et qui compromet le développement de toute une nouvelle génération. À Camp David, les dirigeants des huit pays les plus riches peuvent renforcer leurs précédents engagements et s’associer aux pays en développement afin de lutter de toute urgence contre la faim.

« De la Corne de l’Afrique au Sahel, des agriculteurs et des éleveurs, parmi lesquels de nombreuses femmes, travaillent sans relâche pour vaincre la faim qui sévit dans leurs communautés, se battant contre les prix élevés des denrées alimentaires, les insectes et contre les aléas météorologiques », observe Gawain Kripke d’Oxfam. « Nous espérons que cette semaine, à Camp David, les pays du G8 se porteront aux côtés des petits exploitants agricoles et des pays en développement pour combattre la faim en tenant leurs promesses passées et en prenant de nouveaux engagements pour l’avenir. »

Il y a trois ans, lors du G8 de L’Aquila en Italie, le président Obama avait réuni les pays les plus riches du monde autour de la promesse d’investir 22 milliards de dollars sur trois ans dans la mise en œuvre de plans nationaux d’action pour la sécurité alimentaire. Un certain nombre de pays ont élaboré des plans durables et coordonnés en faveur de la sécurité alimentaire et du développement de l’agriculture ; il ne leur manque plus qu’un partenaire pour pouvoir démarrer.

« Au moins 30 pays pauvres ont élaboré des plans d’amélioration de l’agriculture et de lutte contre l’insécurité alimentaire sur leur territoire, mais ils n’ont toujours pas vu la couleur des ressources promises, explique Gawain Kripke. La nécessité de distribuer les ressources du secteur public par le biais de plans nationaux demeure. Il est temps que les pays du G8 tiennent leur part du contrat et mettent l’argent sur la table. »
Des signes inquiétants indiquent que les dirigeants du G8 comptent sur le secteur privé pour compenser leurs déficits. Pourtant, il est manifestement improbable que le secteur privé puisse consentir des investissements de la nature et de l’envergure nécessaires à la réforme du système alimentaire défaillant.

« Le G8 ne doit pas céder à la tentation de considérer le secteur privé comme une panacée pour le développement sur la seule base d’hypothèses commodes et téméraires, avertit Gawain Kripke. Rien n’indique que privilégier l’engagement du secteur privé au détriment d’autres approches permettrait de lutter efficacement contre la faim. »

Le secteur privé a certes un rôle positif à jouer dans la lutte contre la faim dans le monde, mais un secteur public doté de ressources suffisantes est essentiel à la bonne marche du secteur privé. En outre, le secteur privé pèse en moyenne pour environ 5 % des budgets dans les plans nationaux existants, tout en n’y jouant absolument aucun rôle dans la plupart.

« Des groupes de la société civile africaine ont fait part de leurs inquiétudes quant à l’orientation des efforts menés par le G8 en matière de sécurité alimentaire, rappelle Lamine Ndiaye d’Oxfam. Les discours ne parlent que des petits producteurs. Pourtant, ceux-ci n’ont toujours pas été associés aux débats du G8. »

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