La crise financière met en danger l’avenir à long terme de l’Organisation mondiale de la santé

Alors que s’est ouverte la 65e Assemblée mondiale de la santé, qui a lieu à Genève cette semaine, Oxfam s’alarme du fait que le rôle de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), institution internationale de premier plan en matière de santé publique, est mis en péril du fait d'une grave crise financière et des fortes réductions d’effectifs qu’elle a entraîné.

Alors que les demandes adressées à l’OMS vont croissantes, les contributions des Etats membres chutent. Cela pourrait aboutir à une réduction de l’accès aux soins de santé pour des millions de personnes dans les pays en développement.

Selon Mohga Kamal-Yanni d’Oxfam, « la réduction continue des financements risque de se traduire par encore davantage des pertes de personnels essentiels et d’expertise. Il sera plus difficile pour l’OMS d’aider les gouvernements à renforcer leurs système de santé. »

La façon dont le budget de l’OMS est alloué aggrave la situation. Actuellement, 80% des fonds de l’OMS sont composés de contributions volontaires, qui sont affectées à des projets particuliers, alors que seulement 20% sont flexibles. Au delà, la diminution des ressources résulte en un déficit de 300 millions de dollars pour l’OMS. L’organisation est donc dans l’impossibilité de remplir ses fonctions principales, comme la recherche sur les maladies et les traitements, la fourniture de conseils techniques aux pays et le recours à des experts médicaux afin de définir des normes et des lignes directrices en matière de santé. De nombreux pays comptent sur ces activités de l’OMS pour faire fonctionner leurs systèmes de santé.

Mohga Kamal-Yanni poursuit : « Attendre de l’OMS qu’elle remplisse ses fonctions principales sans lui donner suffisamment de ressources pourrait mettre de nombreuses vies en danger ».

« La façon dont l’OMS est financée doit être fondamentalement modifiée, avec davantage de financements alloués aux priorités fixées par les Etats membres. Les dégâts risquent d’être irréversibles si l’Assemblée mondiale de la Santé ne décide pas d'un soutien urgent aux fonctions principales, qui ne peuvent attendre 2013 et l’adoption du prochain budget de l’OMS. »

Oxfam demande également aux Etats membres participant à l’Assemblée mondiale de la Santé de s’assurer que le département de l’OMS pour les médicaments essentiels reçoive des financements suffisants du budget régulier de l’OMS.

Notes aux rédactions

Mohga Kamal-Yanni est disponible pour commentaires et entrevues à Genève durant l'Assemblée mondiale de la santé cette semaine.

Pour de plus amples informations, consulter le site www.globalhealthcheck.org (en anglais).

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