Pakistan : des ressources inadéquates pour parer aux inondations qui menacent les familles

Islamabad. Selon un consortium de 51 organisations humanitaires internationales et plus de 150 autres, nationales, la capacité d’intervention du gouvernement pakistanais et des organisations humanitaires face à de nouvelles inondations sera considérablement ralentie à cause d’un manque de fonds et de réserves de matériel humanitaire limitées.

Ces organisations ont déclaré que du matériel de secours serait disponible pour une intervention immédiate, si de graves inondations venaient à survenir, mais qu’un appel de fonds serait nécessaire pour s’assurer que l’aide parvient aux plus sinistrés. Elles ont fait appel, d’une part, au gouvernement en lui demandant de fournir une assistance rapide en cas d’urgence et, d’autre part, aux donateurs, qu’elles exhortent à soutenir l’intervention du gouvernement et de la communauté humanitaire.

Mme Áine Fay, présidente de Pakistan Humanitarian Forum (PHF) et directrice pays pour Concern Worldwide, affirme que « malgré une mousson tardive cette année, on ne peut éliminer la possibilité de nouvelles inondations. La communauté internationale est prête à soutenir l’intervention d’urgence du gouvernement pakistanais en cas d’inondations, mais il est indispensable de ne pas retarder l’appel à l’aide internationale si les inondations surviennent à grande échelle. Sans fonds supplémentaires, les organisations humanitaires devront lutter pour fournir l’assistance nécessaire aux communautés en situation de vulnérabilité accrue suite aux inondations consécutives de ces deux dernières années. »

La communauté internationale soutient les efforts du gouvernement pour élaborer et mettre en œuvre cette année un plan de préparation aux inondations, à la fois au niveau provincial et fédéral. Tous les plans de préparation doivent être centrés sur la sécurité des vies humaines et des moyens de subsistance. Il est essentiel que le gouvernement demande assistance à un stade précoce, afin de minimiser la souffrance humaine et d’aider à mobiliser les ressources nécessaires à une intervention efficace.

À la suite de deux inondations catastrophiques consécutives, en 2010 et en 2011, des centaines de milliers de personnes luttent toujours pour se reconstruire et gagner leur vie. Selon M. Naseer Memon, membre du comité de direction de National Humanitarian Network (NHN), « les appels de fonds d’urgence servent les besoins immédiats des personnes touchées. Toutefois, le gouvernement, les donateurs et la communauté internationale doivent absolument garantir un soutien à long terme pour aider les communautés à se rétablir, pour redonner du travail et permettre aux personnes touchées de se remettre sur pied. »

Cet engagement envers les investissements à long terme était absent en 2011. En effet, l’appel des Nations unies pour le relèvement rapide suite aux inondations de cette même année a engendré un financement à 10 % seulement, alors que les programmes de financement et de réhabilitation se sont progressivement arrêtés après les inondations de 2010, sans avoir satisfait les besoins ciblés.

« Le Pakistan continuera de perdre ce qu’il aura gagné en termes de développement si l’on n’investit pas dans les mesures nécessaires à la réduction de l’impact des catastrophes. Nous apprécions l’engagement du gouvernement à cette cause mais il est grand temps que les politiques ne soient pas seulement mises sur papier, mais soient surtout mises en œuvre de manière urgente à travers le pays, afin de protéger les vies humaines, la dignité, les moyens de subsistance et les ressources limitées », affirme M. Arif Jabbar Khan, directeur pays d’Oxfam au Pakistan.

Selon le Rapport économique 2011-2012 du Pakistan, les inondations de 2011 dans les provinces du Sindh et du Balouchistan ont entraîné des pertes équivalentes à 3,4 milliards de dollars dans le domaine des infrastructures, de l’agriculture, de l’éducation, de la santé et du logement. La reconstruction suivant les inondations de 2010 s’élevait à 10 milliards de dollars, et ces pertes auraient pu être évitées en grande partie par la mise en œuvre de stratégies de réduction des risques de catastrophes. La Banque mondiale et la Banque asiatique de développement estiment qu’un investissement de seulement 27 millions de dollars suivi de compensations annuelles pour réduire les risques de catastrophes pourrait minimiser les pertes de façon considérable.

Notes aux rédactions

  1. Le Pakistan Humanitarian Forum (PHF) a été fondé en 2003 pour coordonner et renforcer les efforts d’ONG internationales qui opèrent dans le domaine de la gestion des risques de catastrophes. Cette organisation comprend 51 ONG internationales majeures qui agissent au Pakistan.
  2. Oxfam est une confédération internationale de 17 organisations qui, dans le cadre d’un mouvement mondial pour le changement, travaillent en réseau dans 92 pays à la construction d’un avenir libéré de l’injustice qu’est la pauvreté.
  3. Le National Humanitarian Network (NHN) est un consortium de plus de 150 ONG qui visent à fournir une aide humanitaire aux personnes dans le besoin au Pakistan.

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Bisma Akbar, coordinatrice des médias chez Oxfam, au +92 345 696 9902 ou à l’adresse bakabar@oxfam.org.uk

Cate Heinrich, conseillère en plaidoyer et en communications, PHF, au +92 345 500 7256 ou à l’adresse cate.heinrich@pakhumanitarianforum.org

En savoir plus

L'intervention d'Oxfam après les inondations au Pakistan en 2010 et 2011