Le FMI et la Banque mondiale doivent soutenir les pays pauvres souffrant de la volatilité des prix alimentaires et de la crise de l’euro

Alors que s’ouvrent les assemblées annuelles de la Banque mondiale et du FMI à Tokyo, l’organisation internationale Oxfam insiste sur la nécessité que ces institutions renforcent l’aide aux pays en développement touchés non seulement par la flambée des prix alimentaires, mais aussi par les retombées de la crise financière de l’Europe.

Tandis que les prix alimentaires mondiaux flirtent avec les niveaux record de 2008-2009, le ralentissement économique de l’Europe et des États-Unis plombe les revenus des pays pauvres. Pire, la montée des prix alimentaires menace d’aggraver le phénomène d’accaparement des terres dans les pays en développement, face à une accélération de la course aux ressources naturelles. Oxfam a appelé la Banque mondiale à geler ses investissements dans les terres agricoles le temps qu’elle revoie ses pratiques en matière de prévention des accaparements de terres et fixe des normes d’investissement plus strictes.

« Face à la montée des prix alimentaires, les investisseurs font main basse sur d’immenses étendues de terres, explique Elizabeth Stuart, porte-parole d’Oxfam. Ces dix dernières années, une superficie égale à six fois celle du Japon a été vendue dans les pays en développement. Trop souvent, ces transactions relèvent d’accaparements de terres impliquant l’expulsion de personnes vivant dans la pauvreté, sans consultation ni compensation.

« La Banque mondiale doit contribuer à garantir la protection des moyens de subsistance et des ressources alimentaires des populations pauvres. En tant qu’investisseur et conseiller auprès des pays en développement, elle peut permettre d’éviter que de pauvres gens ne soient chassés de leurs terres sans consultation ni dédommagement. »

Le président de la Banque mondiale, Jim Yong Kim, a annoncé que les réunions de Tokyo accorderont une large place à la montée des prix alimentaires, à l’impact du changement climatique sur l’agriculture dans le monde entier et à la crise de la dette dans la zone euro.

Elizabeth Stuart s’en réjouit : « Ce sont les questions à aborder. La volatilité des prix alimentaires, l’amputation de l’aide publique au développement et la réduction des flux de capitaux touchent durement les pays pauvres. »

Selon les calculs d’Oxfam, une désintégration de la zone euro pourrait générer un manque à gagner de 30 milliards de dollars en termes d’échanges commerciaux et d’investissements étrangers pour les pays les plus pauvres du monde. Une telle perte entraînerait ceux-ci dans une spirale à la baisse des recettes d’exportation, ce qui endommagerait leurs économies et accentuerait la pression sur les ressources déjà limitées qu’ils consacrent aux services sociaux. Le FMI a averti que les pays à faible revenu ont épuisé leurs réserves budgétaires.

Et Elizabeth Stuart d’ajouter : « Le FMI doit prêter son concours aux gouvernements des pays en développement afin de leur assurer une marge de manœuvre pour augmenter les dépenses d’éducation et de santé, un facteur essentiel de stabilité sociale et un levier de la lutte contre les inégalités de revenus comme de la croissance. »

En savoir plus

A vous d'agir : Pour mettre un terme aux accaparements de terre, signez la pétition adressée à la Banque mondiale

Rapport : Notre terre, notre vie : halte à la ruée mondiale sur les terres

Communiqué : La désintégration de la zone euro coûterait 30 milliards de dollars aux pays les plus pauvres

Notes aux rédactions

  • Des experts d’Oxfam se tiennent à disposition aux réunions de Tokyo pour en commenter et analyser le déroulement en français, anglais, japonais et arabe.
  • Dans son nouveau rapport intitulé « Notre terre, notre vie », Oxfam signale que plus de 60 % des investissements étrangers dans des terres agricoles, réalisés entre 2000 et 2010, ont eu lieu dans des pays en développement aux prises avec la faim.

Contact

Pour de plus amples informations, contacter : Caroline Hooper-Box

  • caroline.hooper-box@oxfaminternational.org
  • Tél. aux États-Unis : +1 202 321 2967 
  • Tél. à Tokyo : 080-6849-1653