République démocratique du Congo : l’Union africaine doit mener la sortie de crise qui frappe l’est du pays

Alors que des centaines de milliers de personnes continuent de vivre dans la peur des attaques, les dirigeants africains se réunissent à l’occasion du sommet de l’Union africaine.

Selon Oxfam, il s’agit d’une opportunité clé que les dirigeants doivent saisir afin de faire de la paix une priorité.

Les dirigeants qui arrivent au sommet de l’Union africaine se tenant à Addis Abeba, doivent saisir l’opportunité pour faire avancer la paix à l’est du Congo, déclare l’organisation d’aide internationale Oxfam. Face à la souffrance humaine qui frappe la région, Oxfam appelle l’Union africaine à accélérer sa réponse et à agir de façon urgente.

Depuis que le groupe armé M23 s’est retiré de Goma, après s’être emparé de la ville en novembre dernier, l’attention internationale n’a cessé de diminuer. Cependant les populations continuent de fuir les attaques qui frappent leurs villages et les extorsions quotidiennes commises par plus de 25 groupes armés. Dans le Nord Kivu, plus de 910 000 personnes sont toujours déplacées, avec un accès réduit aux services essentiels et une sécurité très limitée.

Desire Assogbavi, directeur du bureau d'Oxfam auprès de l’Union africaine souligne : « Les années de politiques internationales élaborées à destination de l’est de la République démocratique du Congo n’ont pas permis l’arrêt des souffrances subies par les populations. Il est temps que l’Union africaine intervienne. Les prochains jours représentent une opportunité majeure pour les dirigeants de notre continent, qui permettrait de mettre fin à cette crise inacceptable. Les vies de centaines de millions de citoyens africains sont en jeu. »

Un climat de terreur

Une récente évaluation d’Oxfam effectuée dans les environs de la ville de Masisi, qui se situe dans la province du Nord-Kivu, a montré que des dizaines de milliers de personnes vivent dans la terreur.

Les conditions sanitaires se dégradent : les points d’eau et les infrastructures ont été détruits, ce qui favorise la propagation du choléra et d’autres maladies. Les combats en cours empêchent également le travail des ONG et influent sur la qualité de l’aide apportée par les organisations.

Plusieurs douzaines de camps de réfugiés se concentrent actuellement dans la région du Nord Kivu, tous constitués après que les populations ont fui afin d’éviter les attaques menées par les groupes armés. Pour faire face à la situation, Oxfam augmente ses opérations à Rubaya où près de 40 000 personnes sont actuellement abritées dans un camp n’ayant pas d’accès à l’eau potable. Oxfam souligne que 150 000 personnes déplacées vivent toujours dans des camps situés aux alentours de Goma.

L’organisation rappelle que l’Union africaine devrait appuyer et encourager la conférence internationale pour la région des Grands Lacs afin qu’elle puisse trouver une solution diplomatique face au conflit.

Une chance pour la paix

« En dépit de la souffrance qui frappe la région, il s’agit là d’une réelle opportunité pour la paix et pour une stabilisation politique. Il est indispensable que l’Union africaine saisisse cette chance. Nos dirigeants doivent envoyer un message d’espoir et de paix aux centaines de milliers de personnes déplacées à travers l’est de la République démocratique du Congo. L’Union africaine doit tirer des leçons du passé et s’assurer que les accords représenteront davantage que de simples mots sur le papier et ce en s’attaquant aux sources mêmes du conflit qui n’ont de cesse de contribuer au délabrement de l’Afrique depuis vingt ans », ajoute Desire Assogbavi.

Oxfam demande à ce que les accords prennent en compte la voix des citoyennes et citoyennes congolais : leurs opinions font parties intégrantes du processus de résolution de la crise. L’Union africaine doit s’intéresser aux problèmes sous-jacents qui alimentent le conflit – tels que le manque de gouvernance, le besoin urgent de reformer l’armée congolaise qui échoue dans la protection de ses civils et la nécessité de renforcer les relations régionales. Les avancées positives potentielles ayant pu découler du Pacte de 2006 sur la paix, la sécurité, la stabilité et le développement dans la région des Grands Lacs n’ont pas été entièrement appliquées et doivent être redynamisées, déclare Oxfam.

En tant que plus grand pays de l’Afrique subsaharienne, l’impact de cette crise a des conséquences pour la stabilité du reste du continent. Plus de 50 000 réfugiés congolais sont toujours abrités dans des camps en Ouganda ou au Rwanda et des milliers de personnes supplémentaires ont traversées la frontière au cours des dernières semaines.

Notes aux rédactions

Vidéo : Louis Bélanger, Chargé média sur les questions humanitaires, détaille la situation au camp de Mugunga, République démocratique du Congo

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