Une nouvelle coalition contre les bas salaires dans l’industrie du thé

Une nouvelle coalition constituée de fabricants de thé, d’organisations non gouvernementales et d’organismes de certification pointe aujourd’hui du doigt les problèmes systémiques qui bloquent les bas salaires dans le secteur du thé.

Les membres de cette coalition se sont engagés à collaborer avec d’autres parties prenantes clés, dont les producteurs de thé, les pouvoirs publics, les détaillants et les syndicats, afin de trouver une solution à une problématique complexe et difficile.

Un nouveau rapport intitulé Comprendre les questions salariales dans l’industrie du thé, publié aujourd’hui par Oxfam et l’Ethical Tea Partnership, évalue la rémunération et les avantages perçus par la main-d’œuvre dans les plantations de thé au Malawi, en Inde et en Indonésie.

Il en ressort que, au Malawi, le montant cumulé du salaire et des avantages des cueilleurs de thé – hommes et femmes – correspond approximativement à la moyenne pour le pays, mais à environ la moitié seulement du seuil de pauvreté de 2 dollars par personne et par jour, établi par la Banque mondiale. Dans l’Assam, en Inde, les cueilleurs de thé gagnent à peine plus que le seuil de pauvreté de la Banque mondiale et un peu moins que le salaire indien moyen. Au Java occidental, en Indonésie, les revenus des cueilleurs se situent bien au-dessus du seuil de pauvreté, mais ne représentent que le quart de ce que la population indonésienne gagne en moyenne. Dans tous les cas, les salaires des travailleuses et travailleurs respectent les obligations légales en la matière.

Des problèmes systémiques

Les recherches ont mis en évidence une série de problèmes systémiques bloquant les bas salaires, notamment :

  • La rémunération de la main-d’œuvre est fixée au niveau national ou régional, et non des plantations, par rapport au salaire minimum légal. Or celui-ci est souvent inférieur à ce qui serait nécessaire pour couvrir les besoins essentiels des ménages.
  • L’histoire et la structure du secteur expliquent que, dans certains pays, les avantages en nature comme le logement constituent une part importante des revenus de la main-d’œuvre. L’offre et la qualité de tels avantages peuvent toutefois varier considérablement d’une plantation à l’autre.
  • La majorité des travailleurs, notamment les femmes, pèsent peu dans les négociations salariales.
  • Les salaires sont influencés par les politiques des administrations régionales qui visent à maximiser l’emploi rural. Ces politiques fixent les effectifs des plantations, ce qui limite la capacité des producteurs à gérer leur productivité et leurs coûts avec efficacité.

Les recherches ont montré que dans les plantations certifiées par Fairtrade International, la Rainforest Alliance et UTZ Certified, les salaires se situent au même niveau que dans les plantations non certifiées. En effet, les critères de certification relatifs à la main-d’œuvre des plantations portent sur le respect des exigences légales minimales en matière de salaires. La certification est un instrument important qui a contribué à améliorer les moyens de subsistance des petits producteurs dans le monde et apporte aux travailleuses et travailleurs une série d’avantages qui ne sont pas étudiés dans ce rapport.

Des plans d'action avec l'ensemble des acteurs

Ayant adopté les conclusions du rapport, les membres de la coalition s’efforceront, dans leurs sphères d’influence respectives, de rallier d’autres organisations au projet et définiront la prochaine phase autour des axes d’action suivants :

  • Collaboration avec les parties prenantes nationales à l’élaboration de plans d’action propres à chaque pays, visant à relever les bas salaires et à lutter plus généralement contre la pauvreté dans les communautés productrices de thé.
  • Poursuite du dialogue avec les prescripteurs et les principales parties prenantes dans les pays, y compris les producteurs de thé, les syndicats, les pouvoirs publics et les détaillants, afin d’assurer une compréhension plus approfondie et plus globale des enjeux et des défis posés dans le rapport. 
  • Renforcement des processus de certification. Fairtrade International, la Rainforest Alliance et UTZ Certified se sont engagés à renforcer leurs normes salariales, mais aussi les processus de mise en œuvre de ces normes.

« Quelle que soit leur taille et leur puissance, les fabricants de thé ou les organismes de certification ne peuvent pas, à eux seuls, venir à bout des obstacles profonds et complexes à un salaire minimum vital, déclare Stephen Hale, porte-parole de la campagne CULTIVONS. La meilleure chance que nous ayons d’en finir avec les salaires de misère est que l’ensemble des parties prenantes – producteurs, pouvoirs publics, détaillants, syndicats, entreprises et organismes de certification – travaillent de concert pour trouver une solution. Nous sommes ravis que cette dynamique se soit mise en place et nous continuerons à appuyer sa progression. La campagne CULTIVONS d’Oxfam vise à construire un système alimentaire équitable pour tout le monde, y compris les travailleuses et les travailleurs qui produisent la boisson la plus prisée au monde. »

Selon Sarah Roberts, directrice générale de l’Ethical Tea Partnership, « ce projet s’est déjà avéré très utile pour améliorer la connaissance des facteurs qui influencent la rémunération de la main-d’œuvre dans les plantations de thé. Cela nous fournit à tous une base plus solide pour relever les défis qui nous attendent. Ces premiers travaux apportent beaucoup d’éléments qui nous permettront de progresser et, notamment, de renforcer cette coalition hétéroclite d’organisations intéressées et souhaitant collaborer. Il nous faudra pour cela unir tous nos efforts. À l’Ethical Tea Partnership, nous continuerons à mettre à profit notre expertise, rassemblant les influences et nouant des relations au sein et à l’extérieur de la chaîne d’approvisionnement en thé, afin de renforcer l’impact du travail que nous accomplissons tous pour améliorer les conditions de vie des travailleuses et travailleurs du secteur du thé. »

Notes aux rédactions

  • Le rapport Comprendre les questions salariales dans l’industrie du thé est disponible dans son intégralité.
  • Ce rapport a été élaboré par Oxfam et l’Ethical Tea Partnership, avec le soutien financier de la Sustainable Trade Initiative (IDH) et d’Unilever. Le projet a également reçu l’appui de la Fairtrade International Organisation (FLO), de la Rainforest Alliance et d’UTZ Certified.
  • Le seuil de pauvreté est le revenu minimum jugé nécessaire pour atteindre un niveau de vie correct dans un pays donné. Le seuil de pauvreté fixé par la Banque mondiale est actuellement établi à 2 dollars PPA (parité de pouvoir d’achat) par personne et par jour.
  • Dans le cadre de sa campagne CULTIVONS, Oxfam milite pour qu’il soit remédié aux failles de notre système alimentaire.
  • L’Ethical Tea Partnership est une organisation à but non lucratif réunissant des fabricants de thé qui se sont engagés à améliorer les conditions de vie de la main-d’œuvre du secteur du thé. Sont membres : Ahmad Tea, All About Tea, Bell Tea, Betty’s and Taylors of Harrogate Ltd, Bigelow, Booths, DE Master Blenders 1753, DJ Miles & Co Ltd, Imperial Tea Court, Imporient UK Ltd, Intertee, Jing tea, Mars Drinks, Metropolitan Tea Co, Mother Parkers Tea & Coffee Inc, Newby Teas, Ostfriesiche Tee Gesellschaft, Reginald Ames Ltd, The Republic of Tea, Ringtons, Tazo Tea, Tea Ltd, Tea Monkey, The Tetley Tea Group Ltd, Twinings, United Coffee et Windmill. 
  • L’International Trade Initiative (IDH) – Sustainable Trade Initiative accélère le développement du commerce équitable en favorisant la création de coalitions qui regroupent des multinationales, des organisations de la société civile et des organismes gouvernementaux, entre autres parties prenantes.
  • Pour en savoir plus sur la certification éthique, consulter les sites www.fairtrade.net, www.utzcertified.org et www.rainforest-alliance.org

Contact

Pour de plus amples informations, merci de bien vouloir contacter :

  • Oxfam : Anna Ratcliff / anna.ratcliff@oxfaminternational.org / +44 7796 993288 ou +44 1865 339157
  • Ethical Tea Partnership : Sarah Roberts / sarah.roberts@ethicalteapartnership.org / +44 7824622384 or +44 207 953 7665

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