Recommandations d’Oxfam au Président Obama sur les questions à aborder lors de sa visite en Afrique

Oxfam encourage le Président Obama, ainsi que les leaders africains, à s’engager résolument à soutenir la transformation des institutions africaines en modèles de transparence et de redevabilité étant donné que le continent enregistre des pertes de milliards de dollars provenant notamment de l’aide et de l’exploitation pétrolière, gazière et minière. Celles-ci affectent des millions de vies.

Le périple du Président qui le conduira respectivement au Sénégal, en Afrique du Sud et en Tanzanie, sera l’occasion d’aborder la question du développement économique durable du continent, a dit Raymond C. Offenheiser, président d’Oxfam Amérique (Etats-Unis).

Des ressources qui ne profitent pas aux populations

Au cours de la prochaine décennie, plus de 1 000 milliards de dollars de capitaux issus de l’exploitation des ressources naturelles sortiront de l’Afrique. Actuellement, l’Afrique exporte du pétrole, du gaz et des minéraux pour une valeur annuelle de plus de 300 milliards de dollars, soit quatre fois plus que le montant de l’aide qu’elle reçoit. Cependant, cet argent n’est pas utilisé pour construire des routes, des écoles et des hôpitaux pour le bien du peuple africain. En réalité, l’activité extractive, qui est en pleine expansion ne profite pas aux populations. Par exemple, les habitants de Kédougou, au Sénégal, vivent dans une région d’exploitation aurifère de grande échelle, mais les membres de la communauté ne profitent pas pleinement des richesses dont regorge leur terroir.

Des millions de personnes vivant dans les environs des sites d’exploitation pétrolière et minière, tels que les résidents de Kédougou, se battent pour survivre avec moins de 2 dollars par jour. Il y a des risques que les ressources naturelles ne soient pas synonymes d’opportunités, mais de malédiction donnant lieu à des dommages environnementaux, des pertes de terres et à des violations des droits de l’homme.

Vers plus de transparence

« Les Africains ont le droit de connaître les revenus perçus auprès des sociétés pétrolières et minières et d’être informés sur leur utilisation. Il est temps de donner l’exemple », a poursuivi M. Offenheiser.

« Le Président Obama devrait publiquement annoncer la date à laquelle sa propre administration compte divulguer les informations relatives à l’aide américaine et ainsi ouvrir la voie vers la transparence institutionnelle. En tant que l’un des plus grands donateurs au monde, les États-Unis ne devraient pas faire partie des moins transparents. »

Souleymane Zeba, directeur régional d’Oxfam en Afrique de l’Ouest a renchéri en affirmant que « les ressources générées par le secteur extractif devraient servir à renforcer la résilience des communautés locales contre les chocs liés au changement climatique et à l’insécurité alimentaire, en particulier au Sahel, une région où les crises alimentaires sont récurrentes ».

Initiative alimentaire pour l'avenir

Selon M. Offenheiser, le potentiel de l’agriculture est loin d’être pleinement exploité en Afrique ; il pourrait l’être grâce à des investissements judicieux.
« L’Initiative alimentaire pour l’avenir [Feed the Future], lancée par le Président Obama, reconnaît le rôle essentiel que peut jouer l’agriculture dans la stimulation de la croissance économique et la réduction de la pauvreté. Toutefois, des initiatives telles que la Nouvelle alliance pour la sécurité alimentaire et la nutrition, qui promeut l’investissement du secteur privé dans des pays africains choisis, ne doivent pas détourner l’attention de l’aide au développement dont ce secteur a grandement besoin, souligne M. Offenheiser. Le Président doit prendre en considération les préoccupations légitimes soulevées par la société civile relativement à cette initiative. »

Un apport primordial dans la lutte contre le VIH/Sida

« Le soutien du Président Obama à nos interventions en faveur de la lutte contre le VIH/Sida a été d’un apport inestimable pour les efforts déployés par l’Afrique du Sud en vue de réaliser son ambition de construire une Afrique du Sud démocratique qui accorde la priorité au peuple », a par ailleurs précisé Allan Moolman, directeur pays d’Oxfam en Afrique du Sud.

Notes aux rédactions

Contact

Washington, DC (Etats-Unis) : Laura Rusu +1 202-459-3739 ou lrusu@oxfamamerica.org
Dakar (Sénégal) : Aliou Bassoum + 77 656 79 12 ou abassoum@oxfamamerica.org
Johannesburg (Afrique du Sud) : Rulleska Singh +27 11 223 2440 ou RSingh@oxfam.org.uk

Sur le même sujet

Rapport : Lever la malédiction des ressources : comment les pauvres peuvent et devraient profiter des revenus des industries extractives (nov. 2009)

Enjeux : Les accaparements de terres