L'impact désastreux du changement climatique sur la sécurité alimentaire mondiale

Alors que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du Climat (GIEC) s’est ouvert lundi 23 septembre, à Stockholm, les travaux en vue de la publication de son dernier rapport sur le changement climatique, Oxfam publie une nouvelle étude – Un bouleversement croissant – qui montre les impacts dévastateurs du changement climatique sur la sécurité alimentaire des pays en développement.

A l’heure où une personne sur huit souffre de la faim dans le monde et où la demande alimentaire mondiale ne cesse de s’accroître, le rapport indique que l’impact du changement climatique ne se limitera pas à la production agricole. Il est susceptible d’entraîner une baisse de la qualité des denrées alimentaires, de dégrader la santé des agriculteurs, de participer à l’augmentation le prix des denrées alimentaires, et de déstabiliser les revenus tirés de l’activité agricole.

Selon Oxfam, le prix moyen des aliments de base va probablement plus que doubler dans les 20 prochaines années par rapport à ceux de 2010. La moitié de cette augmentation sera provoquée par le changement climatique. Les populations les plus pauvres, qui consacrent jusqu’à 75% de leur budget à la nourriture, seront directement impactées.

« S’il est de plus en plus évident que l’homme est responsable du changement climatique, nous sommes également de mieux en mieux informés de la façon dont les gens sont impactés, en particulier concernant l’accès à la nourriture. Nous savons depuis longtemps que le changement climatique se traduira par une perte des récoltes. Mais il entraînera aussi une hausse des prix des denrées alimentaires, une baisse des revenus des petits agriculteurs, des problèmes de santé et des aliments de qualité inférieure », explique Tim Gore, porte-parole de la campagne CULTIVONS d’Oxfam.

Le rapport dresse notamment un bilan des effets du changement climatique sur la sécurité alimentaire et prévoit qu’ils vont s’aggraver et devenir plus fréquents tant dans les zones urbaines que dans les zones rurales :

  • En 2012, le Midwest américain a connu la pire sécheresse en 50 ans, ce qui a réduit la récolte de maïs attendue de 25% et participé à l’augmentation à des prix du maïs dans le monde, en hausse de près de 40% ;
  • Au-delà d’un réchauffement global de 2 degrés, la production agricole de l’Afrique subsaharienne pourrait décroître de 20% à 30% d’ici à 2080. Ces chiffres pourraient atteindre 50% au Soudan et au Sénégal ;
  • Une étude récente indique que les effets du changement climatique avaient largement accentué la sécheresse de 2011 en Afrique de l’Est, qui a touché plus de 13 millions de personnes et causé la famine somalienne ;
  • Au Pakistan, les inondations dévastatrices de 2010 ont détruit plus de 570 000 hectares de terres cultivées dans le Pendjab et touché plus de 20 millions de personnes. 80% des réserves alimentaires ont été perdues. Ces inondations ont entrainé la destruction de cultures et la noyade d’animaux, avec pour conséquences que non seulement les gens n’avaient plus de quoi se nourrir, mais également qu’ils n’avaient plus rien à échanger pour acheter de la nourriture lorsque cela est redevenu possible. Ces inondations ont entrainé une énorme réduction, à hauteur de 75%, du revenu des ménages touchés.

« Nous voulons un monde dans lequel chacun bénéficie du droit à une alimentation suffisamment nutritive et abordable. Nous ne pouvons pas laisser le changement climatique nous dévier de cet objectif », conclut Tim Gore.

« Les dirigeants réunis cette semaine autour du GIEC doivent se rappeler qu’un monde qui se réchauffe est un monde qui affame les gens. Les gouvernements doivent agir rapidement afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre et financer la construction d’un système alimentaire durable. »

Notes aux rédactions

  • Le premier des quatre volets du cinquième rapport d’évaluation (AR5) du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sera lancé le vendredi 27 Septembre. C’est le premier rapport d’évaluation du GIEC depuis 2007, année où le GIEC a reçu le prix Nobel de la paix. Le premier volet étudie les éléments scientifiques issus des recherches sur le climat dans le monde.
  • Le rapport est disponible à l'adresse suivante : http://www.oxfam.org/fr/cultivons/policy/bouleversement-croissant
  • Dans son rapport, Oxfam reconnait quatre piliers de la sécurité alimentaire mondiale : disponibilité, accès, utilisation et stabilité.
  • Selon des statistiques de 2011 publiées dans le rapport Oxfam Cultiver un avenir meilleur, le prix moyen des aliments de base va probablement plus que doubler dans les 20 prochaines années par rapport à la tendance des prix de 2010 - avec près de la moitié de cette augmentation provoquée par le changement climatique.

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Tim Gore est présent à Stockholm jusqu'au vendredi 27 septembre inclus et disponible pour des interviews et briefings.