Davantage d’investissements sont nécessaires pour réduire les inégalités entre les hommes et les femmes dans le monde rural au Tchad

A l’occasion de la publication d’un livret de plaidoyer conjoint intitulé « 6 réalités sur les inégalités entre les hommes et les femmes dans le monde rural au Tchad » les organisations AFP, APLFT, CELIAF, CNCPRT et Oxfam appellent à plus d’investissements pour réduire les inégalités entre les hommes et les femmes dans le monde rural au Tchad.

Selon ce document, même si les femmes rurales tchadiennes représentent environ 40% de la population du pays et sont des piliers de la production agricole et de la sécurité alimentaire, elles subissent encore de nombreuses inégalités au quotidien, en termes de revenus, de charge de travail, de vulnérabilité liée aux crises alimentaires, d’accès au crédit, à la propriété foncière, au matériel et à la formation agricole, à l’éducation, à des postes de décisions, etc.

Des écarts significatifs

Sur la base de données chiffrées et de témoignages de femmes rurales tchadiennes collectés dans diverses régions du pays, le document met en exergue les écarts significatifs existant entre les femmes et les hommes dans le monde rural au Tchad, et propose une série de recommandations pour améliorer la situation.

Selon Dembeté Robertine, présidente du collège des femmes du CNCPRT et lauréate du prix de la femme rurale Tchad 2001, « il est crucial d’investir dans le potentiel des femmes rurales, de renforcer leurs capacités et leur autonomisation afin de bénéficier à la sécurité alimentaire et au développement de tous les Tchadiens ».

Promouvoir une vision positive

A travers cette publication, les cinq organisations susmentionnées ont pour objectif de promouvoir une vision positive de la femme rurale tchadienne comme pilier de la sécurité alimentaire et du développement rural, et également de donner la parole à la femme rurale tchadienne pour parler des inégalités qu’elle subit et de ses besoins concerts.

« La voix des femmes rurales n’est que trop rarement entendue. Cela est due à la persistance des pratiques culturelles et traditionnelles néfastes, mais aussi à l’insuffisance de politiques publiques et de législation efficaces en matière de promotion du genre », explique Marie Larlem, coordinatrice de l’APLFT.

Une prise de conscience collective

« Nous espérons que ce travail contribuera à une prise de conscience collective et individuelle de la nécessité d’un changement de perceptions, mais aussi de pratiques et de politiques en faveur de la femme rurale, pour lequel nous invitons chaque acteur à jouer pleinement son rôle », déclare Abakar Mahamat Ahmat, directeur pays d’Oxfam au Tchad.

En octobre dernier, les cinq organisations avaient déjà publié une déclaration conjointe à l’occasion de la Journée Internationale de la Femme rurale (JIFR), dans laquelle elles avaient exprimé un hommage public à la femme rurale tchadienne comme pilier de la sécurité alimentaire, et appelé les acteurs concernés (Etat tchadien, bailleurs, ONG, etc.) à se mobiliser.

Notes aux rédactions

Cet appel est soutenu par les organisations suivantes :

  • Oxfam est présente au Tchad depuis plus de 45 ans et intervient actuellement dans 18 régions du pays à travers ses différents programmes d’urgence et de développement, et ses partenaires. Oxfam vient ainsi en aide à des milliers de femmes rurales à travers ses activités et son plaidoyer, en particulier le programme « droits des femmes ». 
  • Créée en 2003, Africa Femmes Performantes (AFP) est une association internationale des femmes africaines avec des représentations dans tout le continent. Elle a initié le premier congrès destiné à promouvoir et à développer l’entreprenariat des femmes africaines à travers le monde. Ce congrès a rassemblé des Africaines de talents qui participent activement à l’émergence d’une nouvelle Afrique. Elle s’était fixée comme objectifs de lutter pour l’émancipation de la femme africaine et favoriser l’unité et la coopération entre les Etats africains et de construire un véritable réseau d’échanges basé sur les accords de partenariat économique. Au Tchad, une coordination nationale a été installée en novembre 2011. Le réseau Africa Femmes Performantes Tchad est constitué des groupements et associations des femmes dans les vingt régions du Tchad qui luttent pour développer leurs capacités économiques et commerciales. Ce sont des femmes qui tiennent de petites activités génératrices de revenus et qui entendent évoluer et s’épanouir dans leurs domaines respectifs, mais aussi des femmes qui produisent des matières premières que d’autres transforment localement. La coordination nationale AFP/T entend appuyer ces femmes, grâce au partenariat qu’elle développe avec les organisations nationales et internationales qui appuient le mouvement économique et social des femmes.
  • L’Association pour la Promotion des libertés Fondamentales (APLFT) est une association de promotion et de défense des droits humains et libertés fondamentales, apolitique ayant une existence légale depuis le 29 juin 1992. L’APLFT intervient pour l’essentiel, dans des situations liées aux droits et aux libertés fondamentales. Ces domaines prioritaires concernent les droits de la femme, de l’enfant, le soutien judiciaire, la formation pour une citoyenneté responsable et la surveillance du respect des droits de l’Homme. L’APLFT est implantée dans la quasi-totalité des grandes villes et campagnes du pays. L’APLFT a pour vision de « devenir une des organisations non étatique qui aura contribué à faire du Tchad un Etat où les droits de l’Homme sont mieux respectés, une meilleure gouvernance pratiquée, les libertés fondamentales assurées et les citoyens connaissent leurs droits et devoirs » et pour mission de « contribuer à l’avènement d’un véritable Etat de droit, de démocratie par la promotion des libertés fondamentales, la défense des droits humains, la culture citoyenne et une meilleure gouvernance au Tchad ». L'APLFT s'est fixé trois principaux objectifs : faire des Tchadiens des citoyens qui connaissent leurs droits et devoirs et les défendent ; faire connaître et respecter les droits de l’Homme au Tchad ; contribuer à l’exercice effectif des droits et devoirs sur le territoire tchadien. Ses valeurs et croyances sont fondées sur : le respect de la dignité de la personne humaine et l’égalité entre les hommes et les femmes ; la promotion de la culture démocratique ; la promotion du dialogue et la non violence ; la créativité, l’imagination, l’innovation, la recherche de l’excellence et de la performance dans le travail.
  • La Cellule de liaison et d’information des associations féminines (Celiaf) est une association de droit tchadien créée en novembre 1996. Son but est de développer et de renforcer la collaboration entre l’Etat, les partenaires et les organisations en vue d’assurer la défense des intérêts particuliers des femmes au Tchad. La Celiaf compte à nos jours dix antennes dans dix régions du Tchad et regroupe en son sein plus de 450 organisations avec un effectif d’environ 14 000 membres. La Celiaf aspire à une société juste, basée sur l’égalité et l’équité dans laquelle les femmes et les hommes vivent en harmonie dans un processus de développement.
  • Le CNCPRT, Conseil National de Concertation des Producteurs Ruraux du Tchad, est une organisation paysanne d’envergure nationale regroupant environ 56 480 groupements de producteurs ruraux du Tchad répartis dans 18 régions sur les 22 que compte le pays. Son lancement est intervenu en juin 2002 à l’initiative d’une soixantaine de représentants d’organisations de producteurs. Son principal objectif est d’assurer un développement socio-économique et culturel durable aux producteurs ruraux. Le CNCPRT est doté d’un Collège des Femmes, et met actuellement en œuvre un projet de renforcement du leadership féminin pour 2013-2014, en partenariat avec Oxfam.

Contact

Pour des informations complémentaires, veuillez contacter :

Mahamat Ibrahim Saleh, Oxfam, Ndjamena : medmgrtd@intermonoxfam.org / +235 66 20 28 45

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