2 millions de voix pour soutenir l’agriculture africaine

Du 20 au 27 juin 2014, les chefs d’Etats et de gouvernements de l’Union Africaine se réunissent, à Malabo, autour du thème central l’agriculture et la sécurité alimentaire en Afrique. Ce 23sommet est une belle occasion de revisiter leurs engagements pris en 2003 en faveur de l’agriculture. En effet, dix ans après Maputo et la résolution des chefs d’Etats africains d’investir au moins 10% des budgets nationaux dans l’agriculture, seuls 8 pays ont respecté leur engagement de manière continue (Burkina Faso, Niger, Guinée, Sénégal, Mali et Ghana en Afrique de l'Ouest).

A la veille de ce sommet, plus de 2 millions de citoyens africains appellent, à travers une pétition, l’Union Africaine, à  « investir dans nos agriculteurs, nos élevages, notre alimentation et notre avenir ». Des artistes ouest africains ont également joint leurs voix pour célébrer les paysans et offrir un hymne à l’année internationale de l’Agriculture familiale. Eux aussi rappellent aux chefs d’Etat leurs promesses et la nécessité de passer à l’action. Selon Baaba Maal, « c’est en renforçant notre agriculture que nous pourrons éviter les crises alimentaires sévères telles que celle qui a frappé le Sahel en 2012 ».

En Afrique, plus de 223 millions de personnes souffrent de la faim alors que les producteurs et les éleveurs clament leurs capacités à nourrir le continent si les conditions sont réunies. Dans des pays comme le Burkina Faso, l’agriculture emploie jusqu’à 92 % de la population selon la récente étude de ONE et contribue pour 34% au PIB. Par ailleurs, la contribution moyenne de l’élevage au PIB agricole régional est de l’ordre de 40%. Investir fortement et qualitativement dans l’agriculture en Afrique est 11 fois plus efficace pour réduire la pauvreté que dans d’autres secteurs et entraînerait, dès lors, un changement durable dans la vie de millions d’Africains (FAO). 

« Pour une agriculture performante, des investissements conséquents à travers des budgets transparents sont nécessaires. Les gouvernements qui n’ont pas encore atteint les 10% doivent le faire dans les meilleurs délais. Tous les pays devraient identifier des mécanismes adéquats pour mobiliser les ressources domestiques en faveur de l’agriculture », affirme Mohamed Lamine Ndiaye, responsable panafricain de la campagne CULTIVONS.

Les organisations paysannes et les organisations de la société civile à l’échelle régionale et panafricaine ont formulé dix recommandations pour un nouvel engagement des chefs d’Etats et de gouvernements de l’Union Africaine. Elles sont issues d’une analyse solide et pluridisciplinaire des défis et potentialités de l’agriculture africaine. Les chefs d’Etats doivent les prendre en considération à Malabo et impulser leur mise en œuvre. 

« 2014 a été décrétée par l’Union Africaine, l’année de l’agriculture et la sécurité alimentaire, symbole fort. A Malabo, il nous faudra donc passer de la rhétorique à l’action pour nous et les générations futures », renchérit le Secrétaire permanent du Réseau Bilital Maroobé.

Malabo 2014 devra donc être le rendez-vous de l’engagement et de l’action, pour que les conditions d’une agriculture africaine saine et capable de nourrir les africains soient réunies. La société civile africaine attend du sommet de Malabo, un nouvel engagement des Etats africains qui valorise les exploitations familiales avec des investissements en quantité et en qualité. Et elle restera mobilisée et vigilante pour s’assurer que ces engagements sont mis en œuvre !

Notes aux rédactions

Les 10 recommandations ont été élaborées et cosignées par 120 organisations paysannes et de la société civile à travers le continent. CULTIVONS et ONE ont initié la pétition « investir dans nos agriculteurs, nos élevages, notre alimentation et notre avenir » dans le cadre d’une campagne conjointe pour un nouvel engagement à Malabo. CULTIVONS est en partenariat avec le World Rural Forum dans le cadre de l’année internationale de l’agriculture familiale, pour laquelle un hymne de la campagne est offert aux paysans du monde. L’objectif de la campagne CULTIVONS est de permettre aux personnes vivant dans la pauvreté de participer à la gestion globale des terres, de l'eau et du climat afin qu'elles puissent cultiver et acheter suffisamment et de façon pérenne de la nourriture. Les droits des femmes et l'égalité des sexes sont au centre de la campagne. Les membres de la campagne CULTIVONS en Afrique de l’Ouest sont: Réseau Billital Maroobé, POSCAO, IPAR, APESS, WILDAF et OXFAM.

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