Nous ne pouvons pas attendre 75 ans pour parvenir à l’égalité salariale : Oxfam appelle le G20 à réduire activement le fossé entre hommes et femmes

Selon un rapport publié aujourd’hui par Oxfam, il faudrait encore 75 ans avant que les femmes soient rémunérées autant que les hommes. L’organisation internationale de développement exhorte dès lors les dirigeant-e-s du G20 à s’attaquer aux inégalités entre les sexes lors de leur prochaine rencontre en Australie, à la fin de l’année.

Intitulé Le G20 et l’égalité des sexes – Comment le G20 peut promouvoir les droits des femmes en matière d’emploi, de protection sociale et de fiscalité, ce nouveau rapport montre que la réalisation des ambitions de croissance du G20 ne pourra passer que par des politiques luttant contre la discrimination systémique et l’exclusion économique des femmes dans les pays du G20.

Ce rapport est publié en collaboration avec la Fondation Heinrich Böll à l’occasion du Business 20 (B20), l’une des conférences satellites précédant le sommet du G20 de Brisbane en novembre, qui se tiendra cette semaine, à Sydney.

Winnie Byanyima, directrice générale d’Oxfam, souligne qu’aussi bien dans les pays membres que non membres du G20, les femmes gagnent moins que les hommes, réalisent la majeure partie du travail non rémunéré, sont surreprésentées dans les emplois à temps partiel et font l’objet d’une discrimination au sein de leur ménage, sur les marchés et au niveau institutionnel.

« Ce fossé entre les femmes et les hommes constitue une forme fondamentale et profondément enracinée des inégalités qui entachent les pays du G20, malgré les progrès indéniables dans d’autres domaines », ajoute Winnie Byanyima.

Selon le contexte du pays, la reconnaissance et prise en compte de la contribution cachée du travail non rémunéré – tel que la garde des enfants ou les tâches ménagères – permettrait une augmentation de 20 à 60 % du PIB des pays du G20.

« Si le taux d’emploi rémunéré des femmes égalait celui des hommes, le PIB des États-Unis augmenterait de 9 %, celui de la zone euro de 13 %, et du Japon de 16 % », précise Winnie Byanyima.

Selon elle, de même que le mépris des droits des femmes est source de pauvreté, leur respect favoriserait le développement.

« La croissance et le développement du G20 ne peuvent être considérés comme inclusifs, et s’accompagner d’effets positifs pour les populations, qu’à trois conditions : que les femmes et les hommes aient les mêmes chances d’en bénéficier, que les droits humains soient respectés et que le développement continue de suivre des principes durables, explique Winnie Byanyima. Ces questions ne concernent pas uniquement les femmes ; il s’agit de questions systémiques qui déterminent le bien-être de chacun et de chacune, tant dans les pays pauvres que dans les pays riches. »

Oxfam adresse notamment les recommandations suivantes au G20 :

  • Soutenir un processus post-2015 responsable et l’inclusion d’objectifs indépendants sur les inégalités économiques extrêmes, l’égalité des sexes et les droits des femmes.
  • Cibler des politiques d’emploi pour offrir des postes décents aux femmes, éliminer l’écart salarial entre hommes et femmes, ainsi que les ségrégations professionnelles.
  • Mettre fin aux discriminations hommes-femmes sur le lieu de travail et promouvoir des politiques qui tiennent compte des besoins des familles, comme renforcer le droit au congé parental, l’accès aux soins pour les enfants et les seniors, ainsi que le régime d’assurance sociale.
  • Promouvoir le financement des services publics pour réduire le travail non rémunéré des femmes au foyer.

« En 2012, dans leur déclaration de Los Cabos, les chefs d’État et de gouvernement du G20 se sont engagés à surmonter les obstacles à la participation économique et sociale pleine et entière des femmes et à développer les perspectives des femmes dans leur pays, rappelle Winnie Byanyima. Sous la présidence australienne, le G20 a l’occasion d’honorer sa promesse, et ce, en œuvrant à une croissance économique qui soit réellement inclusive et qui promeuve les droits des femmes. »

Contact

Laurelle Keough, en Australie +61 425 701 80  laurellek@oxfam.org.au