Changement climatique : Kellogg appelle à un sursaut

Oxfam se réjouit des engagements pris par Kellogg suite à la pression exercée par le public.

Kellogg devient aujourd’hui le deuxième géant de l’agroalimentaire à s’engager à mettre en œuvre des mesures phares de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) dans ses chaînes d’approvisionnement agricoles, conformément aux prescriptions scientifiques. Cet engagement fait suite aux actions menées par plus de 238 000 sympathisantes et sympathisants dans le cadre de la campagne d’Oxfam intitulée La face cachée des marques. General Mills a fait part d’intentions comparables le 28 juillet dernier.

« Nous saluons les efforts fournis par Kellogg pour s’imposer comme un chef de file du secteur dans la lutte contre le changement climatique et ses effets qui portent préjudice aux populations du monde entier, déclare Monique van Zijl, responsable de la campagne La face cachée des marques, orchestrée par Oxfam. Ces nouveaux engagements de Kellogg contribuent à la montée en puissance des appels exhortant les gouvernements et l’ensemble du secteur agroalimentaire à reconnaître que le changement climatique est bien réel – qu’il se passe maintenant et que nous devons tout mettre en œuvre pour le juguler. »

Kellogg, le fabricant de Corn Flakes et de Pringles, a en particulier précisé que, pour la première fois, il fixera des objectifs chiffrés de réduction des émissions de GES du « périmètre 3 », lesquelles représentent la majorité des émissions générées par les chaînes d’approvisionnement de l’entreprise, notamment par la production agricole.

L’entreprise souscrira, en outre, à la Déclaration en faveur du climat et s’associera au Business for Innovative Climate and Energy Policy (BICEP), une coalition d’entreprises de premier plan s’employant à favoriser l’adoption d’une législation significative dans les domaines du changement climatique et de l’énergie.

« Le changement climatique fait peser la menace de la faim sur des centaines de millions de personnes et met toutes les productions agricoles en péril depuis le café et le chocolat jusqu’aux céréales, en passant par le vin, rappelle Monique van Zijl. Kellogg vient s’ajouter à la liste de plus en plus longue d’entreprises qui mettent tout le poids de leurs marques dans la lutte contre le changement climatique. »

La nouvelle politique climat de Kellogg s’accompagne d’autres nouveaux engagements prometteurs en matière de développement durable, publiés aujourd’hui. Oxfam se réjouit de l’engagement de Kellogg de lutter contre le changement climatique, notamment des promesses suivantes :

  1. Définir et rendre public un objectif de réduction du total des émissions de GES dans ses chaînes d’approvisionnement, y compris les émissions, notamment agricoles, des périmètres 1, 2 et 3, d’ici décembre 2015. Les objectifs chiffrés seront définis selon une méthode fondée sur la science, approuvée et entérinée par le secteur notamment, pour qu’ils cadrent avec l’objectif de maintenir le réchauffement climatique en dessous des 2 °C.

  2. Exiger de ses principaux fournisseurs qu’ils mesurent et publient leurs émissions et leurs objectifs de réduction.

  3. Mettre sur pied une stratégie d’adaptation au changement climatique, qui tienne compte des besoins des petites exploitations agricoles dans ses chaînes d’approvisionnement, d’ici décembre 2015.

  4. Étendre l’engagement de zéro déforestation nette aux chaînes d’approvisionnement à haut risque, à l’horizon 2020. Cet objectif vient compléter ses engagements précédents concernant l’huile de palme et les emballages, les étendant à d’autres chaînes d’approvisionnement qui présentent un risque élevé de déforestation et de dégradation des sols, dont le soja et la canne à sucre.

  5. Rendre public les noms de ses trois premiers fournisseurs d’huile de palme, de soja et de canne à sucre – trois grands moteurs de la déforestation et des changements d’occupation des sols.

  6. Participer à l’initiative CDP de divulgation des émissions, qui implique d’établir des rapports annuels sur les émissions du périmètre 3 et de répondre aux demandes d’informations sur la gestion des ressources forestières.

  7. Promouvoir publiquement l’adoption de politiques publiques et sectorielles efficaces, par exemple en encourageant la Grocery Manufacturer’s Association à faire de la lutte contre le changement climatique une priorité.

  8. Adhérer à BICEP et souscrire à sa Déclaration en faveur du climat.

  9. Passer régulièrement en revue les déclarations et les politiques de l’entreprise afin d’assurer leur conformité avec les objectifs et plans d’atténuation et les initiatives d’adaptation. Rendre compte des activités liées à la gouvernance climatique, lorsqu’il y a lieu.

  10. Inclure des politiques de lutte contre le changement climatique et la déforestation dans le Code de conduite à l’intention des fournisseurs, et préciser ce qui est attendu des fournisseurs pour les matières premières présentant un risque élevé.

  11. Remédier aux problèmes soulevés par Oxfam et ses partenaires concernant ses fournisseurs d’huile de palme en Indonésie et au Liberia.

Le détail de ces engagements peut être consulté en anglais à l’adresse suivante : http://www.kelloggcompany.com/content/dam/kelloggcompanyus/corporate_responsibility/pdf/2014/Climate_Policy.pdf

Selon le rapport d’Oxfam intitulé Les bras croisés, les émissions cumulées des dix principales entreprises agroalimentaires sont si importantes que, si ces dix géants formaient un pays, ils se placeraient au 25e rang mondial des pollueurs. En entreprenant des mesures phares de réduction des émissions de GES, General Mills et Kellogg montrent que tout acteur du secteur agroalimentaire peut en faire beaucoup plus pour réduire la pollution et préserver le climat.

« Nous félicitons Kellogg pour ce premier pas crucial, déclare Monique van Zijl. Nous suivrons avec grand intérêt les mesures concrètes que prendra l’entreprise pour honorer ses promesses. Il ne s’agit plus de savoir si la mobilisation des consommatrices et consommateurs peut produire des résultats. La vraie question est de savoir si l’ensemble du secteur et nos responsables politiques vont anticiper la vague ou attendre que celle-ci les écrase. »

Notes aux rédactions

1. Consultez la nouvelle politique de Kellogg (en anglais)

2. Consultez le rapport d’Oxfam sur les liens entre le changement climatique et l’industrie agroalimentaire : Les bras croisés

3. Découvrez le classement des entreprises du secteur agroalimentaire, réalisé par Oxfam dans le cadre de sa campagne La face cachée des marques

 

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Ben Grossman-Cohen : Tél. +1 (202) 777 2907 / bgrossman-cohen@oxfamamerica.org