Ebola: Oxfam s’inquiète du nombre insuffisant de laboratoires et appelle à mobiliser davantage d’équipes médicales internationales

Aujourd’hui (vendredi 31 octobre), le plan d’intervention Ebola de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest visant à endiguer l’épidémie d’ici la fin novembre arrive à mi-course.

Depuis le 1er octobre, des progrès encourageants ont été enregistrés. Par exemple, les promesses de dons ont atteint près d’un milliard de dollars, et plusieurs pays ont offert un soutien militaire ou autre. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a en outre déclaré hier que le taux d’infection semble diminuer au Libéria. 

La crise est cependant loin d’être terminée. Un manque de moyens important reste à déplorer, notamment un nombre insuffisant de laboratoires, d’équipes prenant en charge les dépouilles mortelles et de lits d’hôpitaux. Davantage d’équipes médicales internationales sont nécessaires. Les équipes prenant en charge les dépouilles ont besoin de plus de soutien et de matériel pour faire leur travail en toute sécurité. De même, le personnel local doit être correctement formé pour pouvoir mettre fin aux idées reçues sur la maladie et apprendre aux familles à s’en protéger. 

Tout cela ne sera possible qu’avec les compétences, les connaissances et le personnel appropriés, autant de ressources qui font défaut. Du fait du manque de fiabilité des services d’évacuation sanitaire et des quarantaines imposées, il est difficile pour le personnel des organisations humanitaires internationales d’apporter l’aide nécessaire au bon déroulement de l’intervention.


L’action d’Oxfam

Oxfam contribue à endiguer l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest par un travail de prévention qui consiste, d’une part, à améliorer l’accès à l’eau, au matériel de nettoyage et aux vêtements de protection, et d’autre part, à communiquer avec les communautés au sujet d’Ebola et à leur apporter toute information utile en la matière afin de les aider à prévenir la transmission du virus. 

« Je suis une femme au foyer, mais je me suis portée volontaire pour effectuer ce travail de santé communautaire, pour le bien de notre population, pour sauver des vies, car Ebola est une maladie mortelle », explique Mary Kamara, agente de santé communautaire, district de Congo Town, à Freetown en Sierra Leone

Jusqu’à présent, notre travail de prévention a directement touché près d’un demi-million de personnes au Libéria et en Sierra Leone. Nous avons aussi indirectement sensibilisé plus de 2,3 millions de personnes par la diffusion d’annonces à la radio, des émissions de télévision, des affiches informatives et des CD, afin que toute personne puisse mieux comprendre le virus, savoir comment s’en protéger et ce qu’il convient de faire dès les premiers symptômes pour limiter la transmission.

« Cela nous fait du bien que quelqu’un nous parle d’Ebola. C’est la première fois. Pendant le verrouillage de trois jours du pays, nous sommes restés là et personne n’est venu. Ils disent que c’est un virus. Si on est malade, il faut se présenter à l’hôpital. Ils nous disent aussi de ne pas toucher le corps des morts, de ne pas le laver même s’il s’agit de notre mari. Nous ne devons pas non plus assister aux funérailles. Nous devons appeler le 117, si nous avons un problème de santé », témoigne Moriba Bangura, habitante du district de Congo Town, à Freetown, après avoir parlé avec du personnel de santé communautaire formé par Oxfam.

Notes aux rédactions

En Sierra Leone, Oxfam :

  • assure des services d’assainissement et d’approvisionnement en eau et fournit des vêtements de protection à 19 établissements de santé situés à Freetown, Koinadugu, Rakupa et Laka ;
  • fournit et répare les systèmes de distribution d’eau, d’assainissement et de gestion des déchets solides pour trois établissements de santé et deux services de santé publique ;
  • fournit des équipements et vêtements de protection aux équipes qui assurent le suivi des cas présumés à Freetown et Koinadugu, afin qu’elles puissent amener les personnes infectées à un centre de traitement en toute sécurité ;
  • fournit des équipements et un appui aux équipes prenant en charge les dépouilles mortelles ;
  • forme au porte-à-porte plus de 500 agent-e-s de santé communautaire qui informent les familles sur les moyens de se protéger du virus Ebola et les bons gestes en cas de contamination – ensemble, ils touchent plus de 280 000 personnes ;
  • a installé 108 stations de lavage des mains à Freetown et Koinadugu ;
  • produit des annonces radio, des émissions de télévision et des affiches qui informent 1,5 million de personnes supplémentaires sur les moyens de prévention contre Ebola.

Au Libéria, Oxfam :

  • apporte un soutien sanitaire à deux établissements médicaux de Monrovia ;
  • forme au porte-à-porte plus de 500 agent-e-s de santé communautaire qui, dans le comté de Montserrado, expliquent aux familles comment éviter de contracter le virus Ebola et ce qu’il faut faire en cas de contamination. Ce personnel de santé communautaire a touché plus de 93 450 personnes.
  • fournit 6 500 kits d’hygiène qui permettront de protéger 45 500 personnes à Monrovia.
  • Dans les zones rurales des comtés de Grand Gedeh et de River Gee, 1 200 familles ont reçu des informations de prévention et des kits d’hygiène.
  • 2 500 personnes ont reçu des informations de prévention.

 

Contact

Sarah Grainger sgrainger1@oxfam.org.uk, +44 7810 18 15 14

Ian Bray, attaché de presse au Libéria : 00231 7750 13210
Holly Taylor, attachée de presse en Sierra Leone : 00232 780 46940 
Melanie Gallant, responsable régionale des relations médias pour l’intervention Ebola, à Dakar : 0022-177-807-8209