Réaction d'Oxfam à l'échec de l'UE à prolonger l'embargo sur les armes en Syrie au-delà du mois d’août

La nuit dernière, les ministres des Affaires étrangères de l'UE n’ont pas réussi à prolonger l'embargo sur les armes à destination de la Syrie. Ils ont toutefois décidé de ne pas lever l’embargo avant le 1er août et ont fixé un une série de conditions.

Pour Anna Macdonald, responsable de la campagne Contrôlez les armes :

« Oxfam est déçu que l'UE ne prolonge pas son embargo sur les armes à destination de la Syrie. Les ministres ont envoyé des signaux contradictoires. Il aurait fallu que l’UE affirme sans équivoque faire tout son possible pour arrêter l'effusion de sang et prévenir une course meurtrière à l’armement en Syrie, aux conséquences humanitaires dévastatrices ».

« Nous nous félicitons de la volonté de l'UE d'accorder la priorité à la recherche d'une solution politique et son engagement fort en faveur des droits humains et du droit international humanitaire. Toutefois, les gouvernements européens devraient user de leur influence pour obtenir un arrêt de transferts internationaux d'armes de la part de l’ensemble des gouvernements, à destination de toutes les parties du conflit syrien ».

« Cette décision ne donne pas le feu vert aux États membres qui le souhaitent de fournir des armes à des groupes en Syrie. Comme il est clairement énoncé dans la position commune de l'UE sur les transferts d'armes, tout transfert doit être soumis à des procédures complètes d'évaluation des risques pour éviter que ces armes ne soient utilisées pour porter atteinte aux droits humains et au droit humanitaire ».

Oxfam plaide depuis plus dix ans pour le contrôle du commerce des armes et a joué un rôle crucial dans la campagne pour obtenir un traité robuste sur le commerce des armes. En vertu du nouveau traité, qui a été adopté par une majorité des voix à l'ONU en avril dernier et sera ouvert à la signature le 3 juin prochain, les transferts d'armes ne doivent pas être autorisés en cas de risque majeur de voir ces armes utilisées pour commettre des violations des droits humains ou du droit international humanitaire. Les pays européens et les 156 autres États qui ont voté en faveur de ce traité historique doivent respecter ses principes.