À Gaza, le personnel médical peine à faire face à l’afflux de blessés

Hospital room destroyed by Gaza airstrikes

« Je n’aurais jamais imaginé voir ça », affirme Moeen Abu Al Eish, ambulancier et auxiliaire médical dans l’un des plus grands hôpitaux de Gaza.

Avec l’aggravation de la crise à Gaza, les hôpitaux peinent à faire face à l’afflux croissant de blessés. Les trois quarts des morts et des blessés sont des civils, dont beaucoup de femmes et d’enfants. Ces derniers jours, avec l’intensification de l’offensive terrestre israélienne, en moyenne un enfant est tué chaque heure, à Gaza.

Des ambulances et des hôpitaux bombardés

« J’ai peur pour ma propre famille », confie Moeen. Conduisant son ambulance sur les lieux d’une frappe aérienne ou d’un bombardement d’artillerie, il découvre les corps sans vie de femmes et d’enfants qui gisent dans les rues, dont beaucoup portent d’affreuses blessures. « Je dois chasser la pensée que ces enfants pourraient être les miens », explique-t-il.

Les équipes médicales travaillent sans relâche pour sauver des vies et soigner les blessés. Oxfam fournit de l’eau potable à l’hôpital Al Shifa, qui croule sous le nombre de blessés. De nombreux établissements hospitaliers et de santé ont également été bombardés. Hôpitaux, ambulances et centres de consultation... Au moins 18 services médicaux ont été touchés par des raids aériens et des tirs d’artillerie israéliens. 26 membres du Croissant-Rouge palestinien ont été blessés en tentant d’intervenir.

« Jusqu’à présent, trois de nos quatre ambulances ont été attaquées et plusieurs de mes collègues ont été gravement blessés, rapporte Moeen. Mais cela ne nous arrête pas. Cela ne nous ralentit même pas. Quel que soit le danger qui nous menace, rien ne pourra nous empêcher de faire notre travail. »

Des scènes de chaos

Le docteur Kamal Khattal travaille dans un autre établissement hospitalier qui a été touché par un tir d’artillerie. « En une seconde, le chaos a envahi l’hôpital. Les patients comme le personnel médical étaient terrifiés. Tout le monde s’est mis à courir pour se mettre à l’abri. Nous avons dû évacuer tout l’établissement, à l’exception du service des urgences. Des unités ont arrêté de fonctionner, mais nous n’avions pas d’autre choix que de continuer à travailler dans le service des urgences pour nous occuper des morts et des blessés. Quinze membres du personnel médical se trouvaient parmi les blessés. C’était bien la dernière chose à laquelle je m’attendais. »

Oxfam condamne toute violence exercée à l’encontre des populations civiles, quelle que soit la partie en cause, y compris les tirs de roquettes depuis Gaza contre Israël et les opérations militaires tant israéliennes que palestiniennes. Nous appelons toutes les parties à respecter le droit international humanitaire.

Pénurie de médicaments, d'électricité et de carburant

Oxfam fournit également du carburant et des médicaments à l’hôpital Al Awda, le seul qui dispose d’un service de maternité dans le nord de Gaza. De nombreux hôpitaux se trouvent confrontés à une grave pénurie de fournitures médicales et de carburant. Suite à l’endommagement des lignes électriques, la population de Gaza subit des coupures de courant de plus de 20 heures par jour, ce qui entrave gravement les secours et le fonctionnement des pompes à eau. Plus d’un quart des médicaments de base sont actuellement épuisés.

Selon Moeen, la situation se dégrade de jour en jour. « Je mets toute mon énergie à essayer de sauver des civils, mais je ne ne peux pas grand-chose quand j’arrive sur le lieu d’un bombardement et qu’il y a des corps inertes partout. Je m’efforce d’amener les blessés à l’hôpital aussi vite que possible, sachant que l’endroit peut à tout moment être de nouveau bombardé.

« À chaque instant, je remercie Dieu d’être encore en vie. J’ai connu plusieurs guerres au cours de ma vie, mais rien ne m’avait préparé à ça. »