Sur la voix de la paix en Syrie : questions et réponses

Camp de réfugiés syriens de Za'atari, Jordanie.
Le camp de Za'atari en Jordanie accueille plus de 100 000 réfugiés syriens

Découvrez nos prises de positions, notamment sur l'utilisation des armes chimiques, l'intervention militaire et l'approvisionnement en armes des parties au conflit, ainsi que nos recommandations concrètes pour une sortie pacifique de la crise syrienne.

Que demande Oxfam ?

La population syrienne réclame la paix depuis plus de deux ans et le monde vient enfin de lui répondre. L’annonce d’une date autour de laquelle devraient avoir lieu les négociations de paix de Genève II nous rapproche enfin d’une résolution, tant souhaitée, du conflit en Syrie.

Le secrétaire d’Etat américain M. Kerry et le ministre des Affaires étrangères russe M. Lavrov ont une vraie occasion de contribuer à mettre un terme aux tueries, aux déplacements et aux souffrances qui frappent la population syrienne.

Pour que ces négociations aboutissent, toutes les catégories de la société syrienne doivent être représentées, notamment les parties non-militaires, dont le rôle dans la reconstruction de la Syrie sera crucial. Tous les pays doivent cesser de fournir des armes au gouvernement syrien et aux groupes d’opposition, ces armes alimentant le conflit et représentant un sérieux obstacle à la paix.

Les parties au conflit doivent s’accorder sur un cessez-le-feu. Un cessez-le-feu permettrait de dégager l’espace nécessaire pour des négociations significatives et soulagerait la situation, aujourd’hui dramatique sur le plan humanitaire. Avec d’ores et déjà plus de 100 000 morts et plusieurs millions de personnes déplacées et réfugiées dans les pays voisins, la population syrienne ne doit pas attendre davantage que soit mis un terme à ce conflit.

 Oxfam

Quelle est la position d’Oxfam concernant l’utilisation d’armes chimiques en Syrie ?

La défense des droits étant l’un des fondements de notre organisation, Oxfam condamne et rejette avec la plus grande fermeté toute utilisation d’armes chimiques en Syrie. Ces armes sont illégales et leur usage n’est en aucun cas justifié. Notre organisation accueille favorablement les démarches engagées par les Etats-Unis et la Russie pour s’assurer que de telles armes ne seront plus jamais utilisées en Syrie.

 Karl Schembri/Oxfam

Pourquoi l’organisation Oxfam s’est-elle prononcée sur l’opportunité d’une intervention militaire américaine ?

Selon Oxfam, l’intervention proposée risquerait d’exacerber, et non d’améliorer, la situation pour les hommes, les femmes et les enfants syriens. Elle risquerait de déstabiliser davantage encore la région et d’assombrir les perspectives d’une paix négociée par la communauté internationale.
Nous sommes convaincus que l’une des meilleures solutions pour protéger la population civile contre la violence aveugle est de rechercher activement et le plus rapidement possible une solution politique.

Il est arrivé qu’au nom de l’action humanitaire, Oxfam plaide en faveur d’interventions militaires afin de sauver des vies comme ce fut le cas au Rwanda (1994), en République démocratique du Congo (2003) ou au Liberia (2003). Nous avons également plaidé contre certaines interventions militaires comme lors de l’invasion en Iraq, en 2003. En tenant compte de notre expérience, forte de plusieurs décennies de travail dans des zones de conflit, et des avis recueillis lors d’une vaste consultation auprès d’experts du Moyen-Orient, de représentants de la société civile syrienne et arabe et de civils syriens eux-mêmes, nous estimons que l’intervention militaire en Syrie – telle qu’elle a été discutée – risquerait d’aggraver la situation pour la population syrienne et non de l’améliorer. 

 Oxfam

Oxfam est-elle une organisation pacifiste ?

Oxfam est une organisation mondiale qui travaille à remédier aux problèmes de la pauvreté, de la faim et des injustices. Nous sauvons des vies, développons des solutions de long terme contre la pauvreté et militons pour des changements sociaux. 

Oxfam n’est pas à proprement parler une organisation « pacifiste ». Toutefois, nous avons un mandat humanitaire fort. Nous avons plaidé en faveur de pourparlers de paix ou de la résolution pacifique de conflits dans le cadre de notre action humanitaire. Dans certains cas, nous avons plaidé en faveur d’une intervention militaire afin de pouvoir sauver des vies comme ce fut le cas au Rwanda (1994), en République démocratique du Congo (2003) ou au Liberia (2003).

Photo of 'boarding passes' for parties to resolve the Syria crisis.

Pourquoi pensons-nous que de nouveaux efforts diplomatiques permettraient de sortir de l’impasse, alors que les négociations échouent depuis deux ans ?

Oxfam, la plupart des commentateurs extérieurs ainsi que la majorité des gouvernements eux-mêmes reconnaissent que la seule issue possible est politique.

Les Syriens et Syriennes vont continuer à mourir par milliers et ils demeureront des millions à nécessiter une aide humanitaire, jusqu’à ce que la communauté internationale divisée fasse cause commune et intensifie les efforts en faveur d’une solution politique à la crise.

Une conférence de paix doit donc être organisée dès que possible.

Afin d’obtenir de réelles avancées et de faire en sorte que cette initiative aboutisse, Oxfam estime que les étapes et les principes suivants doivent constituer des priorités et être respectés :

  • Ces pourparlers doivent être soutenus sans ambiguïté par la communauté internationale qui doit s’abstenir de tout acte ou toute déclaration susceptible de nuire à ces négociations.
  • Les femmes doivent être représentées de façon appropriée dans tout processus de paix ou de négociation politique.
  • Les voix de la société civile et de parties non-militaires doivent être représentées de façon appropriée dans tout processus de paix ou de négociation politique. Afin de garantir que les futurs accords seront justes et durables, des représentants de la société civile, hommes et femmes, doivent être impliqué-e-s de manière significative et doivent être soutenu-e-s afin qu’ils et elles puissent peser sur les discussions et les décisions concernant l’avenir de leur pays. 
  • Tout processus politique ou initiative de paix devrait, dès que possible, être suivi de la mise en place d’une stratégie de reconstruction nationale, avec des moyens financiers suffisants pour la mener à bien.
  • Aucun Etat ne devrait fournir d’armes que ce soit au gouvernement syrien comme aux groupes armés d’opposition, ces armes étant susceptibles d’être utilisées dans le cadre de violations des droits humains et d’aggraver davantage ce qui est déjà une catastrophe humanitaire. Armer l’une ou l’autre des parties risquerait d’ajouter des obstacles supplémentaires sur la voie de la paix. 
  • Les modalités de toute solution politique à la crise en Syrie relèvent de la population syrienne.

La voix vers une solution pacifique n’est pas évidente – dans un conflit aussi complexe que celui qui frappe la Syrie, cela n’est jamais simple. Mais nous ne pouvons pas rester silencieux alors que des Syriennes et Syriens souffrent. La communauté internationale doit donc agir afin de mettre un terme à ce conflit et aux souffrances des Syriens et Syriennes – femmes, hommes et enfants.

C’est pour cela que nous faisons entendre notre voix et que nous vous demandons d’agir à nos côtés.

Pour soutenir l'action d'Oxfam face à la crise en Syrie, vous pouvez faire un don en répondant à notre appel