El Niño et le changement climatique: stoppons la faim

Au Malawi, Jenipher Nkotima n'a récolté que quatre sacs de maïs cette année et n'a plus de quoi manger.
Au Malawi, Jenipher Nkotima n'a récolté que quatre sacs de maïs cette année et n'a plus de quoi manger.

Sous l’effet combiné du puissant épisode El Niño de 2015-2016 et du changement climatique, la faim menace 60 millions de personnes. Demandez aux gouvernements du monde de débloquer sans attendre les fonds nécessaires pour sauver des vies aujourd’hui et demain.

“Les récoltes ont été très mauvaises. Je n'ai eu que quatre sacs de maïs et nous avons tout consommé en trois mois. Maintenant, je n'ai plus de quoi manger.” Jenipher Nkotima, Malawi.

Depuis octobre 2015, Oxfam met en garde contre le puissant épisode El Niño dont les effets se sont propagés dans le monde jusqu'au milieu de l'année 2016. Exacerbé par le changement climatique, il a généré sécheresses et inondations, exposant 60 millions de personnes à la faim, à des pénuries d’eau et à la maladie, dans la Corne de l’Afrique, en Afrique australe, en Amérique centrale, en Asie, dans les Caraïbes et dans le Pacifique.

Des fonds sont nécessaires dans les plus brefs délais pour financer l’aide d’urgence dont ont besoin celles et ceux qui souffrent déjà des effets de ce « super » El Niño, ainsi que pour aider les communautés les plus vulnérables à renforcer leur résilience face au changement climatique dans le long terme.

Voici ce qui arrive quand les financements arrivent trop tard :

  • En Éthiopie, 9,7 millions de personnes victimes de la sécheresse ont besoin d’une aide alimentaire et humanitaire d'urgence.
  • Des millions d'autres souffrent également d’insécurité alimentaire dans d’autres parties de la Corne de l’Afrique et de l’Afrique de l’Est. La situation est particulièrement préoccupante en Somalie et au Soudan.
  • En Afrique australe, la saison maigre est cette année particulièrement dure et longue en attendant le début des récoltes en mars 2017. 41 millions de personnes en subissent les effets, dont 28 millions ont besoin d’une aide d’urgence.
  • En Amérique centrale, les communautés du « couloir sec », une zone à cheval sur le Guatemala, le Nicaragua, le Honduras et le Salvador, ont été confrontées à l’une des plus graves sécheresses qu’elles aient connues depuis des dizaines d’années et plus de 3,5 millions de personnes ont besoin d’aide.
  • Rien qu'en Haïti, 1,5 million de personnes touchées par la sécheresse se sont retrouvées en situation de grave insécurité alimentaire avant que le pays ne soit frappé par l'ouragan Matthew début octobre, détruisant presque entièrement les cultures dans certaines zones.
  • En Asie et dans le Pacifique, de nombreuses communautés vulnérables ont besoin d'aide pour surmonter les effets d'El Niño. Au Vietnam, un tiers du pays a été touché par des sécheresses successives et des intrusions d'eau salée depuis le milieu de l'année 2015, privant d'eau potable 2 millions de personnes.

Dans 22 pays à travers le monde, Oxfam aide les populations pauvres à faire face aux événements météorologiques extrêmes, aux sécheresses et aux mauvaises récoltes.

Au sommet de Paris sur le climat, en décembre dernier, nous avons demandé aux États d’accroître leur engagement financier pour soutenir les pays vulnérables dans des situations comme celle-ci. Ils ont certes promis de le faire, mais ils n’ont pas fixé d’objectifs assez ambitieux. Cette crise alimentaire montre clairement ce qui se passe quand nous n’investissons pas assez dans les moyens d’aider les communautés à s’adapter au changement climatique et à produire et acheter suffisamment de nourriture sur une planète qui se réchauffe.

Alors que l'incertitude demeure sur la probabilité d'un épisode La Niña, les prévisions régionales sont particulièrement sombres s'agissant de certaines zones, ce qui assénerait un nouveau coup à des personnes déjà très vulnérables.

Des parties de l'Ethiopie, du Kenya et de la Somalie, ainsi que de l'Afrique australe, pourraient enregistrer des précipitations inférieures à la moyenne au moment le plus critique de la période des récoltes. D'autres régions pourraient au contraire subir des pluies diluviennes qui entraîneraient des inondations, la destruction des cultures et des épidémies de maladies transmises par l'eau telles que le choléra.

Agissez maintenant

Les gouvernements peuvent empêcher cette crise alimentaire de prendre des proportions catastrophiques et de se reproduire à l’avenir. Signez la pétition et demandez-leur de :

  • fournir rapidement un soutien financier aux pays confrontés à une crise humanitaire imminente ;
  • fixer, lors du sommet sur le climat qui se tiendra au Maroc (COP22), en novembre, des objectifs clairs et ambitieux pour accroître la mobilisation du financement de l’adaptation au changement climatique.