Renforcer la résilience des communautés en Asie du Sud-Est

Ce pêcheur de 67 ans, ici au bord du Mékong, au Laos, a participé à un programme pour transmettre son savoir-faire à la prochaine génération. Photo : Savann Oeurm/Oxfam
Ce pêcheur de 67 ans, ici au bord du Mékong, au Laos, a participé à un programme pour transmettre son savoir-faire à la prochaine génération. Photo : Savann Oeurm/Oxfam

L’Asie connaît une vague de changement sans précédent. La croissance économique apporte des avantages indéniables et permet de sortir de la pauvreté. Mais d’autres changements accroissent la vulnérabilité de pans entiers de la population. Le changement climatique, la multiplication des catastrophes naturelles et l’instabilité politique sont autant de facteurs qui contribuent à l’aggravation des inégalités.

En collaboration avec des organisations partenaires locales au Cambodge et au Laos, Oxfam aide les communautés à renforcer leur résilience afin qu’elles puissent mieux surmonter les difficultés auxquelles elles se heurtent. Nous nous employons à diffuser les connaissances et les compétences nécessaires pour permettre à ces communautés d’affronter tout problème, qu’il s’agisse d’adaptation au changement climatique ou de défense des droits fonciers.

Droits autochtones à la terre

Nous travaillons avec des communautés autochtones de la province cambodgienne du Ratanakiri, à proximité de la frontière avec le Vietnam. Celles-ci risquent de perdre leurs terrains communaux au profit de projets commerciaux comme des mines et des plantations.

Sev Leam, chef adjoint du village de Phi (province de Ratanakiri, dans le nord du Cambodge) à une réunion locale.

Sev Leam, chef adjoint du village de Phi (province de Ratanakiri, dans le nord du Cambodge) à une réunion locale. Photo : Patrick Brown/Panos pour Oxfam

Oxfam finance plusieurs organisations locales qui soutiennent les communautés autochtones en les informant sur leur droit à un titre de propriété collective, sur la manière d’enregistrer leurs terres et de négocier avec les entreprises et le gouvernement pour défendre leur droit à la terre.

Ping Chamroeun, du village de TampounRoung Thom, dans le district de Taveng (Ratanakiri), est membre de Prov ethnicity.

Ping Chamroeun, de l’ethnie Prov, est originaire du village de Tampoun Roung Thom, dans le district de Taveng (Ratanakiri). Photo : Patrick Brown/Panos pour Oxfam

Par le biais de notre partenaire Media One, Ping Chamroeun a participé à une formation mise en place pour les jeunes dirigeant-e-s. Elle y a acquis des connaissances sur les droits fonciers des peuples autochtones et d’autres enjeux importants pour sa communauté.

Récemment, une communauté voisine l’a contactée à propos d’une société minière chinoise qui sondait le sol du village. Ping a alors mis en œuvre ses nouvelles compétences, notamment en matière d’utilisation des médias sociaux et de mise en réseau, afin de sensibiliser à la situation. Après un travail de documentation sur les activités de la société, elle a publié des photos et des informations sur Facebook. Elle a également montré ses articles aux ouvriers, ce qui les a convaincus de partir.

Épargne pour le changement

Non seulement nous aidons les populations à mieux connaître leurs droits et à les faire valoir, mais nous œuvrons également à leur autonomisation économique. Dans le cadre de notre partenariat avec le Conseil des jeunes du Cambodge, nous permettons aux jeunes d’épargner pour ce qui leur tient à cœur : leur avenir et leur famille.

Étudiants en classe, au lycée de Samrong, dans la province d’Oddar Meanchey.

Étudiants en classe, au lycée de Samrong, dans la province d’Oddar Meanchey. Photo : Patrick Brown/Panos pour Oxfam

Ce programme d’épargne compte désormais plus de 90 groupes dans la province d’Oddar Meanchey. Les participant-e-s, qui peuvent avoir jusqu’à une trentaine d’années, économisent de petites sommes pouvant servir à payer leurs études ou rester sur un compte d’épargne en vue de la création d’une petite entreprise

Plen Soben, 25 ans, ici avec sa fille de deux ans, est une bénéficiaire du programme Épargne pour le changement. Elle tient à présent un petit magasin et restaurant dans le village de Kouk Sangkerch, dans la province d’Oddar Meanchey.

Plen Soben, 25 ans, ici avec sa fille de deux ans, est une bénéficiaire du programme Épargne pour le changement. Elle tient à présent un petit magasin et restaurant dans le village de Kouk Sangkerch, dans la province d’Oddar Meanchey. Membre de deux groupes d’épargne, dont l’un qu’elle a elle-même mis en place, Plen s’efforce actuellement d’économiser de l’argent pour acheter une moto. Photo : Patrick Brown/Panos pour Oxfam

Moyens de subsistance durables

Oxfam s’emploie à renforcer la durabilité des moyens de subsistance au Cambodge et au Laos. Dans la province cambodgienne de Pursat, notre partenaire Srer Khmer forme des agricultrices et agriculteurs au système de riziculture intensive (SRI) pour les aider à améliorer leurs récoltes.

Khek Koeu, 55 ans, productrice de riz dans la province de Pursat, est devenue une experte du système de riziculture intensive.

Khek Koeu, 55 ans, productrice de riz dans la province de Pursat, est devenue une experte du système de riziculture intensive. Photo : Patrick Brown/Panos pour Oxfam

Système accessible à tout le monde car ne nécessitant pas d’investissement technique important, le SRI permet de produire davantage de riz tout en réduisant les quantités de semences, d’eau et d’engrais utilisées. Khek Koeu se félicite des résultats obtenus depuis qu’elle a adopté ce système : « Ça marche bien. Normalement, le riz peut se vendre à 500 riels le kilo, mais notre grain atteint 2 500 riels le kilo compte tenu de la forte demande. Après la récolte, les gens viennent toujours acheter chez moi. Ils me font confiance, car la qualité est impressionnante. »

Sur l’île de Don Sahong, au Laos, nous collaborons avec une organisation appelée CLICK, qui aide 20 communautés riveraines du Mékong à documenter les activités commerciales traditionnelles, telles que les techniques de pêche, l’élevage de poulets et la fabrication de prahok (une pâte de poisson fermenté couramment utilisée dans la cuisine cambodgienne).

Ce projet vise à favoriser les échanges entre les membres des communautés et à leur permettre d’apprendre les meilleures pratiques. En même temps, il soutient les moyens de subsistance et contribue au programme des écoles locales. Mais selon les propres termes d’un agent du projet CLICK, il vise également à permettre aux populations de « se rendre compte de l’importance du fleuve dans leur existence ».

Manivanh Kham Chieng (à droite) et Keomany Nou Feng, pêcheurs de Se Hoing, un village de l’île de Don Sahong sur le Mékong, dans le sud du Laos, documentent tous deux leurs techniques.

Manivanh Kham Chieng (à droite) et Keomany Nou Feng, pêcheurs de Se Hoing, un village de l’île de Don Sahong sur le Mékong, dans le sud du Laos, consignent tous deux leurs techniques pour les prochaines générations. Photo : Savann Oeurm/Oxfam

Pour en savoir plus, consultez le site Web de l’équipe d’Oxfam au Cambodge (en anglais)