Asgedech, Héroïne de l’alimentation en Éthiopie : « Je n’abandonne jamais, c’est le secret de ma réussite »

Ce qu’Asgedech préfère dans l’activité agricole, c’est de produire des légumes. « J’aime ce travail et le résultat est toujours très gratifiant. J’ai pu construire ma maison avec les seuls revenus tirés de la production et la vente des carottes. »
Ce qu’Asgedech préfère dans l’activité agricole, c’est de produire des légumes. « J’aime ce travail et le résultat est toujours très gratifiant. J’ai pu construire ma maison avec les seuls revenus tirés de la production et la vente des carottes. »

Asgedech Wolde Tensay est née et a grandi dans un petit village près de la ville de Deber Birhan, à 131 km d’Addis-Abeba, la capitale éthiopienne. Elle rêvait d’une vie très différente de celle qu’elle connaît aujourd’hui. Enfant, elle voulait aller à l’école et devenir enseignante.

Comme sa famille n’habitait pas loin de Deber Birhan, l’envoyer à l’école aurait dû ne pas poser problème. « Il y avait même une école publique à proximité », se souvient-elle. Ses parents ont cependant décidé de scolariser son frère aîné et de la garder à la maison pour qu’elle puisse travailler à la ferme et s’occuper de tâches ménagères.

Toujours en quête d’améliorations

Asgedech a appris à tout ce qu’elle sait de l’agriculture en grandissant dans une ferme : ce qu’il convient de faire, mais aussi ce qu’il ne faut pas faire. « Mes parents possédaient une très grande ferme. Mais il y avait toujours des problèmes de production. Les récoltes étaient insuffisantes, car ils restaient très traditionnels et ne s’ouvraient jamais à la moindre technologie ou innovation », regrette-t-elle.

Cela a changé quand elle a démarré sa propre activité agricole. Asgedech a maintenant une petite parcelle d’environ 1,5 hectare, mais à 40 ans, elle est toujours en quête de moyens d’améliorer les rendements et d’accroître ses revenus. C’est pourquoi elle a commencé à élever des animaux pour produire du lait et vendre des animaux engraissés au marché, notamment du bœuf et du mouton.

Elle produit également de l’areke, un alcool local très populaire qui ressemble au gin. Elle loue en outre des terres d’autres personnes et produit différents types de légumes. C’est ce qu’elle préfère dans l’activité agricole : produire des légumes. « J’aime simplement ce travail et le résultat est toujours très gratifiant. J’ai pu construire ma maison avec les seuls revenus tirés de la production et la vente des carottes », se réjouit-elle.

L’Éthiopie a enregistré des progrès économiques au cours des dix dernières années et l’agriculture y a largement contribué. Pourtant, le rôle joué par les agricultrices n’est globalement pas reconnu, bien que plus de 70 % des cultures vivrières soient produites par des femmes.

Une récompense source d’inspiration

Ses efforts exemplaires pour accroître la productivité de sa ferme en recourant à de nouvelles techniques et en nouant des liens avec d’autres villages ont valu à Asgedech de remporter le prix éthiopien des Héroïnes de l’alimentation en 2015.

En Éthiopie, ce projet est particulièrement utile et nécessaire. Le pays a enregistré des progrès économiques au cours des dix dernières années et l’agriculture y a largement contribué. Pourtant, le rôle joué par les agricultrices n’est globalement pas reconnu, bien que plus de 70 % des cultures vivrières soient produites par des femmes. Du fait de ce manque de reconnaissance, les femmes souffrent de discriminations et, malgré une politique progressiste, n’accèdent pas facilement aux aides agricoles.

Le projet des Héroïnes de l’alimentation a en particulier eu pour effet de changer la vie des lauréates, notamment en renforçant leur confiance en soi, leur visibilité et leur motivation. Le prix les a encouragées à trouver de nouveaux moyens de continuer à développer leur activité agricole et à exercer des fonctions de direction.

En mettant en vedette des femmes et en saluant leur expérience et leurs réalisations, il améliore la reconnaissance des agricultrices éthiopiennes et leur offre la possibilité de dialoguer directement avec des responsables politiques, ce qui est particulièrement important compte tenu des défis auxquels sont confrontés les agriculteurs éthiopiens, notamment les femmes.