Réduisons la consommation de charbon

Avez-vous déjà mangé du charbon ? La mise en scène d’Oxfam souligne la menace que le changement climatique fait peser sur notre alimentation. Crédit photo : Ainhoa Goma/Oxfam
Avez-vous déjà mangé du charbon ? La mise en scène d’Oxfam souligne la menace que le changement climatique fait peser sur notre alimentation. Crédit photo : Ainhoa Goma/Oxfam

Le changement climatique pèse déjà sur notre alimentation. C’est notre pire ennemi dans la lutte contre la faim. Responsable d’un tiers des émissions de CO2 depuis la révolution industrielle, le charbon est la première cause du changement climatique. Étant donné que les effets du changement climatique touchent de manière disproportionnée les populations les plus vulnérables et en situation de précarité alimentaire, l’emploi du charbon exacerbe encore les inégalités. Chaque centrale à charbon peut être considérée comme une arme de destruction climatique : elle alimente des dérèglements météorologiques dévastateurs, détruit les récoltes, fait grimper les prix des denrées alimentaires et, au bout du compte, fait souffrir de la faim de plus en plus de personnes. C’est pourquoi Oxfam exhorte les pays riches à abandonner le charbon dans les plus brefs délais et à adopter exclusivement des énergies renouvelables. Il faut aider les pays en développement, dont bon nombre prennent déjà des mesures ambitieuses, à fonder leur économie sur les énergies renouvelables. Voici un aperçu de l’action d’Oxfam dans ce domaine.

ROYAUME-UNI

Traditionnellement, les pays riches comme le Royaume-Uni contribuent lourdement au changement climatique. Il est temps que le Royaume-Uni montre l’exemple et publie un plan d’arrêt du charbon pour pouvoir ensuite inciter les autres États à en faire autant. C’est le moment où jamais d’interpeller le gouvernement britannique et de l’inciter à mettre un terme à la pollution au charbon. Les dirigeant-e-s du monde devant parvenir à un accord mondial sur le climat à Paris, au mois de décembre prochain, le Royaume-Uni doit montrer la voie en mettant fin aux émissions des centrales à charbon. Sinon, nous risquons d’aggraver le changement climatique, ainsi que la faim dans le monde.

FRANCE

Par le biais de deux entreprises contrôlées par l’État, EDF et Engie (anciennement GDF Suez), la France est un grand financeur de projets charbonniers dans d’autres pays, y compris des centrales à charbon vétustes et polluantes au Royaume-Uni, en Pologne et en Afrique du Sud. Le 19 mai dernier, Oxfam France a publié avec les Amis de la Terre un rapport révélant que les émissions annuelles des centrales à charbon de ces deux entreprises correspondent à près de la moitié des émissions de CO2 de la France. Cette année culminera avec le sommet sur le climat à Paris. En tant que présidente, la France doit donner l’exemple et demander à EDF et Engie de retirer leurs investissements du secteur du charbon et d’arrêter immédiatement de financer de nouveaux projets. Comment la France pourrait-elle exiger des actions fortes de la part des pays en développement si elle-même ne prend pas l’initiative d’abandonner le charbon ? Les militantes et militants pourront soutenir nos actions en France tout au long de l’année. 

ALLEMAGNE

Lors de la réunion des ministres de l’Énergie du G7, les 11 et 12 mai derniers, Oxfam Allemagne a lancé sa campagne « Kohle kostet Leben! » (en français, le charbon coûte des vies). Cette campagne repose sur un rapport sur le charbon en Allemagne et les effets du changement climatique dans les pays du Sud, un site Web et une pétition adressée à la chancelière allemande, Angela Merkel, pour réclamer la sortie progressive du charbon. 

Dans le cadre de cette campagne, Oxfam Allemagne demande au gouvernement allemand de fermer les centrales à charbon les plus anciennes et les plus inefficaces d’ici à 2020 et de prendre les mesures nécessaires pour que le pays atteigne son objectif de réduire les émissions de CO2 de 40 % à l’horizon 2020. Oxfam Allemagne réclame également l’arrêt total du charbon d’ici à 2040 et le passage à 100 % d’énergies renouvelables d’ici à 2050, en Allemagne. Cette campagne veut enfin pousser le gouvernement allemand à arrêter de financer le charbon à l’étranger (par le biais de KfW et d’Euler Hermes AG, l’organisme allemand de crédit à l’exportation) pour systématiquement soutenir les projets d’énergie renouvelable.

RUSSIE

La Russie, qui possède d’immenses réserves de ressources fossiles, et plus particulièrement de charbon, émet de grandes quantités de carbone. Pourtant, les énergies renouvelables pourraient satisfaire la consommation intérieure d’énergie tout en fournissant assez d’énergie « verte » pour l’exportation. Le passage du charbon à l’énergie renouvelable, qui permettrait de réduire les émissions de CO2, la pollution et les risques pour la santé de la population, en même temps que les factures de gaz et d’électricité, serait un pas dans la bonne direction.

Oxfam Russie mène une étude sur les politiques nationales dont le pays a besoin et l’étayera de deux ou trois études de cas dans les provinces russes sur les possibilités de développement des énergies renouvelables et les freins. Un projet pilote dans la région de l’Altaï vise en outre à installer une pompe à chaleur dans une école isolée pour y réduire au minimum la consommation de charbon. 

RESSOURCES

« Qu’ils mangent du charbon ! Pourquoi le G7 doit mettre fin à la combustion du charbon pour lutter contre le changement climatique et contre la faim »

« Speaking Truth to Power: Why energy distribution, more than generation, is Africa’s poverty reduction challenge » (en anglais uniquement)

« Powering up against poverty: Why renewable energy is the future » (en anglais uniquement)

« John Magrath's blogs on solar energy » (en anglais uniquement)