Sécheresse et déplacement : comment les familles survivent en Éthiopie

Habodo devant son abri avec deux de ses enfants, Habiiba* (3 ans et demi) et Saafi* (6 ans), près de Bisle, dans la zone de Siti, en Éthiopie.
Habodo devant son abri avec deux de ses enfants, Habiiba* (3 ans et demi) et Saafi* (6 ans), près de Bisle, dans la zone de Siti, en Éthiopie.

Une sécheresse dévastatrice plonge l’Éthiopie dans la plus grave crise alimentaire que le pays ait connue depuis trente ans, avec des millions de personnes menacées par la faim et la maladie. Selon les estimations du gouvernement éthiopien, 10,2 millions de personnes auront besoin d’aide humanitaire en 2016. Nous aidons plus de 160 000 personnes dans trois régions particulièrement touchées, où nous acheminons de l’eau par camion, réparons les puits et fournissons des aliments pour les animaux. Lors d’une crise alimentaire, l’approvisionnement en eau potable est essentiel pour boire et cuisiner, mais aussi sur le plan de l’hygiène.


Comme Habodo (photo ci-dessus), nombre de personnes ont dû quitter leurs terres en quête de nourriture et d’eau lorsque leur bétail est mort. Ces personnes vivent désormais dans des petits campements villageois.

Habodo témoigne

Habodo vit avec cinq de ses sept enfants dans un petit abri en bois recouvert de peaux, dans un camp pour déplacés situé dans la zone de Siti, à l’est de l’Éthiopie.

« Nous nous sommes arrêtés ici, parce qu’il n’y a pas d’eau ailleurs. Nous ne pouvions pas emporter notre maison avec nous. Voici tout ce que nous avons pu prendre. Le soleil nous gêne. Nous n’avons même pas de couvertures », explique-t-elle, assise devant son petit abri en bois recouvert de peaux.

Leur campement se trouve à vingt minutes de marche de la communauté hôte et du réservoir d’eau d’Oxfam. « Ici, l’approvisionnement est très bien pour nous, car nous ne devons pas marcher pendant des heures pour aller chercher de l’eau. Avant le camion-citerne, nous devions aller loin pour en trouver. Nous nous mettions en route à 6 heures du matin et rentrions à midi. »

Cette eau permet à Habodo et sa famille de survivre, mais la sécheresse continue d’avoir un impact considérable sur leur vie. « Nous avons tellement faim que nous avons commencé à manger des choses étranges [comme] des racines d’arbre. Mais elles n’ont pas de goût et n’enlèvent pas la faim. Nous nous sentons paralysés et impuissants. »

Howa avec sa fille devant son abri, dans le camp pour déplacés de Harisso, dans la zone de Siti, en région Somali.

Howa avec sa fille devant son abri, dans le camp pour déplacés de Harisso, dans la zone de Siti, en région Somali.

80 % de la population de la zone de Siti vit de l’élevage. La sécheresse a tué plus de 500 000 animaux dans la région, et des milliers de personnes se retrouvent sans ressources.

Howa a perdu plus de 500 bêtes. Elle vit désormais dans un camp pour déplacés avec quatre de ses dix enfants, tandis que son mari est allé chercher du travail à Djibouti. Sans argent, elle ne peut rien acheter au marché et survit à peine. « Ici, dans le village, il n’y a pas de travail, explique-t-elle. Il n’y a rien à faire. Je vais chercher de l’eau, du bois de chauffe et du maïs au Programme alimentaire mondial. »

Des bénévoles d’Oxfam aident à décharger des céréales pour animaux, dans la zone de Siti, en région Somali.

Des bénévoles d’Oxfam aident à décharger des céréales pour animaux, dans la zone de Siti, en région Somali.

En plus d’acheminer de l’eau, Oxfam aide les populations à protéger leurs moyens de subsistance en distribuant des aliments pour animaux, en leur permettant de vendre leur bétail à un prix décent et en distribuant la viande aux familles les plus vulnérables.

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* Les noms des enfants ont été changés afin de protéger leur identité, conformément à la politique d’Oxfam en matière de protection des enfants.

Photos : Abbie Trayler-Smith/Oxfam