Ce que la paix signifie au Soudan du Sud

Pour Nyambon, la paix, c’est avoir le choix. “La paix est une question de liberté, celle de vivre. Je veux être libre de choisir mon avenir. Je vous aller à l’école et choisir mes études. La paix, c’est avoir cette liberté.” Photo: Ashlee Hammer/Oxfam
Pour Nyambon, la paix, c’est avoir le choix. “La paix est une question de liberté, celle de vivre. Je veux être libre de choisir mon avenir. Je vous aller à l’école et choisir mes études. La paix, c’est avoir cette liberté.” Photo: Ashlee Hammer/Oxfam

Cinq ans après son indépendance, le Soudan du Sud est confronté à une crise humanitaire aigüe provoqué par un conflit sans fin. Des millions de personnes ont été déplacées et se trouvent dans une situation de grave insécurité alimentaire. L'aide humanitaire apporte un mieux, mais le seul moyen de régler cette crise est de mettre fin aux violences et d'instaurer une paix durable.

Dans cet immense pays qu’est le Soudan du Sud, le mot "paix" revêt de multiples sens. Pour certaines personnes, il peut désigner la signature d’un accord de paix, mais pour d’autres, il représente tellement plus. Oxfam a demandé à des hommes et des femmes ce que signifie la paix à leurs yeux, espérant ainsi mettre en lumière les besoins engendrés par le conflit dans le pays, mais aussi la nécessité d’une paix durable pour y pourvoir.

Voici quelques-unes de leurs réponses.

Peter et son fils Andrew : la paix, c’est un avenir meilleur

Pour Peter et son fils Andrew, la paix au Soudan du Sud, c’est un avenir meilleur.

Andrew vit avec son père, Peter. Sa mère a été tuée en août 2015, lors des affrontements à Bentiu. Andrew avait alors un mois. Son père l’a pris dans ses bras et, abandonnant la dépouille de sa femme, est parti chercher refuge à Nyal. Andrew a maintenant dix mois et grandit bien auprès de son père.

"À l’avenir, quand mon fils sera un homme et que le monde aura changé, personne ne se rendra compte qu’il a grandi sans mère. Je suis à la fois sa mère et son père. Je tiens à ce qu’il sache qu’il aura toujours quelqu’un à ses côtés et que sa vie est importante."

"Si en grandissant, mon enfant a la possibilité d’aller à l’école et d’être une meilleure personne que moi, alors je saurai qu’il y a la paix."

Photo: Ashlee Hammer/Oxfam

Monica : la paix, c’est la fin des coups de feu

Pour Monica, la paix au Soudan du Sud, c’est la fin des coups de feu.

Monica n’est pas rentrée chez elle, à Malakal, depuis près de deux ans. Pendant tout ce temps, elle n’a pas vu ni parlé à deux de ses quatre enfants. Quand le conflit a éclaté dans le pays, Monica et les autres membres de sa famille ont dû fuir en laissant les deux enfants dans le chaos et la confusion.

"Je veux rentrer et retrouver mes enfants. Je ne peux pas dormir sans savoir comment ils vont. J’espère que la paix reviendra bientôt pour que nous puissions tous rentrer chez nous et avoir au moins une nuit sans coups de feu."

"Je suis forte. J’ai l’habitude de travailler et de m’occuper de ma famille. Mon vœu le plus cher est de pouvoir continuer à le faire."

Photo: Stella Madete/Oxfam

Isaac : la paix, c’est la coexistence

Pour Isaac, la paix au Soudan du Sud, c’est la coexistence.

"Nous connaissons la guerre depuis longtemps et les gens se sont toujours entraidés. Mais le moment est venu d’unir nos efforts pour progresser vers la paix. Nous devons nous pousser les uns les autres, avec la même force et les mêmes chants, sur la voie de la paix. Tout est lié. Notre sort à toutes et tous est lié."

"La paix n’est pas source d’exclusion ni de division, puisque tout le monde doit avoir les moyens et la motivation de continuer à agir. Seuls, nous ne pourrons par parvenir à la paix ; nous devons associer nos voisines et voisins pour réaliser notre rêve de stabilité partout."

"Nous devons encourager le dialogue entre communautés, pour que celles-ci puissent se rencontrer et se comprendre et voir l’utilité de vivre ensemble dans la paix."

Photo: Stella Madete/Oxfam

Kelelia : la paix, c’est la fierté

Pour Kelelia, la paix au Soudan du Sud, c’est la fierté.

"Nous jouissions d’une grande liberté dans notre village. Nous pouvions aller ramasser des ignames sauvages dans la brousse et cultiver nos terres en paix. Nous étions heureux. Personne n’interférait dans notre vie. Maintenant, les intimidations limitent nos déplacements."

"Je suis agricultrice et fière de l’être. Je cultivais le sorgho, le mil, l’arachide, le manioc, le gombo, le simsim, les tomates et d’autres légumes. J’avais aussi des poulets et je commençais petit à petit un élevage de brebis et de chèvres. C’en est fini de tout cela à présent."

"Nous nourrissions la population de Wau. Cela nous fait mal de ne pas avoir les moyens d’acheter de la nourriture, car nous savons qu’il y en a. Les prix ont augmenté parce que nos cultures ont été détruites, non parce que personne ne cultive la terre."

Photo: Stella Madete/Oxfam

Sultan : la paix, c’est l’harmonie

Pour Sultan, la paix au Soudan du Sud, c’est l’harmonie.

Sultan, père de sept enfants, est le chef du village de Muor Anyar. Il est responsable des membres de sa communauté, qui lui ont confié leur protection. Mais il se sent impuissant face aux combats et aux déplacements forcés. La seule voie possible vers la paix passe par la fin des violences, qui rouvrira l’accès aux champs, estime Sultan.

"Nos communautés ont survécu grâce à notre travail de la terre et à notre capacité à nous nourrir et à vivre en paix. Jusqu’à présent, nous ne sentions pas la présence d’un gouvernement. Mais maintenant, les combats détruisent tout ce pour quoi nous avons travaillé et nous chassent de chez nous. Nous n’avons plus de droits."

"La paix veut dire rentrer chez nous pour vivre librement, sans l’ingérence de qui que ce soit. C’est la fin des combats, des massacres, des pillages et de la peur. C’est l’harmonie."

Photo: Stella Madete/Oxfam

Vous pouvez aider

Des millions de personnes au Soudan du Sud ont toujours cruellement besoin de vivres, d’eau potable, de services de santé et d’assainissement, d’un abri et de protection. Oxfam apporte une assistance humanitaire à près de 860 000 personnes à travers le pays. Avec votre aide, nous pourrions faire davantage.

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