Soudan du Sud : aider les populations à survivre au conflit

Nyawol Piu prend de l’eau à un réservoir fourni par Oxfam, dans l’État de Jonglei.
Nyawol Piu prend de l’eau à un réservoir fourni par Oxfam, dans l’État de Jonglei.

Après des décennies de combats, le Soudan du Sud est devenu un État indépendant en juillet 2011. Beaucoup ont alors cru à la fin des violences dans la région. Malheureusement, une crise au pouvoir a éclaté en décembre 2013 et plongé le pays dans un conflit qui a fait des milliers de morts.

Les violences ont entraîné d’importants déplacements de population au Soudan du Sud, chassant des millions de personnes de chez elles. Avec la poursuite du conflit, ces personnes se trouvent à présent confrontées à la faim et à une grave insécurité alimentaire. Oxfam répond aux besoins humanitaires immédiats, tout en aidant les populations à se rétablir durablement.

Nous concentrons nos efforts sur l’approvisionnement en eau potable, la promotion de la santé publique, le renforcement des moyens de subsistance et la promotion d’une citoyenneté active. En collaboration avec nos partenaires, nous travaillons également sur les questions de consolidation de la paix et de gouvernance. 

Accès à l’eau potable

 Pablo Tosco

Près de Bor, capitale de l’État de Jonglei, Martha Nyandit vient chercher de l’eau au Nil, où les crocodiles et les risques d’embuscades rendent la corvée d’eau particulièrement dangereuse. Photo : Pablo Tosco

Pendant un conflit, il est essentiel d’améliorer l’accès à l’eau pour sauver des vies. Plus de 47 % de la population sud-soudanaise n’a pas accès à l’eau potable. C’est notamment le cas des personnes habitant dans les zones de conflit qui ont dû fuir sans rien pouvoir emporter ou presque. Il leur faut parcourir de longues distances à pied pour aller puiser une eau insalubre dans des puits contaminés ou des fossés, ce qui entraîne le développement de maladies.

Dans les États de l’Équatoria-Central, de Jonglei, de Warab, du Nil supérieur et des Lacs, Oxfam a installé un réseau de robinets, conduites et réservoirs pour permettre au plus grand nombre d’accéder à l’eau potable. Plus de 350 000 personnes en bénéficient.

« Avant, la corvée d’eau prenait beaucoup de temps. Maintenant, je vais chercher de l’eau le matin et le soir sans perdre de temps », se réjouit Nyawol Piu, qui peut désormais s’approvisionner à un réservoir d’eau fourni par Oxfam dans l’État de Jonglei.

Dans tout le pays, les communautés et les camps accueillant les personnes déplacées par le conflit manquent d’infrastructures d’assainissement.

Face à ce problème, nous organisons des séances d’information sur l’hygiène et, pour favoriser le respect des bonnes pratiques en la matière, nous distribuons des kits contenant des seaux, des jerricans, du savon, des comprimés de purification d’eau et des serviettes hygiéniques. Nous dispensons également des formations à la construction de latrines et nous fournissons les matériaux nécessaires, une aide qui a jusqu’à présent bénéficié à près de 2 000 personnes.

Insécurité alimentaire

Nyamor Nwat vit dans un petit village agricole d’une région sud-soudanaise sous le contrôle de l’opposition. Les principales voies d’approvisionnement sont coupées par le conflit. Les denrées alimentaires et l’eau se font donc rares et coûtent de plus en plus cher.

Les personnes qui, comme Nyamor, se retrouvent sans source de revenus n’ont pas les moyens d’acheter de la nourriture sur le marché pour compléter le peu qu’elles parviennent à cultiver. Avant la crise, sa famille pouvait circuler librement. Ils pouvaient cultiver deux fois plus d’aliments et trouver plus d’endroits où faire paître leur bétail. Mais avec les combats, c’est devenu trop dangereux. Pour le moment, les 18 membres de sa famille ont tout juste de quoi se nourrir, mais ils seront bientôt réduits à manger de l’herbe et des feuilles pour calmer la faim.

 Pablo Tosco

Martha reçoit sa ration d’aide alimentaire. Photo : Pablo Tosco

« Quand il n’y a rien à manger, je demande un prêt ou je quémande un peu de nourriture auprès de mes voisins qui ont moins d’enfants. Il m’arrive de me sentir si faible que je crains de ne pas avoir assez de lait pour mon bébé. Peut-être qu’un jour, des gens se rendront compte de la vulnérabilité des gens comme nous et décideront de nous aider davantage », explique Martha, mère de six enfants dans un camp de déplacés situé près de Bor.

La crise a rendu toute activité agricole difficile, ce qui a perturbé les marchés, réduit les moyens de subsistance et contraint les communautés d’accueil à partager le peu qu’elles possédaient avec les déplacés. 4,6 millions de personnes ne peuvent donc plus manger à leur faim.

Depuis juin 2015, plus de 2 600 tonnes de vivres ont été parachutées dans le nord du Jonglei. Cela a permis aux populations de survivre, mais ce ne peut être qu’une solution à court terme. Nous commençons à compléter les distributions alimentaires par des activités agricoles et de pêche, afin de donner aux populations les moyens de retrouver leur autonomie. 

Renforcement des moyens de subsistance

Le conflit a affaibli l’économie et le niveau de vie des habitants a baissé. Beaucoup ne peuvent plus satisfaire leurs besoins quotidiens, ce qui accroît la pression sur les infrastructures et les services publics déjà mis à rude épreuve. Dans les zones urbaines comme Djouba, le foyer du conflit, les conditions de vie continuent de se détériorer du fait du manque de travail.

Oxfam aide les personnes affectées en fournissant une ressource rare et vitale en ville : l’eau potable. Plus de 28 000 personnes sont ainsi approvisionnées en eau dans un camp de l’ONU pour personnes déplacées, à Djouba. Nous faisons également en sorte qu’hommes et femmes disposent de moyens de gagner un revenu.

 Mackenzie Knowles

Yang Pal tient un fourneau économe en combustible, qu’elle a reçu dans le cadre de notre programme de renforcement des moyens de subsistance, mené près de Djouba. Photo : Mackenzie Knowles 

Dans le camp, nous avions observé que les femmes et les filles devaient aller chercher du combustible pour la cuisine dans des zones dangereuses. Pour leur éviter de courir ce risque tout en améliorant leurs moyens de subsistance, nous avons identifié neuf marchands de charbon de bois et mis en place un système de bons d’achat. Les distributions ont lieu une fois par mois. Après avoir reçu leurs bons, les bénéficiaires vont les échanger contre du charbon chez les marchands participants. Ceux-ci reçoivent ensuite l’argent correspondant à la valeur des bons qu’ils ont collectés.

Oxfam a également distribué des fourneaux performants qui évitent que le vent ne cause une consommation excessive de charbon. « Le charbon brûle plus lentement avec ce fourneau qu’avec celui que j’utilisais avant, observe Yang Pal, qui a reçu un fourneau à charbon économe. Il fait gagner du temps, parce qu’on ne doit pas constamment ajouter du charbon. Il permet aussi d’économiser de l’argent, car il n’est pas nécessaire de continuer à acheter du charbon une fois les bons utilisés. »

Vous pouvez aider

Jusqu’à présent, nous avons apporté une aide humanitaire à près de 860 000 personnes au Soudan du Sud et soutenu plus de 350 000 personnes dans le cadre d’activités de développement à long terme qui contribuent à lutter contre les causes profondes de la pauvreté.

Avec votre aide, nous pouvons apporter une assistance vitale