Aider les réfugiés syriens en Serbie

Des réfugiés attendent pour s’enregistrer et recevoir un permis de circulation en Serbie. Photo : Simon Tarling/Oxfam
Des réfugiés d’Afghanistan et du Moyen-Orient attendent dans un centre d’accueil pour migrants et réfugiés pour s’enregistrer et obtenir un permis de circulation de 72 heures, à Preševo, en Serbie, le 4 octobre 2015

La crise liée aux déplacements massifs de la population syrienne s’étend et se durcit. Alors que l’usage de bombes-barils, les massacres, les attaques aériennes et les tirs au mortier se poursuivent en Syrie, l’aide humanitaire s’amenuise et les conditions de vie dans les pays voisins deviennent de plus en plus difficiles. Ces insuffisances ajouteront au bain de sang et à la peur et intensifieront la crise des réfugiés syriens, qui s’enlisera toute une génération durant.

Oxfam s’apprête à démarrer un nouveau programme humanitaire en Serbie. Ce programme, d’un montant d’un million d’euros environ à terme, viendra en aide à une partie des milliers de personnes, dont bon nombre de Syriennes et Syriens, qui cherchent refuge en Europe et se trouvent démunies face à l’hiver qui approche dans les Balkans. Nous travaillons dans les neuf principaux pays d’origine des réfugiés à travers le monde, ainsi que dans les pays d’accueil voisins de la Syrie, comme le Liban et la Jordanie.

Nous avons fait la connaissance de quelques-uns de ces hommes et femmes qui ont dû fuir leur pays. Voici leur histoire.

 

Après s’être enregistrée et avoir obtenu un permis de circulation de 72 heures, Mariam Bazr Bashi (29 ans), de Damas, attend de monter dans un bus, dans un centre d’accueil pour migrants et réfugiés à Preševo, en Serbie, le 4 octobre 2015.​ 

De Turquie, Mariam est passée par la Macédoine pour arriver en Serbie. Elle voyageait depuis sept jours avec ses deux enfants, Ali (7 ans) et Abbas (4 ans). Atteint d’une myopathie, l’aîné ne peut pas marcher. Mariam l’a porté jusqu’en Serbie, où on lui a donné une chaise roulante. Elle a l’intention d’aller en Allemagne pour y faire soigner son fils. Son mari se trouve toujours en Syrie.

 

Ahmad, un réfugié de Syrie, et sa fille Nour, arrivent à un centre d’enregistrement des migrants et des réfugiés à Preševo, dans le sud de la Serbie, le 4 octobre 2015.

Une fois enregistrés, les réfugiés reçoivent un permis de circulation valable 72 heures, qui leur permettra de traverser la Serbie pour gagner la Croatie. Ahmad et ses compagnons de route avaient déjà parcouru 20 km à pied ce jour-là.

« À leur arrivée ici, les gens sont épuisés, ils ont faim et soif, et ont souvent besoin de soins médicaux d’urgence, explique Riccardo Sansone, coordinateur de l’aide humanitaire d’Oxfam en Serbie. Ils sont traumatisés, ayant souvent été maltraités par les passeurs et les réseaux de traite d’êtres humains. Les infrastructures d’eau et d’assainissement sont en outre insuffisantes le long des routes de migration, car la Serbie n’avait pas anticipé un tel afflux. »

 

Mawia (4 ans) attend avec sa maman de retrouver son papa, Mahamoud Abdullah Othman. Ils ont été séparés dans la foule du centre d’enregistrement des migrants et des réfugiés à Preševo, dans le sud de la Serbie, le 4 octobre 2015. Selon Mahamoud, ils avaient dû attendre trois jours avant de pouvoir s’enregistrer et obtenir l’autorisation de poursuivre leur route.

Pour Riccardo Sansone, il convient de renforcer et soutenir les efforts déployés par le gouvernement serbe pour se préparer à recevoir les réfugiés. La Serbie a fait appel à l’aide internationale. Les réfugiés se voient déjà confrontés à la perspective d’un hiver glacial. « Des familles avec de jeunes enfants dorment dehors dans des parcs, des gares routières et ferroviaires et aux points de passage. Ils sont très exposés aux risques de vol, de violences sexuelles et d’autres mauvais traitements », observe-t-il.

« Les réfugiés de Syrie et d’autres pays ont le droit de vivre à l’abri de la violence et dans la dignité, de satisfaire leurs besoins fondamentaux et de trouver asile, insiste Winnie Byanyima, directrice générale d’Oxfam International. À ces trois égards, ils sont laissés pour compte. Tant que rien ne sera fait dans ces domaines, on ne verra pas la fin des souffrances de la population syrienne. »

Photos : Sam Tarling/Oxfam