Dans une Alep détruite, près de 2 millions de personnes privées d’eau potable

Des enfants remplissent des bidons à un point d’eau public dans le quartier de Tishreen, à Alep-Ouest. Beaucoup sont des déplacés qui vivent dans des bâtiments en construction sans eau courante ni sanitaires.
Des enfants remplissent des bidons à un point d’eau public dans le quartier de Tishreen, à Alep-Ouest. Beaucoup sont des déplacés qui vivent dans des bâtiments en construction sans eau courante ni sanitaires.

Hassan*, 15 ans, fait partie des 1,8 million de personnes qui se sont retrouvées sans eau courante à Alep pendant près d’un mois, les militants de Daesh, qui contrôlaient la principale source d’eau de la ville, ayant coupé l’alimentation.

Le jeune garçon remplit deux bidons à un puits public et rentre chez lui retrouver sa mère et sa sœur, à Alep. Pour qu’ils aient suffisamment d’eau, il devra faire plusieurs voyages.

Hassan fait partie des 1,8 million de personnes qui se se sont retrouvées sans eau courante à Alep pendant près d’un mois.

« Tous les deux jours, je fais quatre ou cinq allers-retours au puits public le plus proche, pour remplir mes bidons et apporter environ 150 litres d’eau à ma famille. Cela me prend environ deux heures », explique Hassan, pour qui l’eau courante est désormais un « rêve ».

Hassan, qui habitait Alep-Est, alors aux mains des rebelles, a emménagé dans la partie ouest de la ville, contrôlée par le gouvernement, il y a trois ans. Après le décès de son père d’une crise cardiaque, il a pu trouver un emploi dans une boutique de quartier afin de subvenir aux besoins de sa sœur de 7 ans, Hanine, et de sa mère, Suad*.

Tous les deux jours, Hassan fait quatre ou cinq allers-retours au puits public le plus proche, pour remplir ses bidons et apporter environ 150 litres d’eau à sa famille.

Bien que l’école ait repris pour Hassan, à Alep-Ouest, ses journées ne ressemblent pas à celles d’un adolescent : il doit davantage se soucier du manque d’eau que de ses devoirs. « Je fatigue, mais je suis content de pouvoir aider ma mère et ma sœur », affirme-t-il.

Approvisionner la ville en eau potable

L’ensemble d’Alep est désormais contrôlé par le gouvernement syrien. Mais la partie orientale de la ville, qui a enduré une longue offensive militaire et subi des dégâts importants, ne s’est pas encore relevée de ses ruines.

Les pénuries d’eau ajoutent aux épreuves des personnes rentrées chez elles. Celles-ci dépendent désormais des puits publics et des camions qui livrent de l’eau à certains points.

Début février, une équipe d'Oxfam a achevé la réhabilitation d'un puits à Alep-Est.

Les pénuries d’eau ajoutent aux épreuves des personnes rentrées chez elles. Celles-ci dépendent désormais des puits publics et des camions qui livrent de l’eau à certains points.

Face à cette situation, Oxfam a restauré sept puits que son équipe avait dotés de matériel neuf il y a un an, dans le cadre d’un projet interorganisations visant à entretenir au moins 122 puits pour procurer de l’eau potable à près de 2 millions d’habitants.

Oxfam a également installé quatre réservoirs collectifs d’une capacité de 45 000 litres chacun et plus de 117 réservoirs familiaux, d’une capacité allant de 500 à 1 000 litres, afin de pouvoir stocker davantage d’eau dans les zones où se trouvent de nombreux déplacés.

Nous avons aussi distribué des kits d’hygiène (contenant du shampooing, du savon, des rasoirs, des serviettes hygiéniques et d’autres produits de première nécessité), ainsi que des couvertures, des bouteilles d’eau et des tapis à des milliers de personnes déplacées.

En décembre 2016, Oxfam a installé un second générateur à Alep-Est.

En mars 2016, Oxfam avait installé un premier générateur dans la principale station de pompage d’Alep, qui se met en route en cas de coupure de courant. En décembre 2016, l’organisation en a transféré un second d’Alep-Ouest à Alep-Est, en coordination avec le Croissant-Rouge arabe syrien. Une fois installé, ce générateur aura la même fonction que le premier, et tous deux permettront de pomper de l’eau pour plus d’un million de personnes.

Vous pouvez aider

Le conflit en Syrie, qui dure depuis six ans, a coûté la vie à plus de 300 000 personnes. Des centaines de milliers de personnes vivent dans des conditions épouvantables, sous la menace des violences qui se poursuivent. Leur droit d’accéder à une aide appropriée et à des services essentiels doit impérativement être protégé.

En collaboration avec les administrations des eaux locales et nationales, Oxfam aide à remettre en état les infrastructures et améliore l’accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène dans le pays.

Aidez-nous à renforcer nos opérations pour apporter de l’eau potable à la population civile syrienne.

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* Tous les prénoms ont été modifiés pour préserver l'anonymat.