Une route sûre pour un avenir meilleur : comment aider les réfugiés syriens et changer la donne

Grâce au programme « Couloirs humanitaires » dont Oxfam fait partie, la famille Al Jarrah vit maintenant en sécurité en Italie. La Syrie restera toujours leur pays, mais ils ont trouvé ici l’espoir d’un avenir meilleur.
Grâce au programme « Couloirs humanitaires » dont Oxfam fait partie, la famille Al Jarrah vit maintenant en sécurité en Italie. La Syrie restera toujours leur pays, mais ils ont trouvé ici l’espoir d’un avenir meilleur.

La communauté internationale s’est empressée de condamner les attaques contre la population civile. Pourtant de nombreux pays continuent de poursuivre une politique discriminatoire et dangereuse qui vise à décourager l’entrée des réfugiés syriens sur leur territoire.

Il est cependant possible de procéder autrement, de façon plus humaine. Oxfam fait partie d’un programme de couloirs humanitaires qui a permis à un millier de Syriennes et Syriens de trouver refuge en Europe sans risquer leur vie dans un voyage long et pénible par mer ou par terre.

Et cela change vraiment la donne.

La route de l’Italie : les espoirs et les rêves de Mohammed

Mohammed vit avec sa femme, Safa, dans une rue tranquille de la petite ville toscane de Torrenieri, dans la province de Sienne, en Italie. « Il est si agréable d’être au calme, de pouvoir vivre sereinement à l’abri de la peur et d’être traités avec respect », confie-t-il.

Il y a 18 mois, Mohammed et son frère Mouhib vivaient dans des conditions difficiles, à huit dans un garage humide, dans la vallée de la Bekaa, au Liban. Ils se faisaient exploiter, travaillant comme main-d’œuvre non qualifiée pour un salaire de misère qui n’était pas toujours versé.

Mohammed, Mouhib et leur mère Malak. Avant de pouvoir entreprendre le pénible voyage jusqu'au Liban, Malak a passé des années à Damas, déménageant d'une maison à l'autre, chez des parents ou des amis.

« Nous n’avons pas choisi de partir »

En 2011, les deux frères et leur mère avaient quitté la région rurale dans laquelle ils ont grandi, en périphérie de Damas, n’emportant rien d’autre que leurs documents d’identité et les vêtements qu’ils avaient sur eux. Ce n’était encore que le début de la crise syrienne et ils pensaient ne passer que quelques mois dans la capitale, en attendant la fin des affrontements et de pouvoir rentrer chez eux.

La situation se détériorant, les deux frères décident de fuir au Liban pour éviter un enrôlement de force dans l’armée. « Nous n’avons pas choisi de partir, nous avons été contraints de le faire, rappelle Mohammed tristement. Nous n’aurions jamais quitté la Syrie de notre plein gré. Nous n’aurions jamais quitté notre mère. Nous n’avions pas le choix. »

Une lueur d’espoir sur Facebook

Mais Mohammed et Mouhib gagnaient à peine de quoi survivre et ne pouvaient pas envoyer à leur mère l’argent nécessaire pour les rejoindre. À l’ère des réseaux sociaux, Mouhid découvre le programme « Couloirs Humanitaires » sur Facebook. « J’ai écrit un courrier électronique en arabe, qu’un ami a traduit en italien. Je l’ai envoyé et, moins d’une semaine après, j’ai reçu une réponse. »

Après plusieurs entretiens, Mohammed, Mouhib et Safa obtiennent finalement l’autorisation de quitter le Liban avec leur mère, Malak, sans devoir affronter les périls de la route de la Méditerranée centrale, qui a déjà fait plus de 350 morts cette année.

Mouhib aide sa mère à préparer le déjeuner. Oxfam héberge la famille le temps de la procédure d’asile, leur apporte un soutien médical et juridique et leur propose des cours d’italien pour les aider à s’intégrer et à démarrer une nouvelle vie. 

Une nouvelle vie en Italie 

À son arrivée en Italie, la famille Al Jarrah a été accueillie chaleureusement en Toscane. Oxfam les y héberge le temps de la procédure d’asile, leur apporte un soutien médical et juridique et leur propose des cours d’italien pour les aider à s’intégrer et à démarrer une nouvelle vie.

« Nos voisins sont très gentils, affirme Mohammed. L’Italie a toutes les infrastructures nécessaires : chaque jour, je me rends au centre-ville à pied pour aller au supermarché ou à la pharmacie. J’y rencontre des gens. Trois fois par semaine, je suis également un cours d’italien. Maintenant, je cherche du travail ; j’aimerais trouver quelque chose de créatif. »

« Ici, nous avons vécu deux bonheurs »

Safa a récemment donné naissance à une petite fille dans un hôpital entièrement équipé. « Même si je suis loin de chez moi et de ma famille, le jour de l’accouchement a été serein, raconte Safa, un large sourire aux lèvres. Le personnel médical et infirmier a été très gentil avec moi. Ma fille s’appelle Rivan. C’est le nom d’une rose rare, mais cela veut également dire herbe verte, la couleur de l’espoir. »

« Ici, en Italie, nous avons vécu deux bonheurs, se réjouit Mohammed. Le premier a été d’en finir avec le Liban et les conditions de vie épouvantables là-bas. Le second a été d’avoir notre petite fille, qui est née en Italie grâce à l’aide d’Oxfam. Je n’imagine même pas ce que cela aurait été pour elle de naître au Liban. »

Mohammed, Safa et leur petite fille Rivan. « Je rêve que ma fille puisse un jour connaître la Syrie, rencontrer notre famille et voir notre pays natal. », confie Mohammed.

La nostalgie du pays natal

Aux espoirs et aux rêves de Mohammed concernant l’avenir de sa fille se mêle la nostalgie de son pays : « Je rêve que ma fille puisse un jour connaître la Syrie, rencontrer notre famille et voir notre pays natal. Nous rêvons également de retourner en Syrie. Nous habitons ici maintenant, mais nous souhaitons rentrer : j’espère qu’un jour tout redeviendra comme avant la guerre. »

Photos: Oxfam Italie

Vous pouvez nous aider

Cela fait plus de sept ans que la crise en Syrie a éclaté, mais moins de 3 % des réfugiés syriens ont bénéficié de la réinstallation dans un pays riche. Des milliers d’entre eux restent bloqués au Liban et ailleurs.

En soutenant notre travail, vous pouvez les aider à accéder à une vie meilleure et leur redonner un avenir.