Après les ravages du cyclone Idai, la population sinistrée a désespérément besoin d’aide

Lorsque le cyclone Idai a frappé le Zimbabwe, Shoorai, 23 ans, a passé la nuit debout sur son lit avec ses enfants, cernée par les eaux. « Bon nombre de mes voisins sont morts. C’est un miracle que nous ayons survécu. » Photo : Philip Hatcher-Moore/Oxfam
Lorsque le cyclone Idai a frappé le Zimbabwe, Shoorai, 23 ans, a passé la nuit debout sur son lit avec ses enfants, cernée par les eaux. « Bon nombre de mes voisins sont morts. C’est un miracle que nous ayons survécu. » Photo : Philip Hatcher-Moore/Oxfam

Les 14 et 15 mars derniers, l’Afrique australe a subi l’assaut dévastateur du cyclone Idai, qui a semé le chaos dans son sillage. Des rafales de près de 175 km/h, de vastes inondations et des glissements de terrain ont détruit les routes et les ponts, ravagé les champs et les cultures, et endommagé des milliers d’habitations, dont certaines ont été complètement rasées.

Nous sommes allés à la rencontre des sinistré-e-s dans les régions les plus touchées du Zimbabwe, du Mozambique et du Malawi. Dorothy, Joshua et Madelema ont tout perdu dans le cyclone et ont besoin d’une aide humanitaire de toute urgence. Il en va de leur survie.

Vous pouvez agir. Faites un don pour nous aider à répondre aux besoins les plus pressants de la population.

Il y a plus d’un mois, le cyclone Idai anéantissait la vie d’environ 2 millions de personnes au Mozambique, au Malawi et au Zimbabwe. Les survivant-e-s évoquent les terribles heures pendant lesquelles le cyclone a frappé la région, dévorant tout sur son passage. La peur au ventre, ces personnes ont vu des habitant-e-s emporté-e-s et des maisons englouties par les flots. La plupart était endormies au moment où l’eau a commencé à monter dans leur maison.

En tentant de se sauver et de mettre leurs enfants en sécurité, elles ont dû laisser la plupart de ce qu’elles possédaient derrière elles. Dans le chaos absolu, de nombreuses familles ont été séparées, leurs maisons et leurs possessions emportées par la crue.

« J’ai passé trois jours encerclée par les eaux »

Madelema élève seule ses deux enfants. Depuis la mort de son mari il y a quelques années, elle seule doit subvenir aux besoins de sa famille. Madelema habite dans la ville de Buzi, l’une des zones les plus touchées par le cyclone Idai. Sa maison a été réduite à néant et, comme beaucoup d’autres, elle ignore où se trouve une partie de sa famille.

« Je n’ai pas de famille, pas de mari pour s’occuper de nous. On a besoin d’un endroit où dormir. Je n’ai plus rien maintenant. Tout a été détruit. »

Lorsque le cyclone a frappé la ville, Madelema a couru se réfugier sur les hauteurs. Quand elle a cru que le pire était passé, elle est retournée chez elle pour voir ce qui pouvait encore être sauvé. C’est alors que la crue a commencé, submergeant la zone et piégeant Madelema et ses enfants. Après avoir passé trois jours sans rien manger, la famille a finalement pu être secourue par des voisins à bord d’un bateau. Comme tant d’autres habitant-e-s sinistré-e-s du district de Buzi, elle s’est ensuite rendue à Guara en espérant y trouver de l’aide et un refuge. (Photo: Micas Mondlane/Oxfam)

Des familles séparées, des enfants perdus

Joshua, 45 ans, muni d’une pelle, fouille les décombres à la recherche de l’un de ses enfants. Celui-ci a disparu lorsque leur maison a été emportée par le glissement de terrain provoqué par le passage du cyclone Idai à Chimanimani, au Zimbabwe.

Joshua et son épouse dormaient chez eux avec leur bébé de 2 ans, et leurs trois autres enfants dans une autre chambre, lorsque le glissement de terrain a balayé la ville dans la nuit du 15 au 16 mars. Sa femme et lui sont sortis en courant de la maison avec le bébé, mais n’ont pas pu sauver leurs trois autres enfants. Seuls deux d’entre eux ont été retrouvés deux jours plus tard. Le troisième est toujours porté disparu et depuis, la famille le cherche sans relâche.

« Nous savions qu'il y avait un cyclone au Mozambique. Nous n'avons pas été prévenus qu'il arrivait ici. »

Joshua a trouvé refuge avec des proches dans une école primaire située à proximité, tandis que son épouse et le bébé ont été accueillis par un parent dans une ville proche. « On a faim, il n’y a rien à manger », déclare-t-il. Suite à la destruction des ponts et des routes, Chimanimani a été coupée du monde. L’aide doit être acheminée par hélicoptère tandis que des travaux sont en cours pour ouvrir de nouvelles routes et atteindre la ville dévastée. (Photo : Philip Hatcher-Moore/Oxfam)

 « Quand je suis retournée chez moi, la maison s’est effondrée. »

Dorothy a 27 ans. Mère célibataire, elle a été l’une des habitantes les plus touchées de son village situé dans le district de Phalombe, au Malawi. Suite aux inondations causées par le cyclone Idai, la maison de Dorothy s’est écroulée. L’eau a emporté une bonne partie de ses affaires, toutes ses provisions et une partie de son cheptel.

« Lorsque l’eau est entrée dans la maison, j’ai pris ma fille encore endormie avec moi et je suis partie me réfugier sur les hauteurs. Quand je suis retournée chez moi pour récupérer mes affaires, la maison s’est effondrée. Par chance, j’ai réussi à en sortir. »

Dorothy essaie à présent de reconstruire sa maison. Mais il lui manque la plupart des matériaux dont elle a besoin. De plus, le risque de propagation de maladies transmises par l’eau lui fait peur. Elle a dû déchirer en morceaux la seule moustiquaire qu’elle possédait, afin de s’en servir comme cordelettes pour fixer la charpente de son logis. Les vivres qu’elle a reçus seront bientôt épuisés. « Je ne sais pas comment je vais faire », affirme-t-elle. (Photo : Tavwana Chirwa/Oxfam)

« Ce jour-là, nous avons cru mourir »

Afonso Joao Felix, 25 ans, et son cousin Joao Francisco Caitano, 29 ans. Photo: Micas Mondlane/Oxfam

La maison d’Afonso a été complètement détruite par le cyclone. Quand la tempête a commencé, il a couru chez sa mère. « Les voitures volaient par-dessus la route. On aurait dit que le vent allait arracher la maison. Mais j’ai mis des sacs de sable sur le toit, et il a tenu bon. On avait peur. Ce jour-là, on a cru mourir. Tout s’écroulait autour de nous. Il ne nous restait plus qu’à prier. »

« Nous n’avons plus rien. Plus de travail. Ma mère est toute seule. Comme elle n’a rien à manger chez elle, je fais des allers-retours pour l’aider. »

Afonso vit à présent avec son épouse et leur fille de 6 ans au centre de transit de Guara, au Mozambique, un endroit particulièrement difficile d’accès après le passage du cyclone Idai étant donné que la seule route est devenue impraticable. Il a tout perdu et ne sait toujours pas ce qu’il est advenu de plusieurs membres de sa famille.

« Je n’avais rien pour le bébé »

Naomi, 21 ans, est assise sous une moustiquaire avec son nouveau-né Maliko*, dans un campement à ciel ouvert situé dans la zone du marché de Nchalo, au sud du Malawi. Alors qu’elle était dans un état de grossesse avancée, Naomi a dû fuir précipitamment sa maison lorsque la crue provoquée par le cyclone Idai a balayé son village. En compagnie de sa belle-mère, elle a réussi à parvenir à un hôpital voisin, où elle a donné naissance à Maliko, puis s’est rendue dans ce campement.

« Je trouve que c’est un grand malheur que mon premier bébé naisse dans de telles circonstances. »

 « Je n’avais rien pour le bébé car les eaux ont tout emporté », explique-t-elle. Des âmes charitables de la communauté locale lui ont fait don de certains articles essentiels, dont un seau et des tissus pour emmailloter Maliko. Cependant, elle a besoin de vêtements et de couches pour son fils, et craint qu’il ne tombe malade en dormant à la belle étoile. (Photo : Philip Hatcher-Moore/Oxfam)

*Prénom modifié

Aidez-nous à sauver des vies

En dépit de grandes difficultés d’accès et de logistique, nos équipes travaillent jour et nuit pour fournir de l’eau, de la nourriture et des services d’assainissement aux personnes les plus touchées par le cyclone Idai. Des vies sont toujours en danger et nous devons agir maintenant. Tout don, quel qu’en soit le montant, apportera une aide précieuse.