Les inégalités en Zambie : comment la culture de la banane peut changer une communauté

Faith, le cerveau du projet, à côté de la récolte de bananes, à Chiawa (Zambie), où elle vit avec son mari Jackson et leurs six enfants.
Faith, le cerveau du projet, à côté de la récolte de bananes, à Chiawa (Zambie), où elle vit avec son mari Jackson et leurs six enfants.

La Zambie, une des dix économies les plus dynamiques au monde, se classe désormais parmi les pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. Pourtant, la majeure partie de la population ne bénéficie pas de la croissance du pays. Le taux de pauvreté augmente pendant que les multinationales profitent d’une faible imposition.

Les zones rurales connaissent une pauvreté extrême : les emplois y sont rares et les infrastructures, telles que les centres médicaux, les écoles et les routes, demeurent insuffisantes. Mais dans un petit village du nom de Chiawa, un groupe de femmes agricultrices s’efforce, en collaboration avec Oxfam, de retrouver espoir et sécurité grâce à la culture de bananes.

 

La bananeraie des femmes

Faith, qui travaillait auparavant dans le secteur du coton, a eu l’idée de réunir des femmes au sein d’un groupement agricole qui a reçu le soutien d’un partenaire d’Oxfam : HODIS. « Les bananes ont une bonne valeur marchande. Nous avons vu la différence. Nous avons plus d’argent qu’avant, et l’impact se ressent à l’échelle de la communauté. Nous pouvons employer de la main-d’œuvre. Je pense que cela transformera la vie de chacune des femmes qui travaillent à la bananeraie. Beaucoup ont commencé à se construire une bonne maison et à envoyer leurs enfants à l’école », se réjouit Faith, dont le travail a été primé en 2014.

Faith élague des bananiers.

Faith élague des bananiers.

Face à l’irrégularité des pluies et aux épisodes de sécheresse, le Zambèze devient la seule source d’eau fiable. Mais le fleuve est infesté de crocodiles. Nombre d’agricultrices et agriculteurs doivent donc risquer leur vie tous les jours simplement pour irriguer leurs terres. Irene Muzukira, qui collabore également au projet bananier, évoque la difficulté de dépendre du fleuve : « Si nous voyions des crocodiles, nous nous sauvions en courant. Nous prenions l’eau le plus vite possible, comme des voleurs. » Les bananes sont une culture très lucrative, mais qui exige aussi beaucoup d’eau. Oxfam a aidé le groupement d’agricultrices d’abord en écoutant leurs besoins, puis en investissant dans des systèmes d’irrigation, des pompes à eau et, pour tenir à distance les animaux sauvages, des clôtures électriques solaires. Ces mesures permettent d’améliorer la production de bananes et de protéger tant les cultures que les agricultrices.

Irene prépare les enfants pour l’école avant d’aller travailler à la bananeraie à vélo.

Irene prépare les enfants pour l’école avant d’aller travailler à la bananeraie à vélo.

Oxfam dispense des formations et apporte un soutien financier aux quelque 80 femmes de la bananeraie. Nous aidons également les agricultrices à accéder à d’autres marchés en dehors de leur village. Le groupement fournit désormais des bananes primées aux supermarchés de Lusaka, la capitale, située à 170 km.

Pour Irene, l’impact des inégalités est évident. « Les personnes qui sont allées à l’école ont accès à tant de choses, y compris à l’emploi. C’est l’accès à l’éducation qui leur permet d’avoir un travail. Sans éducation, les gens resteront pauvres. Les inégalités ? Les gens qui ont beaucoup d’argent peuvent offrir à leurs enfants beaucoup de choses. Nous, les pauvres, le gros de la population, nous n’avons rien. »

Agissez maintenant

Des pays comme la Zambie perdent des recettes fiscales essentielles, qui pourraient financer des centres médicaux, des écoles et des routes, parce que les multinationales peuvent cacher des sommes considérables dans le réseau opaque des paradis fiscaux.

Rien qu’en Afrique, les sommes perdues suffiraient pour financer des soins de santé qui pourraient sauver la vie de 4 millions d’enfants et engager assez d’enseignant-e-s pour scolariser l’ensemble des enfants du continent.

Si nous refusons la pauvreté, alors nous refusons les inégalités extrêmes qui existent aujourd’hui. Rejoignez-nous et, vous aussi, aidez à mettre fin à l’ère des paradis fiscaux.