Questions-réponses sur les caravanes de migrants centraméricains et l'action d'Oxfam

Grâce au soutien d’Oxfam et de son partenaire Cociger, les migrant-e-s qui se trouvent à Tecún Umán ont pu prendre des repas chauds. Nous avons également distribué des articles d’hygiène dont du savon ainsi que des kits de nutrition pour les enfants de mo
Grâce au soutien d’Oxfam et de son partenaire Cociger, les migrant-e-s qui se trouvent à Tecún Umán ont pu prendre des repas chauds. Nous avons également distribué des articles d’hygiène dont du savon ainsi que des kits de nutrition pour les enfants de mo

Alors que des milliers de personnes venant d’Amérique centrale tentent de se rendre aux États-Unis, Oxfam et ses partenaires locaux portent assistance à des milliers de personnes à leur passage par la frontière qui sépare le Guatemala du Mexique. Au Guatemala, nous distribuons des kits de nourriture pour les enfants de moins de cinq ans, des articles d’hygiène personnelle de première nécessité et des bons d’alimentation dans les lieux d’hébergement de la ville de Tecún Umán.

Pourquoi ces femmes, ces enfants, ces personnes âgées et ces hommes ont-ils fui leur pays ? Pourquoi voyagent-ils ensemble ? Nos réponses à ces questions.

D’où les caravanes de migrants sont-elles parties et quelle est leur destination ?

Le 13 octobre 2018, un groupe de plus de 1 000 personnes a quitté San Pedro Sula, au Honduras, dans l’intention de rejoindre les États-Unis à pied. Cette caravane, à laquelle sont venu-e-s se joindre d’autres migrant-e-s en cours de route jusqu’à former un groupe d’environ 7 000 personnes, est probablement la plus grande jamais observée. Elle a été suivie par plusieurs autres, parties plus tard du Salvador, du Guatemala et du Honduras. 

La plus récente est partie le 11 avril de San Pedro Sula, au Honduras. Ses quelque 1 965 membres sont arrivés à Tecún Umán par groupes de 400 à 200 personnes.

Les personnes migrantes viennent pour la plupart du Salvador, du Guatemala et du Honduras, même si l’on recense dernièrement une hausse du nombre de groupes venus du Nicaragua, de Cuba et de Haïti. 

Pourquoi ces personnes quittent-elles leur pays et que demandent-elles ?

Ces personnes fuient les violences généralisées, la pauvreté et l’insécurité alimentaire, exacerbée par le changement climatique. Il s’agit notamment de familles entières, avec de jeunes enfants, qui ont tout quitté pour entreprendre un voyage difficile et périlleux pour sauver leur vie et offrir aux enfants un avenir meilleur, sans violence. Voyager en groupe est beaucoup plus sûr que de faire face aux dangers d’un tel périple seul.

Karen, qui a parcouru plus de 700 km depuis le Honduras avec sa fille de 7 ans, a laissé ses deux autres enfants dans un refuge : « Aidez-nous, nous ne pouvons pas retourner au Honduras car nous y sommes menacés de mort. »

Combien de migrants ont passé la frontière à Tecún Umán ?

Selon les estimations du personnel d’Oxfam et de son partenaire Cociger sur le terrain, plus de 25 000 personnes migrantes auraient passé la frontière à Tecún Umán entre janvier et mai 2019. Il existe sept autres points de passage officiels le long de la frontière entre le Guatemala et le Mexique.

D’après Olga Sánchez Cordero, titulaire du secrétariat à l’Intérieur mexicain, plus de 300 000 personnes venues d’Amérique centrale sont entrées au Mexique en 2018, la plupart de manière « non documentée ». Les chiffres indiquent que 80 % de ces migrant-e-s avaient pour objectif de passer la frontière des États-Unis.

Où sont les caravanes à présent ? 

Plusieurs groupes de migrant-e-s sont encore en transit au Mexique, tandis que d’autres sont arrivés à la frontière nord de ce pays avec les États-Unis, où ils attendent de tenter leur chance pour franchir la frontière et y demander asile.

Des milliers de personnes migrantes ont demandé asile au Mexique. Beaucoup d’autres ont réussi à passer aux États-Unis, mais ont été arrêtées et déportées ou ont finalement décidé de retourner dans leur pays.

Quelles sont les conditions de vie des migrants ?

Au fil des jours, de plus en plus de personnes arrivent en différents points du Mexique. Épuisées et affamées, parfois malades et les pieds meurtris après un si long chemin, certaines bénéficient du gîte et du couvert dans les refuges. D’autres dorment dans la rue, quand ce n’est pas dans les moyens de transport utilisés. Nombre de ces migrant-e-s ont également fait l’objet de tentatives de vol et d’enlèvement sur la route, ce qui exaspère les tensions et le sentiment d’insécurité. 

Leur santé se détériorant ou leurs enfants tombant malades, des adultes ont décidé de retourner dans leur pays d’origine. D’autres restent au Mexique dans l’espoir de trouver un moyen d’aller travailler aux États-Unis et d’envoyer de l’argent à leur famille. 

Quelles sont les priorités humanitaires et que fait Oxfam ?

Face à cet afflux massif de personnes au Guatemala, Oxfam a organisé une opération humanitaire à la frontière occidentale du pays avec le Mexique (à Tecún Umán) ainsi qu’aux frontières avec le Honduras (Agua Caliente) et le Salvador (Pedro de Alvarado). 

Concrètement, entre janvier et avril 2019, nous avons distribué des kits d’hygiène personnelle à 2 858 personnes et des kits de compléments alimentaires à 851 enfants de moins de cinq ans. Avec ces articles, nous avons fourni toutes les informations nécessaires pour signaler les problèmes de violence et de traite d’êtres humains.

Nous avons par ailleurs offert notre soutien aux lieux d’hébergement dans les zones de passage, où 6 750 personnes ont pu passer la nuit. Nous y avons distribué 4 589 bons à faire valoir dans des lieux de restauration locaux pour le petit-déjeuner, le déjeuner ou le dîner.

En outre, nous avons participé à la conception d’un itinéraire de protection pour les migrant-e-s, et nous renforçons actuellement les réseaux de prise en charge des femmes et des filles confrontées à des violences.

Que demandons-nous aux gouvernements des pays se trouvant sur cette route migratoire ?

Oxfam engage les gouvernements du Guatemala, du Mexique et des États-Unis à protéger les membres de ces caravanes et tous les migrants en général, en respectant le principe du non-refoulement, en prévoyant des mécanismes de protection pour celles et ceux qui ne peuvent pas retourner dans leur pays d’origine en raison des risques pour leur vie ou leur intégrité physique et en veillant à ne pas séparer les enfants de leurs parents. 

Nous appelons également les autorités mexicaines à accorder la reconnaissance prima facie à l’ensemble de la caravane, conformément au droit mexicain et international, en vertu duquel le statut de réfugié est reconnu sans que chaque personne doive engager une procédure individuelle.

Soutenez notre travail humanitaire

En cas d’urgence humanitaire, votre don permettra à des personnes qui ont tout perdu d’accéder à des biens de première nécessité, tels que de l’eau potable, des vivres, un abri, du savon et des ustensiles de cuisine.



Mis à jour le 10 mai 2019.