Questions-réponses sur les caravanes de migrants centraméricains et l'action d'Oxfam

Oxfam et son partenaire Cociger procurent aux migrants de la nourriture, des nécessaires d’hygiène ainsi que des kits de nutrition pour les enfants. Photo : Elizabeth Stevens/Oxfam
Oxfam et son partenaire Cociger procurent aux migrants de la nourriture, des nécessaires d’hygiène ainsi que des kits de nutrition pour les enfants. Photo : Elizabeth Stevens/Oxfam

Alors que des milliers de personnes venant d’Amérique centrale tentent de se rendre aux États-Unis, Oxfam et ses partenaires locaux portent assistance à quelque 5 000 personnes bloquées à la frontière entre le Guatemala et le Mexique. Au Guatemala, nous distribuons des colis alimentaires, des matelas ainsi que des nécessaires de toilette et nous installons des latrines dans les lieux d’hébergement de la ville de Tecún Umán. Au Mexique, nous apportons une aide à différents points de leur traversée du pays.

Pourquoi ces femmes, ces enfants, ces personnes âgées et ces hommes ont-ils fui leur pays ? Pourquoi voyagent-ils ensemble ? Nos réponses à ces questions.

D’où les caravanes de migrants sont-elles parties et quelle est leur destination ?

Le 13 octobre dernier, un groupe de plus de 1 000 personnes a quitté San Pedro Sula, au Honduras, dans l’intention de rejoindre les États-Unis à pied. Cette caravane, dont on estime qu’elle se compose de 7 000 personnes environ, est probablement la plus grande jamais observée. En cours de route, elle s’est scindée en plusieurs groupes qui se trouvent désormais à différents endroits au Mexique. Cette grande caravane a également été suivie par trois autres, parties quelques jours plus tard du Guatemala et du Salvador. 

Pourquoi ces personnes quittent-elles leur pays et que demandent-elles ?

Ces personnes fuient les violences généralisées, la pauvreté et l’insécurité alimentaire, exacerbée par le changement climatique. Il s’agit notamment de familles entières, avec de jeunes enfants, qui ont tout quitté pour entreprendre un voyage difficile et périlleux pour sauver leur vie et offrir aux enfants un avenir meilleur, sans violence. Voyager en groupe est beaucoup plus sûr que de faire face aux dangers d’un tel périple seul.

Karen, qui a parcouru plus de 700 km depuis le Honduras avec sa fille de 7 ans, a laissé ses deux autres enfants dans un refuge : « Aidez-nous, nous ne pouvons pas retourner au Honduras car nous y sommes menacés de mort. »

Combien de migrants ont passé la frontière à Tecún Umán ?

Selon les données fournies par les centres d’hébergement et de restauration, ainsi que les estimations d’Oxfam et de son partenaire Cociger, 20 500 migrants ont passé la frontière à Tecún Umán entre le 17 octobre et le 3 novembre.

Où sont les caravanes à présent ? 

Plusieurs centaines de migrants se trouvent maintenant à Tijuana, ville-frontière du Mexique, où ils ont rejoint d’autres groupes arrivés au cours des derniers jours.

Une grande partie des migrants centraméricains de la première caravane progresse dans le nord-ouest du Mexique et n’est plus qu’à quelques kilomètres de Tijuana.

La majorité des membres de la deuxième caravane de Honduriennes et Honduriens reste à Mexico où, selon les autorités locales, environ 1 200 personnes ont trouvé refuge dans un complexe sportif situé dans l’est de la capitale mexicaine.

Deux mille autres migrants de la troisième caravane, qui viennent principalement du Salvador, sont plus loin du prétendu « rêve américain » : ils passent par la ville de Veracruz, dans l’est du Mexique.

Une quatrième caravane formée de 1 800 personnes, selon les estimations des autorités locales, qui viennent également du Salvador pour la plupart, est scindée en deux groupes, l’un passant par Oaxaca et l’autre par Veracruz.

Quelles sont les conditions de vie des migrants ?

Au  fil des jours, de plus en plus de personnes arrivent en différents points du Mexique. Les migrants arrivent épuisés et affamés. Ils souffrent des températures fraîches dans le pays et certains sont malades. Nombre d’entre eux ont également fait l’objet de tentatives de vol et d’enlèvement sur la route, ce qui exaspère les tensions et le sentiment d’insécurité. 

Certains ont trouvé refuge dans des lieux d’hébergement mais d’autres dorment dans la rue, quand ce n’est pas dans les moyens de transport utilisés. Leur santé se détériorant ou leurs enfants tombant malades, des adultes ont décidé de retourner dans leur pays d’origine. D’autres restent au Mexique dans l’espoir de trouver un moyen d’aller travailler aux États-Unis et d’envoyer de l’argent à leur famille. 

Quelles sont les priorités humanitaires et que fait Oxfam ?

Face à cet afflux massif au Guatemala, Oxfam a organisé une opération humanitaire à la frontière occidentale du pays avec le Mexique (dans les villes de Tecún Umán et de San Marcos) en soutenant  notamment La Casa del Migrante, un refuge temporaire pour les migrants qui arrivent au Guatemala. 

En collaboration avec nos partenaires, nous avons distribué des nécessaires de toilette à 5 250 personnes et installé 20 latrines chimiques dans des lieux d’hébergement et à côté des douanes. Nous avons en outre donné des colis alimentaires à 560 enfants de moins de cinq ans. Avec les articles distribués, nous avons fourni toutes les informations nécessaires pour signaler les problèmes de violence et de traite d’êtres humains.

Nous avons par ailleurs installé 50 bâches pour protéger les familles du soleil et fourni 1 000 matelas aux lieux d’hébergement situés dans les zones de passage. Nous y avons également installé six cuisines équipées de type industriel et distribué 1 600 bons à faire valoir dans des restaurants locaux pour le petit-déjeuner, le déjeuner ou le dîner.

Nous organisons en outre des ateliers de protection sur la prévention, l’identification et le signalement des faits de violence et de traite d’êtres humains, ainsi que des séances de promotion de l’hygiène.

En collaboration avec le bureau du médiateur pour les droits humains au Guatemala, nous contribuons à définir les mesures à mettre en œuvre pour protéger les migrants de passage, en particulier à Tecún Umán.

Au Mexique, nous travaillons en coordination avec d’autres organisations pour porter assistance aux migrants à certains endroits des États du Chiapas et d’Oaxaca ainsi que dans la ville de Mexico. Nous y fournissons de l’eau potable, des installations d’assainissement et des produits d’hygiène.

Nous soutenons également les organisations de défense des droits des migrants et les réseaux d’hébergements au Mexique, qui possèdent le plus d’expérience et sont les plus à même d’offrir directement une assistance et une protection aux migrants.

Que demandons-nous aux gouvernements des pays se trouvant sur cette route migratoire ?

Oxfam engage les gouvernements du Guatemala, du Mexique et des États-Unis à protéger les membres de ces caravanes et tous les migrants en général, en respectant le principe du non-refoulement, en prévoyant des mécanismes de protection pour celles et ceux qui ne peuvent pas retourner dans leur pays d’origine en raison des risques pour leur vie ou leur intégrité physique et en veillant à ne pas séparer les enfants de leurs parents. 

Nous appelons également les autorités mexicaines à accorder la reconnaissance prima facie à l’ensemble de la caravane, conformément au droit mexicain et international, en vertu duquel le statut de réfugié est reconnu sans que chaque personne doive engager une procédure individuelle.

Soutenez notre travail humanitaire

En cas d’urgence humanitaire, votre don permettra à des personnes qui ont tout perdu d’accéder à des biens de première nécessité, tels que de l’eau potable, des vivres, un abri, du savon et des ustensiles de cuisine.



Mis à jour le 19 novembre 2018.